dimanche 19 janvier 2014

Green Blood, vol.2

couverture


Green Blood, vol.2 de Masasumi Kakizaki

Ce manga western raconte l’histoire de deux frères recueillis dès leur plus jeune âge par l’un des chefs de gang de Five Points. Luke et Brad Burns survivent dans le quartier comme ils peuvent. Luke, le plus jeune, suit le chemin de l’honnêteté en travaillant aux docks. Brad, l’aîné, passe ses journées à ne rien faire. Mais ses nuits sont occupées au service des Grave Diggers, un ancien gang puissant aujourd’hui sur le déclin. Brad se fait appeler Grim Reaper, l’assassin au pistolet à lame. Il n'a pas révélé à son jeune frère ses activités nocturnes afin de le préserver. Jusqu’au jour où Luke se trouve au centre d’une ignoble machination orchestrée par le fils du chef des Grave Diggers. Brad alias Grim Reaper doit libérer son petit frère des griffes du numéro deux du gang irlandais des Iron Butterflies. Ce dernier est un tueur au visage angélique capable de faire éclater d’une balle de pistolet le crâne d’un jeune garçon en pleine rue… Qu’il sorte vivant ou non de son duel à mort avec le numéro deux du gang irlandais, Grim Reaper est piégé. En cas de victoire, le chef des Grave Diggers le tuera pour éviter une guerre ouverte entre les deux clans. Même s'il en coûterait au fondateur des Grave Diggers d’éliminer Grim Reaper, l’assassin emblématique du gang qu'il a recueilli enfant et dressé pour tuer dès son plus jeune âge comme un chien fidèle. La bataille finale à l’arme blanche (couteaux, haches etc.) pour le contrôle de Five Points rappelle certaines scènes du film « Gangs of New York » de Martin Scorsese. Elle est suivie par l’entrée en scène d’un personnage pour le moins inattendu. La suite au prochain numéro…

Les planches très noires signées Masasumi Kakizaki reflètent bien l’atmosphère du 6ème district de New York, tristement célèbre dans la seconde moitié du 19ème siècle pour sa misère et sa violence. Les cases sans dialogue ne sont pas rares. C’est bon signe car les dessins détaillés parlent d’eux-mêmes. Il faut saluer la précision des traits et le gros travail sur l’encrage. Les personnages sont souvent typés. Les gentils avec leurs visages ronds et avenants (le jeune Luke, les deux malheureuses prostituées amies de Brad et Luke) contrastent face aux gueules d’assassins, avec en tête celle du fils du chef des Grave Diggers, un psychopathe meurtrier, pervers et lâche reconnaissable à ses yeux exorbités. Les plans très cinématographiques valorisent les scènes d’action. Le dessinateur fait parler les colts. Les amateurs de duels stylés, tout droit sortis des westerns de Sergio Leone, apprécieront les gros plans sur les yeux. A la violence, il faut ajouter quelques cases érotiques d’où transpire le désespoir (le corps nu d’une jeune prostituée, une scène suggérée de fellation). Le récit amorce plusieurs pistes sans encore donner de réponses (les circonstances du décès de la mère, la recherche du père etc.). Bref, il s’agit là d’un manga plus adulte que la moyenne sans la moindre japoniaiserie.

Ma note : 8/10

Green Blood, vol.1

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Green Blood, vol.1 de Masasumi Kakizaki

« Green Blood » se distingue de la production habituelle nippone. En effet, il s’agit là d’un manga western. Novice dans la lecture de BD japonaises, je ne savais même pas que ce genre existait ! De plus, cette série se termine en seulement cinq tomes. Voilà une bonne nouvelle pour les lecteurs qui ne veulent pas s’aventurer dans des mangas de cinquante épisodes ou plus ! De par son contexte historique, cette série évite les appels du pied souvent agaçants en direction des adolescents. L’histoire racontée ici peut intéresser tout un chacun. Après une introduction sombre et sanglante qui donne le ton de la BD ; Masasumi Kakizaki fait un petit rappel historique des USA en quelques dessins concis (fin de la guerre de sécession, assassinat du Président Lincoln, début du capitalisme industriel, les bateaux débordant d’européens en quête d’une vie meilleure). 

Nous voilà plongés dans la réalité de Manhattan en cette fin du XIXème siècle. Point d’Eldorado mais le 6ème district de New York considéré comme le pire bidonville du monde : Five Points. La misère, la criminalité et la prostitution ravagent ce quartier. Un immense ghetto où échouent tous les laissés-pour-compte du rêve américain. La pègre a corrompu les autorités et y fait régner sa loi. On suit le jeune Luke Burns qui s’efforce de rester honnête en travaillant dur pour survivre. Il ignore que le plus célèbre et redoutable des assassins à la solde du principal gang de Manhattan, les Grave Diggers, n’est autre que… Brad Burns, son frère aîné ! Armé d’un curieux colt-couteau, ce tueur glacial mais charismatique, connu sous le nom de Grim Reaper, permet au gang d’asseoir son autorité pour dix dollars la cible. Mais Brad a un but secret : retrouver son père pour… le tuer ! Ce premier tome comporte déjà une scène choc. L’une des filles du saloon tenu par le gang est cruellement tailladée avant d’être jetée par la fenêtre… Le chef des Grave Diggers, qui compte bien faire payer le coupable, charge son fils de le retrouver. Il ignore qu’en réalité, c’est son fils lui-même, un bon à rien psychopathe qui s’est acharné sur la malheureuse prostituée. Tout cela parce qu'elle s'était (gentiment) moquée de son sexe. Une personne au moins connaît la vérité, Emma sa collègue de travail. Déterminée à venger son amie, elle est aidée par Brad alias Grim Reaper. Mais ce dernier peut-il s’en prendre au numéro deux des Grave Diggers, ses employeurs, sans mettre la vie de son petit frère Luke en danger ? 

