samedi 31 mars 2012

Le mort de la falaise


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Le mort de la falaise de Dorothy Leigh Sayers

Désuet

« Le mort de la falaise », publié également sous le titre « Lord Peter et le mort du 18 juin », est le premier livre de Dorothy L. SAYERS que je lis (et probablement le dernier). Elle est moins connue qu’Agatha Christie qui lui succéda à la présidence du club d’auteurs britanniques de romans policiers, le « Detection Club ». Dans les années 20, ses membres s'engagèrent à respecter un « code de déontologie » en donnant, dans leurs œuvres, une chance aux lecteurs de découvrir l'assassin.

Ses personnages récurrents : Lord Peter et Harriet D. Vane vivent une histoire d’amour, ce qui fait défaut, il faut le reconnaître, aux héros d’Agatha Christie.

Dans ce livre, les deux « détectives » mènent l’enquête suite à la découverte du corps d’un russe sur un rocher en bord de mer.

Si les premières pages (la découverte du corps) laissent présager du meilleur, j’ai rapidement été déçu. L’identité du/des coupables et le motif du crime sont sans surprise. Pourtant l’alibi du/des meurtriers à l’heure du crime est inattaquable (une astuce finale explique tout).

Le roman est trop long et surtout vieillot. Lord Peter est un aristocrate d’un autre temps et l’attitude d’Harriet D. Vane qui ne cesse de refuser ses avances (pourtant, ils se marieront dans leur dernière enquête) est datée.

Je préfère les romans d’Agatha Christie plus modernes et dynamiques.

Ma note : 4/10

Son âme au diable


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Son âme au diable de Ruth Rendell

« Son âme au diable » est un roman bizarre. S’il est bien écrit, avec ses personnages intéressants (surtout Dolly), le récit part dans de nombreuses directions et l’on a parfois du mal à comprendre où l’auteure veut en venir.

Dolly, une jeune fille handicapée par une tache de naissance au visage (qu’elle cache avec ses cheveux longs) se renferme de plus en plus sur elle-même et sombre dans l’alcoolisme.

Elle est entourée d’un père apathique, passionné de romans historiques et de son frère Peter. Alors encore adolescent, ce dernier s’est adonné à la magie sous l’émerveillement de sa sœur qui croyait aux pouvoirs magiques de son frère. Peter aurait tué par magie noire leur belle-mère que Dolly détestait (il s’agissait en réalité d’une mort naturelle).

Peter grandit et s’intéresse aux filles. Pour lui la magie c’est du passé, un passe-temps ridicule d’enfant. Mais sa sœur croit toujours aux pouvoirs de son frère. Pour ne pas lui faire de la peine, il joue la comédie et continue ses séances. L’état de Dolly empire. Elle devient schizophrène et paranoïaque. Elle parle aux morts, voit le Dieu Anubis… Elle commet même un meurtre…

Parallèlement, on suit un irlandais, lui aussi schizophrène et meurtrier.

Le destin de ces deux êtres se croise dans les toutes dernières pages du livre.

L’évolution de l’état psychique de Dolly est pitoyable et inquiétant. Ruth Rendell est une spécialiste des « thrillers sociaux » (ses personnages, des paumés, sont plus importants que leurs histoires). Là encore, c’est une réussite dans le genre, même si le récit manque d’homogénéité.

Ma note : 6/10

Et qu'ça saute !


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Et qu'ça saute ! de Charles Exbrayat

Viva la révolution !

« Et qu’ça saute ! » est un petit chef-d‘œuvre d’humour et d’originalité avec une révélation finale sympathique.

Contrairement à Frédéric DARD, EXBRAYAT utilise un vocabulaire sans argot mais beaucoup de scènes sont à mourir de rire, proches du Vaudeville.

Dans un petit pays d’Amérique du Sud, riche en uranium, les puissances mondiales se disputent la concession. Pablo Alcoy, un musicien naïf et simple, tête en l'air, pose des bombes au mauvais endroit et au mauvais moment, tout en jouant de la guitare, au grand désespoir du commanditaire, un policier révolutionnaire qui rêve d’accéder au pouvoir. Mais Pablo, est-il si innocent que ça ?...

Le personnage principal est désarmant de candeur et les personnages secondaires hauts en couleurs (les diplomates étrangers, la belle séductrice, etc.).

Pour notre plus grand plaisir le ton de ce roman reste dans la lignée de la série des « Imogène » : drôle et sans prétention.

Ma note : 8/10


L'épouvantail

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L'épouvantail de Patricia Highsmith

Multigenre

Très bon recueil de nouvelles de Patricia Highsmith, auteure, notamment, du célèbre roman "L'inconnu du Nord-Express".

Ce recueil permet d'appréhender les multiples facettes de son talent car elle aborde aussi bien le thriller, genre qui lui est familier, que la SF et l'horreur.

Mes nouvelles préférées sont :

- "L'épouvantail" : un homme tue son voisin car il ne peut pas acheter une partie d'un terrain proche de l'eau pour aller pêcher. Il cache le cadavre dans un épouvantail de son champ. La fin est un petit bijou d'humour noir.

- "Ces affreux petits matins" : le quotidien d'un couple débordé par leurs enfants. Un enfant mourra par imprudence. On partage le quotidien infernal de la femme à la fois bourreau et victime. Cette nouvelle est un très bon moyen de contraception...

- "La cravate de Woodrow Wilson" : un jeune vole une cravate d'un personnage d'un musée des horreurs puis monte en puissance en assassinant le personnel du musée. Il remplace les personnages de cire par les cadavres. La fin, là aussi, est géniale.

- "La mare" : une veuve s'installe dans une maison avec son fils. Il y a une mare à la végétation tenace dans le jardin... Terrifiant.

Les autres nouvelles sont bonnes sans plus : "Ne tirez pas sur les arbres" (où dans un futur lointain les arbres se révoltent), "Légitime défense" (traumatisme suite à l'agression d'une femme à son domicile), "Un curieux suicide" (les remords d'un meurtrier), "La petite cuillère" (la disparition d'un objet futile déclenche un passage à l'acte).

Deux nouvelles ne m'ont pas intéressé : "Le réseau" et "Un passager pour les îles" (je n'ai rien compris).

Mais les nouvelles citées plus haut justifient à elles seules la lecture de ce livre.

Ma note : 8/10

vendredi 30 mars 2012

La Tour sombre, tome 7

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La Tour sombre, tome 7 : La Tour sombre de Stephen King

Chef-d'œuvre

Après avoir suivi les aventures de Roland durant de nombreuses années, tome après tome, j'ai trouvé ce dernier roman d'une richesse incroyable. Le premier tome était une suite de nouvelles écrites dans les années 70 et publiées en un seul tome au début des années 80. Elles nous présentaient le Pistolero. Dans les tomes suivants, on faisait la connaissance des compagnons de quête de Roland avec un énorme flash-back sur sa jeunesse et son amour perdu dans le 4ème tome. Le 5ème tome bien que divertissant (inspiré des 7 samouraïs selon l'auteur lui-même) n'apportait pas grand-chose d'indispensable à la série. Le 6ème tome servait de charnière pour déboucher sur ce 7ème tome totalement maîtrisé. Stephen King y mêle monde de Roland et expérience personnelle (son accident), en mettant en scène son propre personnage. Beaucoup de pistes inachevées dans les précédents romans trouvent leur réponse ici (la rose...). Et surtout, l'auteur au top de sa forme nous offre deux fins possibles : une mystérieuse (qu'il préfère) ainsi qu'une autre plus explicite mais très émouvante et terrifiante (pire que la mort, tout est un éternel recommencement...).
Sur la forme, comme tous les romans de la Tour sombre, ce dernier épisode est très bien écrit (mais peut-être est-ce la traduction ? ), contrairement à quelques Stephen King au vocabulaire un peu simple.

Ma note : 10/10

Cache-cache effroyable


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Cache-cache effroyable de Jack Ketchum

Au dessus du lot

Je n'avais pas relu ce roman depuis ma période GORE : 118 livres de cette collection aux éditions fleuve noir lus de 1985 à 1990 (livres toujours en ma possession que je compte relire petit à petit).

"Cache-cache effroyable" est un GORE plutôt psychologique à l'exception des toutes dernières pages assez horribles. Je pense qu'il n'a pas trop souffert de la traduction, contrairement à d'autres livres de la collection GORE qui ont été amputés du fait de la limite de pages imposée par l'éditeur. Jack Ketchum s'attarde sur les sentiments de ses personnages et il crée une atmosphère particulière, inhabituelle dans cette collection. L'histoire est basée sur l'attente, l'attente de quelque chose d'horrible qui doit arriver.

Ma note : 7/10

Sanguinaire engrenage

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Sanguinaire engrenage de Stephan Anderson                                                                                   

Un homme apprécié de tous  
                                                                                                           
« Rien ne vaut un bon vieux rasoir à main pour trancher une carotide… Penché sur la baignoire, il tenait la tête de sa femme par les cheveux et recueillait le sang dans un récipient. » Voici les premières phrases de ce roman Gore profondément immoral. Car ici, point de justice, le personnage principal, protégé par sa bonne étoile, vient à bout de tous les obstacles.

John Buck est un flic new-yorkais qui, après dix ans de mariage, décide de se débarrasser de sa femme, la jugeant trop possessive à l'égard de son unique rejeton, d’une timidité maladive. Quotidiennement, John fait boire à son fils deux verres de sang provenant du corps de sa mère pour faire de lui un homme, un vrai. Le problème est que les effets de ce fortifiant vont dépasser les espérances de son père et se retourner contre lui…

La voisine de John, Mlle Jones, est une vieille fille quinquagénaire. Malgré la laideur de son visage et sa peau flasque, John la déflore. Ce sont ses deux seins curieusement fermes et ronds qui motivent le policier. Bonus, avec Mlle Jones (Rose), il ne risque pas d’attraper le Sida. Mais la bougresse en redemande. Après une période de frénésie sexuelle, John la rejette. Malheureusement, fouineuse et prenant de l’assurance, la vieille peau tient le policier par les c… Est-ce que John n’aurait pas oublié un détail ? Ne va-t-elle pas le faire chanter ? (du sexe ou le dénoncer). La réaction inattendue (et radicale) de l'officier de police, surprendra les lecteurs les plus blasés.

Contrairement aux apparences, Stephan Anderson est un auteur bien de chez nous. Malgré quelques facilités (le sérum de vérité), son style direct est efficace. Certaines scènes sont très gore. Notamment la façon dont le policier se débarrasse par petits morceaux du cadavre de sa femme. Mais finalement, l’absence totale de remords et les multiples mensonges vis-à-vis de son entourage sont tout aussi effrayants.

C’est un excellent roman Gore.

Ma note : 8/10

L'état des plaies

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L'état des plaies de Corsélien                                                                                                

Autopsie d’une folie     
                                                                                                                 


Dans une caserne de gendarmerie du Massif central, le maréchal des logis-chef Eric Le Hideux enquête sur la découverte des corps de plusieurs de ses collègues dévorés par un animal (un gros lynx ou le retour de la bête du Gévaudan ?). Mais une bête, ça ne conduit pas de Mercedes…

Pour notre militaire, c'est le début d'une descente aux enfers, à en perdre la raison.

Corsélien impose son style unique, reconnaissable les yeux fermés (enfin façon de parler). Son écriture travaillée, ses personnages torturés marquent le lecteur. Ici, il n’y a pas de place pour les stéréotypes.

Avec cette entrée dans la collection Gore, l’auteur se place sans difficulté parmi les meilleurs. Et ce n’est qu’un début…

Ma note : 8/10

La croisade s'amuse

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La croisade s'amuse de Jul                                                                                                 

Drôle                                                                                                                                                 

Cette BD commence par une voix qui s’élève du Pentagone entouré d’une multitude d’enseignes Mc Donald : « notre civilisation est menacée » annonce Bush Junior devant ses conseillers (dont un qui joue à la Playstation). Le président est devant une carte du monde divisée en Axe du Bien (les USA), Axe du Mal, Axe du pas trop Mal et Axe du peut mieux faire...

La suite est du même tonneau. Tout est prétexte à rire sur un sujet pourtant grave.
Attention, il y a des détails que l’on ne remarque pas forcément à la première lecture. Par exemple sur les murs de Bagboul, on voit des affiches  « votez Mollah Jacques » et « votez Mollah Lionel ».

On voit la famille Ben Laden vivre à l’occidentale (télé, etc.) et la femme portant la burqa, lire Gala et tenir un journal intime !

Le fils aîné de Ben Laden, emprisonné à Guantanamo dont l’accueil est digne d’un club de vacances (on y rencontre un certain Jean-claude Duce de PARIS !!), a envoyé une carte à ses parents sur laquelle figure la mention « facteur, presse le pas, le djihad n’attend pas ! », « adresse M. et Mme LADEN Grotte n°48 – Bagboul ».

Les dessins sont à la fois dépouillés et précis (les personnages Bush Jr, Ben Laden et Cie sont facilement reconnaissables).

Le problème avec ce genre d’humour lié à l’actualité c’est qu’il faut se rappeler le contexte de l’époque pour en saisir le sens.

Ma note : 8/10

mercredi 28 mars 2012

L'intégrale des aventures de Tintin

couverture

Tout Tintin : L'intégrale des aventures de Tintin de Hergé
Tout en un

Tout a été dit ou presque sur Tintin. Personnellement, j’aime tous les albums, de « Tintin au pays des Soviets », sa première aventure, à « Tintin et L’Alph-Art », l’album inachevé d’Hergé. J’ai une légère préférence pour les aventures mettant en scène le couple Tintin/Haddock. S’il ne fallait choisir qu’un album, ce serait « Tintin et les Picaros » car c’est le premier que j’ai lu (il y a bien longtemps) et aussi pour l’histoire très rythmée et les dessins au top. J’aime beaucoup la case de la page 11 et la dernière case qui représentent la misère du peuple, pour qui rien n’a changé, malgré la chute de la dictature de Tapioca et l’arrivée au pouvoir des « révolutionnaires » du Général Alcazar.

Je recommande ce recueil, qui se présente sous la forme d’un gros pavé de plus de 1600 pages regroupant l’intégralité des 24 albums de Tintin, à tous ceux qui comme moi ont dû se séparer des albums de leur enfance. Il me semble que les dessins sont très légèrement réduits (c'est presque imperceptible) par rapport aux grands albums, ce qui n’est pas du tout gênant, contrairement aux petits albums des éditions Casterman dont la trop grande réduction des dessins rend la lecture peu pratique. C'est l'un des livres phares de ma bibliothèque.

Ma note : 10/10

mardi 27 mars 2012

L'écho des suppliciés

couverture

L'écho des suppliciés de Joël Houssin
Sport d'Enfer

« L’écho des suppliciés » est le numéro 14 de la collection Gore et le dernier des deux romans gore de l’écrivain Joël HOUSSIN.

Pierre-Saint-Luc, une station de ski, souffre d’un manque persistant de neige. Mathieu Mazeno, promoteur immobilier, propriétaire d’une grande partie de la station et les commerçants pensent mettre la clef sous la porte. Le vieux Antoine, natif de la région, propose à Mazeno d’aller voir Anaïs, une vieille sorcière qui habite au milieu d’un bois près de la station. On dit qu’elle a le pouvoir de faire la pluie et le beau temps. Mazeno suit le conseil du vieux…

Une tempête de neige s’abat subitement et coupe la station du reste du monde. Des vacanciers sont bloqués dans la neige en montant de la vallée vers la station. Le glacier qui la surplombe se détache et « l’aiguille du Diable » se déplace en libérant un tourbillon de brume sombre…

Le vieux Antoine a oublié de préciser à Mazeno que ses grands-parents s’étaient toujours gardés de solliciter Anaïs. Certains pensaient qu’elle gardait une porte qui donnait directement sur l’Enfer. Et c’est l’Enfer qui s’abat sur la station : corps écrasés sous un chasse-neige comme des galettes, skieurs empalés… Des milliers d’êtres aux yeux rouges, nus, aux corps gris, envahissent la station et torturent (le mot est faible !) les habitants. Ces êtres silencieux aux visages figés sur un rictus d’agonie, armés de crochets et autres fouets cloutés, refont subir aux vivants leur supplice.

La quatrième de couverture donne le ton : « Les sphincters déchirés, Bruno poussa un hurlement atroce. Une pointe acérée aurait mis fin prématurément à son supplice mais le pal arrondi pénétrait au ralenti, écartelant les muscles, rompant la chair fragile des muqueuses, comprimant les zones nerveuses et refoulant sans les déchirer les organes vitaux vers l’épiderme où ils formaient des bosses immondes. La douleur devint atroce quand le pal commença à se frayer un passage dans son abdomen. Une femme s’approcha, lui glissa une barre de métal entre les mâchoires et lui brisa les dents une à une, à coup de piolet. Une autre femme venait de planter ses ongles répugnants de crasse dans ses testicules et commençait à les arracher lorsque les muscles abdominaux du skieur cédèrent brutalement. Ses pieds touchèrent le sol, le pieu lui traversa la poitrine et ressortit par la bouche, dégoulinant d’humeur pulmonaire et de viscères encore gonflés d’excréments… ».

S’il ne fallait choisir qu’un seul roman Gore à lire parmi les 118 titres parus, ce serait celui-ci. L’histoire, l’enchaînement des événements, la tension et la qualité de l’écriture (pour ce genre de livre) en font un chef-d’œuvre de la collection Gore. Pour public averti seulement.

Ma note : 9/10

L'autoroute du massacre

couverture

L'autoroute du massacre de Joël Houssin
Chasse à l'homme

« L’autoroute du massacre » est le numéro 2 de la collection Gore et le premier des deux romans gore de l’écrivain Joël HOUSSIN (auteur notamment de la série « Le Dobermann » dans la collection Spécial-Police). C’est surtout le premier Gore français (le numéro 1 étant la novelisation US du film « La nuit des morts-vivants » de John RUSSO).

Le livre pose déjà les bases de la collection, notamment, avec la couverture réussie, très série B des années 60, réalisée par DUGEVOY. Il signera quasiment toutes les couvertures de la collection sauf les dernières qui seront réalisées par d’autres illustrateurs, dont TOPOR (couvertures moches selon moi, mais chacun ses goûts).

Au début du récit, nous sommes en présence de créatures, L’Ainé et Le Cadet qui se découvrent un appétit dévorant pour « les choses vivantes » malgré l’interdiction du Père (qui vient de mourir). Elles dévorent d’abord des vers puis des rats qu’elles trouvent encore meilleurs avant de passer aux « meilleures choses vivantes de la terre », nous ! Ces êtres abandonnent la Mère (qui continue à manger des racines) pour trouver leur nouvelle nourriture. Elles traversent les marécages et rejoignent les bois en lisière d’autoroute, autoroute bondée de touristes en pleine saison estivale…

C’est seulement au tiers du livre que l’on a une première description (impressionnante) des créatures.

La vision de ces monstres sur notre espèce n’est pas très glorieuse :

« Et, finalement, malgré leur taille plus importante, ces choses paraissaient infiniment plus faciles à chasser que les rats. Elles étaient moins rapides, moins méfiantes, moins intelligentes. Contrairement aux rats qui flairaient et fuyaient le danger, les bonnes choses vivantes s’en approchaient. Cette chose vivante, un mâle, était venue directement vers l’Aîné. Le Cadet, qui se contentait d’observer la scène, ne s’attendait pas à ce que ce fût si facile. La bêtise des choses vivantes ne gâtait cependant pas la saveur de leur viande. »

Le récit est bien écrit et une fois commencé, il est impossible de le lâcher. Les scènes d’action alternent avec les scènes d’horreur et petit à petit, on découvre la morphologie étonnante des créatures. En cherchant bien, le seul défaut de ce Gore est peut-être le manque d’originalité des victimes. Victimes que l’on a tous vu dans les films d’horreur de série B : le van rempli de jeunes hippies, le couple au bord du divorce. Le sujet est assez classique mais d’autres auteurs vont élargir par la suite l’horizon de cette collection.

Le but de ce premier roman est atteint : faire le lien entre la collection Gore et les films d’horreur. Un bon Gore, prenant et divertissant.

Ma note : 7/10

lundi 26 mars 2012

Inquisition

couverture

Inquisition de Charles Nécrorian
Purification

« Inquisition » est le numéro 63 de la collection Gore (118 numéros au total) et le quatrième des cinq romans de Charles Nécrorian (pseudonyme) dans cette collection.

« Inquisition » commence par le procès d’une femme accusée d’hérésie et de sodomie par un moine et son bourreau dans une cave de New York en 1986. Elle se réveille après avoir été enlevée, étendue sur une claie métallique soutenue par des trépieds posés sur le sol au dessus d’une fosse remplie de bois sec. Elle croit au début à un jeu pervers et provoque ses tourmenteurs. Après que le bourreau lui ait arraché un sein avec une pince, elle se repent, mais il est trop tard. Le bourreau la badigeonne de saindoux et allume le bois dans la fosse.

« Le grésillement lui emplissait les oreilles, comme la graisse fondante d’un rôti de porc dans un four trop chaud… Et c’était ses pieds qui grillaient… Elle frémit, supplia qu’on arrête la torture. Sur un geste du moine, le tourmenteur repoussa le brasero mais la brûlure continuait son œuvre, rongeant les chairs sous la peau déjà boursouflée de grosses cloques éclatées d’où suintaient des humeurs mêlées de sang que la chaleur coagulait. Les ongles des orteils s’étaient déchaussés et l’un d’eux tomba... Ses cheveux se transformèrent en étoupe, comme la toison de son sexe. La graisse qui fondait avivait la flamme qui s'éleva, léchant le visage dont la peau se craquela…Ecœuré, le moine quitta la cave où venait de siéger le tribunal de la Sainte Inquisition. »

O’Devin, le moine et Cochran, le bourreau ont été captifs ensemble pendant la guerre du Vietnam. Pour supporter leur condition, en plus des drogues fournies par leurs geôliers, O’Devin s’est inventé un compagnon invisible en la personne du Grand Inquisiteur Torquemada qui ne cesse depuis lors de lui parler pour purifier « la Babylone moderne ».

Chaque chapitre commence par une note d’information « historique » en italique sur l’Inquisition. Par exemple : « Palmarès de 1234- Jean de Vincente fait brûler 60 hérétiques à Brescia, Guillaume Arnaud en fait griller 210 à Moissac et le Vatican canonise saint Dominique, instigateur de l’Inquisition en Languedoc. »
Ou encore : « L’autodafé devint un spectacle, comme les courses de taureaux. A Séville, on construisit le Quemadero, vaste bûcher de pierre veillé à ses quatre angles par les statues des prophètes. Etaient-elles seulement ornementales ou creuses afin d’y enfermer quatre hérétiques privilégiés qui ne flamberaient pas sur les fagots comme les autres mais cuiraient à feu doux, lentement, disposant ainsi de plus de temps pour le repentir ? Le Quamadero fut détruit en 1808, lorsque Napoléon supprima l’Inquisition par décret, et les archives de cette pieuse institution ne donnent pas de détails sur ce point. On est donc réduit à des suppositions ».

La fin du livre est apocalyptique avec la découverte des corps calcinés des suppliciés et Cochran, incontrôlable, qui « purifie » la ville au lance-flamme…

Ce roman est selon moi le plus abouti de Nécrorian. L’idée que deux malades remettent l’Inquisition au goût du jour est originale. L’habillage historique ouvre même ce livre à un public plus large que les amateurs de gore. Cependant l’auteur n’abandonne pas pour autant les scènes d’horreur et pornographiques. Un excellent Gore.

Ma note : 8/10

Skin killer


couverture


Skin killer de Charles Nécrorian
Mœurs dissolues

« Skin Killer » est le numéro 56 de la collection Gore (118 numéros au total entre 1985 et 1990) et le troisième des cinq romans de Charles Nécrorian (pseudonyme) dans cette collection.

Sunrise Beach est une ville portuaire chic où se côtoie des jeunes fils à papa possédant de luxueux yachts, des ouvriers et des prostituées. Ces dernières sont la cible d’un tueur particulièrement cruel. Sa première victime est écorchée vive et des lambeaux de chair sont trouvés sur un miroir formant les mots « Skin Killer ». La deuxième victime est brulée vive de l’intérieur (je passe les détails) avec de la pâte inflammable à barbecue. Une troisième est retrouvée les yeux crevés avec un tire-bouchon et la langue coupée avec une paire de ciseaux.

Le Sergent Blaise et son adjoint mènent l’enquête dans la faune dépravée de Sunrise Beach. L’adjoint va y perdre la vie, émasculé et égorgé… Mais qui est ce tueur qui semble bien connaître les prostituées ? Tueur qui doit son nom au fait qu’il est totalement rasé de la tête au pied et qui doit porter une perruque dans la vie courante. D’ailleurs, est-ce bien un homme ?

Nécrorian parvient à assurer le minimum syndical : à savoir du gore et du sexe pour satisfaire les amateurs. Les personnages et l’atmosphère sont plus succincts que dans ses autres livres mais il subsiste un intérêt pour la découverte du coupable. Finalement, le suspense tient ses promesses même si ce qui se passe dans les toutes dernières pages est exagéré.

Ma note : 6/10




Impacts

couverture

Impacts de Charles Nécrorian
Sale guerre

« Impacts » est le numéro 30 de la collection Gore (118 numéros au total) et le deuxième des cinq romans de Charles Nécrorian (pseudonyme) dans cette collection.

Sam est un ancien combattant du Vietnam. Certains prétendent que c’est un héros. Si physiquement les médecins ont réparé les dégâts de la guerre, Sam est devenu impuissant. Dorénavant, il vivote d’une pension de l’armée dans un mobil-home insalubre à côté de la décharge publique de Keaton Stage.

Tout bascule le jour où la fille de Siu, une vietnamienne, serveuse au Relax-98 se fait écraser par un semi-remorque alors qu’elle sortait du bus scolaire pour rejoindre sa mère de l’autre côté de la route.
« La petite fille venait en courant, rieuse, tendant à bout de bras la récompense qu’elle avait eue aujourd’hui pour son travail. Maman, je suis la meilleure élève de la classe … Ne traverse pas ! hurla à nouveau Siu. Le pare-chocs ayant prit la fillette de pleine volée, la projetant en l’air, déchiquetant le corps, renvoyant ce qui restait du petit cadavre dans le garde-boue où la roue le lamina avant d’éjecter une sorte de magma informe, presque liquide, qui se répandit dans la poussière. »

Fou de rage, Sam massacre le conducteur du camion en lui écrasant le crâne sur la tôle et tue le shérif témoin de la scène. Il s’enfuit avec l’arme du policier dans la forêt proche. L’esprit de Sam n’est plus dans le présent mais en 1968 au Vietnam. Le passé ressurgit. « Personne ne bougea, un peu comme si le temps venait de s’arrêter, ou avait basculé, à moins que ce ne fût Sam, ou sa tête qui venaient de se trouver brusquement dans une autre forêt, plus épaisse, plus odorante, aux plantes lourdes et humides, tellement différentes des fougères dans lesquelles il se frayait maintenant un passage… »

Le récit, direct mais efficace, alterne entre la fuite de Sam dans les collines et ses souvenirs de guerre. Vers la fin du roman, on comprend pourquoi Sam a pété les plombs devant l’accident du Relax-98.

Comme à son habitude dans la collection, l’auteur nous livre une histoire parsemée de scènes sanglantes et pornographiques. Bien sûr, certains passages sont vulgaires : « Le prisonnier…Il a parlé… Quand Luke lui a ôté sa première couille, ce fumier s’est contenté de serrer les dents mais quand il lui a cloué la bite sur une planchette pour pouvoir la découper comme de la mortadelle, l’autre a commencé à hurler, à se chier dessus et il a craché le morceau. »

Cependant, l’histoire tient la route et le personnage principal est intéressant. Un bon Gore.

Ma note : 7/10



Purgatoire

couverture

Purgatoire de Pierre Pelot       
Claustrophobes s'abstenir !

« Purgatoire » est le numéro 34 de la collection Gore (118 numéros au total) et le premier des deux romans de l’écrivain français Pierre PELOT dans cette collection.

L’histoire commence par le lent réveil de Cole, un jeune homme de 25 ans, à l’intérieur d’un cercueil. Il réalise qu’il a été enterré vivant. Petit à petit sa mémoire revient : son enfance avec le docteur Encken qui l’a élevé, après avoir été abandonné par sa mère. Il se souvient aussi des actes de viol avec la complicité du docteur Encken sur les corps, préalablement drogués (en état cataleptique provisoire), de trois jeunes femmes, elles aussi orphelines, élevées par le docteur. L’une d’elle ouvre les yeux pendant l’acte, une autre se lève et Cole prend peur... Encken n'a pas d'autres choix que de le supprimer. Ces abus étaient fréquents de la part du docteur et les trois jeunes femmes ne se rappelaient de rien à leur réveil. Cette fois-ci, il a souhaité faire plaisir à son fils adoptif en le faisant participer...

Parallèlement, nous faisons la connaissance de Momo, le vieux fossoyeur du cimetière. Il y a trois ans, il a été témoin d’un fait étrange. Un soir, il a entendu des cris sourds provenant de la fosse commune fraichement recouverte où l’on venait d’enterrer une jeune « protégée » du docteur Encken. Ce soir, il est devant sa fenêtre et aperçoit le docteur Encken devant le cimetière. Cela parait normal car on vient d’enterrer son fils adoptif, Cole, ce matin dans la fosse commune. Mais n’est-ce pas pour une autre raison que le docteur rôde une partie de la nuit près du cimetière ?

Cole creuse sa tombe avec la boucle de sa ceinture pour retrouver la liberté. Il finit par tomber sur les ossements de Josépha, la jeune femme dont Momo avait entendu les cris provenant de la fosse commune, il y a trois ans. Josépha était la première victime des abus du docteur Encken. Elle s’était réveillée trop tôt alors qu’il abusait d’elle (erreur de dosage dans l’injection ?). Encken l'a enterrée vivante elle aussi.

La fin est immorale et la conclusion rappelle celle du film de 1968 « La nuit des morts-vivants » de G.A. ROMERO.

Ce roman gore est assez singulier dans la collection. Il n’y a pas de flots d’hémoglobine comme chez NECRORIAN (voir mes critiques précédentes) mais une horreur plus psychologique.

Les premiers chapitres sont assez difficile à lire. Je trouve les phrases de l’auteur très longues, surchargées : « Le cauchemar semblait plutôt venu d’ailleurs, en somme. Non pas né de quelque obscure circonvolution de son cerveau, mais tombé du dehors de lui-même, et tombé sur lui, oui, comme un filet aux mailles collantes, de poix, les rets tranchés au ras d’un plafond hors d’atteinte, noir, d’ombres et de noirceurs tumultueuses, et, qui sait, n’existant peut-être même pas ; un filet lourd tombé en chute libre, tendu là pour lui seul et sur lui seul repliant ses tentacules, avec un bruit sec, feutré, le bruit d’un glauque déplacement d’air qui cachait mal d’autres petits bruits en cascade, comme les ricanants clappements de mâchoires de tenailles innombrables. » Ouf !

Heureusement par la suite, l’écriture est moins pompeuse. L’auteur trouve ses marques. Pierre PELOT est un écrivain confirmé, très connu, notamment, des amateurs de SF/Fantastique mais c’est ici son premier gore. Sur la forme, on pardonnera les quelques lourdeurs de style. Sur le fond, c’est du tout bon.

Ma note : 7/10

Aux chiens écrasés

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Aux chiens écrasés de Pierre Pelot           
Gare au chien !

« Aux chiens écrasés » est le numéro 59 de la collection Gore, collection qui s’est arrêtée au numéro 118 en 1990. C’est le deuxième et dernier Gore de l’écrivain français Pierre PELOT.

C’est l’histoire d’une petite fille, Marjorie, restée seule avec son petit frère encore bébé, Jérôme, un soir où ses parents sont sortis. Ils habitent dans une vieille usine transformée en logement.
Jérôme commence à « piquer une crise ». Pour le calmer, Marjorie met son frère dans le four et allume le gaz comme maman le fait parfois pour arrêter ses cris. Le lecteur pense que le drame va se jouer là, mais pas du tout. Marjorie couche son petit frère, évanoui, mais vivant. C’est alors qu’elle entend des bruits furtifs. C’est le chien de la famille, Naja, un grand chien au poil noir qui est là devant la petite fille. Il a l’air bizarre, semble affamé…
Plus loin, l’auteur nous décrit la mort de Jérôme : « L’enfant bougea quand Naja remit la patte dessus pour assurer sa prise, avant un nouveau coup de dents. Les petites jambes tressautèrent, animées par un mouvement dérisoire qui faisait songer à une tentative de défense… Le chien broya les côtes, arracha une partie de poumons élastiques et spongieux qui se déchirèrent en filaments … ».

En parallèle on suit les parents dans un café qui ne font rien et semblent attendre… et le voisin retraité le plus proche qui surveille l’ancienne usine par la fenêtre…

Ce roman est l’un de mes préférés de la collection Gore. Il est plus subtil que la moyenne des livres de cette collection. La fin est étonnante et terrible.

Ma note : 8/10

Blood sex n°2 (Bayou)


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Blood sex n°2 (Bayou) de Charles Nécrorian
L'horreur continue...

« Blood sex n°2 (Bayou) » est le numéro 91 de la collection Gore. C’est le cinquième et dernier roman de Nécrorian (pseudonyme) dans cette collection.

Voilà quatre ans que les frères Schootswater sont morts. Sam le Dingue, a fini le crâne défoncé et la cervelle mangée par un chien errant. Willie la Croûte, est mort le sexe sectionné par Linda l’autostoppeuse rescapée, lors d’une fellation sanglante, avant d’être criblé de balles par le shérif Wayne.
Voilà quatre ans que l’écrivain, richissime, Stephen Murderren s’est suicidé pour échapper à la justice des hommes. Sa sœur Vanessa a pu être sauvée et se retrouve enfermée dans un hôpital psychiatrique. Elle rencontre un autre patient, Fabien, tout aussi dangereux. Ils s’évadent à bord de la voiture d’une infirmière que Fabien a tuée...

Nécrorian reprend les mêmes ingrédients que dans « Blood-sex » à savoir du sexe et du gore. Mais dès que l’on ouvre le livre on remarque les gros caractères et les pages blanches entre les chapitres, signe que l’auteur a eu du mal à atteindre les 150 pages, signe aussi d’un manque d’inspiration. Cette suite n’apporte rien de plus à l’original. Il reste une succession de scènes gore presque écoeurantes.

Par contre, l’atmosphère du Bayou avec sa chaleur moite qui accable les autochtones est bien décrite. Ainsi que l’emblème des marais, le crocodile : « Les flics représentaient ce qu’on faisait de plus méprisable, de plus sournois aussi, bien plus sournois que les sauriens qui emportaient parfois une poule, un chien et même, mais c’était plus rare, un enfant en bas âge dont personne ne se souciait vraiment, les reptiles servant alors de régulateurs des naissances pour certaines qui ignoraient la contraception… ».

Au final, "Blood sex n°2 (Bayou)" est un cran en dessous de "Blood-sex". C'est un gore d'un niveau correct sans plus.

Ma note : 6/10

Blood-sex


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Blood-sex de Charles Nécrorian
Pour public averti

« Blood-sex » est le numéro 5 de la collection Gore aux Editions Fleuve noir, collection stoppée en 1990 au bout de 118 numéros. C’est le premier des cinq romans de Charles NECRORIAN (pseudonyme) paru dans cette même collection.

Il y a deux histoires parallèles dans le livre : celle d’un écrivain et sa soeur, sadiques, qui assouvissent leurs fantasmes en massacrant d'innocentes victimes et une autre, imaginaire, l'histoire écrite par l‘écrivain, intitulée « Blood-sex » qui raconte les méfaits de deux frères cinglés qui tuent à la hache un conducteur et kidnappent deux auto-stoppeuses pour les torturer dans un coin perdu des USA.

Le roman est une suite de scènes pornographiques (l’auteur semble avoir une obsession pour les fellations - quasiment une à chaque chapitre) et de scènes horribles (dépeçages, découpages, éventrations d’êtres humains).
« Blood-Sex » a tout à fait sa place dans la collection Gore dont il était un titre phare à l’époque. Ce n’est pas de la grande littérature, ni même de la littérature tout court mais l’auteur répond parfaitement aux attentes des amateurs de Gore. Le livre est évidemment déconseillé aux autres lecteurs.

Je précise que ma note est fixée en fonction des critères de la collection Gore et n’est pas à comparer aux notes d’autres livres.

Ma note : 7/10




jeudi 22 mars 2012

Quand souvenirs revenir, nous souffrir et mourir


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Quand souvenirs revenir, nous souffrir et mourir
de Jean-Michel Dagory
Souvenirs mortels

« Quand souvenirs revenir, nous souffrir et mourir » est un roman post-apocalyptique pour le moins bizarre. Dans les premiers chapitres nous faisons la connaissance de Napoléon, Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Louis XI, Robespierre, De Gaulle, Musset, Cro-Magnon, La Marseillaise (une noire magnifique), etc. Ces icônes de l’histoire de France sont en fait des motards français prisonniers, pour divers crimes, en Angleterre (chez les A-E : Anglo-enculés comme ils disent). Le livre frise parfois la vulgarité mais on appréciera l’humour : « Jeanne d’Arc, la dernière de la file demanda du feu à un soldat anglais » ou encore « Vercingétorix qui avait sauvé quelques Gauloises, fit circuler le paquet ».

Le contexte : L’Angleterre est totalement isolée du reste du monde depuis cinq ans sans que l’on en connaisse la raison. « Paris s’était tu, et la France, et depuis rien… Pas de nouvelles du reste de l’Europe, un vrai rêve d’Anglais. Mais pas de nouvelles non plus de l’Amérique, ni de l’Afrique, ni de rien. Plus jamais ».

Notre bande de motards, volontairement habillés en personnages historiques français pour narguer les A-E, est renvoyée en France d’où personne n’est jamais revenu depuis le « GRAND TRUC ». Leur mission est d’atteindre et d’identifier un signal sonore émis depuis la région de Marseille. A moins que ce ne soit une astuce pour vider les cellules anglaises. Ces français bloqués en Angleterre depuis le « GRAND TRUC » vont donc servir de cobaye.

Une fois débarqués sur le continent, les motards ont la surprise de trouver les villes et villages intacts et vides mais recouverts d’une poussière grise. Tout semble préservé et propre comme dans un musée… Chevauchant leurs femelles (motos), nos motards finissent par trouver un paysage coloré avec de l’herbe bien verte et des pommiers. Alors qu’ils mangent des pommes succulentes, ils sont attaqués par des paysans venant de nulle part. Plusieurs des motards meurent dans l’échauffourée. Lorsque l’un d’entre eux, Richelieu, se fait tuer, les paysans disparaissent et la grisaille recouvre tout à nouveau… Plus loin d’autres souvenirs surgissent, dont celui de Jeanne d’Arc, la copine de Vercingétorix. Dans celui-ci, les motards se trouvent dans un grand magasin (plein de clients) où ils doivent voler un article sans se faire prendre par les vigiles sous peine de mourir. Ce souvenir ne disparait qu’à la mort de la personne qui en est à l’origine (Jeanne d’Arc) puis une fois de plus le monde est recouvert d’une pellicule grise.

Le récit devient de plus en plus ubuesque au fur et à mesure que les rescapés descendent vers le sud (Robespierre, l'homosexuel du groupe, est englouti par un sexe féminin géant, etc.). La fin du livre nous révèle bien des surprises (double jeu d’un des personnages, raison véritable de la mission, origine du « GRAND TRUC »).

La quatrième de couverture annonce « Un beau sujet, qui plonge le lecteur dans une incroyable fantasmagorie baroque. Mad Max multiplié par 1000 … ». Je ne vois pas quoi rajouter de plus. Un très bon roman de la défunte collection « Anticipation ».

Ma note : 8/10