Le récit contient de nombreuses scènes violentes et quelques scènes sexuelles. Les dessins sont magnifiques. Certaines pages entières ou doubles-pages mériteraient d’être encadrées. Les dialogues peu nombreux sont remplacés par les décors et les expressions des visages des personnages suffisamment détaillés pour ne pas en rajouter. On pense forcément à Scorsese et son « Gangs of New York » pour l’ambiance. Ce monde impitoyable et sans espoir fait froid dans le dos. L’innocence et l’honnêteté du jeune Luke au milieu de toute cette saleté urbaine détonnent. Pour l’instant, l’histoire est simple et linéaire pour un manga. En fait ce premier tome pose parfaitement le contexte et les personnages de la série. Les rebondissements et autres révélations viendront sans doute plus tard.

Ma note : 8/10

jeudi 9 janvier 2014

Resident Evil : marhawa desire 2

couverture


Resident Evil : marhawa desire, tome 2 de Capcom (Scénario), Naoki Serizawa (Dessin)

Venus enquêter sur un cas de contamination au virus-T dans une école renommée, un professeur en biotechnologies et l’un de ses élèves (également son neveu) découvrent l’impensable : des zombies rapides et agiles dans les sous-sols de l’établissement. Quelqu’un aurait-il modifié le virus-T afin d’en améliorer les effets ? L’enquête sur ce qui semble être un complot bactériologique se poursuit. Les dessins sont toujours aussi réalistes et détaillés, à mon avis d’une qualité supérieure à la moyenne des mangas. A noter que les graphismes des jolies étudiantes attireront forcément le regard des adolescents, public cible de la série. Les premières pages de ce deuxième tome sont très éprouvantes. Nos héros accompagnés de la présidente des élèves, une étudiante sexy dans son uniforme de jeune fille sage (mais armée d’une arbalète…) s’enfoncent dans les sous-sols de l’école d'où l’équipe de nettoyage n’est pas revenue. Les combats au corps-à-corps contre des zombies particulièrement résistants font rage (crânes fendus au sabre japonais ou fracassés à la masse, corps criblés de flèches…). Ces scènes d’action sont bien dessinées malgré une ou deux cases confuses. La présence d’une étrange fille sur les lieux indique qu’il s’agit à l’évidence d’une contamination intentionnelle. L’obstination de la directrice de l’école Marhawa de vouloir préserver la réputation de son établissement en ne prévenant personne (ni les élèves, ni l’extérieur) risque d’entraîner une explosion du nombre de victimes. Malgré quelques dialogues destinés aux adolescents du genre « Hé, dis… tu pourrais être sympa et juste mourir… », le passé des personnages et leurs motivations relèvent le niveau. Après ce début musclé dans les sous-sols (non dénué d’émotion), c’est le temps des explications. Notamment, les confessions de la directrice sur l’identité de la mystérieuse fille vêtue d’un K-way qui semble être à l’origine de la contamination. La vie de certains protagonistes clés est compromise dans les dernières pages. Histoire peut-être de laisser la place à d'autres… Parallèlement, quelques planches nous montrent l’avancée de la grosse cavalerie. Avec l’arrivée imminente de la BSAA (Bioterrorism Security Assessment Alliance : Alliance d’évaluation des risques bioterroristes) et de l’agent Chris Redfield, à priori invincible, il est à craindre que le récit ne perde de sa complexité et de sa force émotionnelle dans les prochains tomes. Dans la lignée de l'épisode précédent, ce manga aux dessins soignés, mélange avec succès milieu estudiantin et histoire de zombies.

Ma note : 8/10

Resident Evil : marhawa desire 3

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Resident Evil : marhawa desire, tome 3 de Capcom (Scénario), Naoki Serizawa (Dessin)

L’enquête sur les cas de contamination au virus-T au sein de la prestigieuse école Marhawa avance à grands pas. Ce troisième épisode débute au milieu d’un combat, là où nous en étions restés dans les dernières pages du précédent volume. Notre professeur en biotechnologies, son neveu et le responsable de la sécurité de l’école sont attaqués par une ancienne élève réputée morte dans un accident. Les zombies font figure d’amuse-gueule comparés à cette créature mi-jeune fille mi-monstre tentaculaire. Il semblerait qu’elle soit contrôlée par la mystérieuse fille vêtue d’un K-way à l’origine de la contamination. Dans un long flash-back, on découvre le vrai visage de cette école coupée du monde extérieur et fonctionnant en autarcie. Certains élèves ne l’ont jamais quittée depuis la maternelle ! La religieuse qui dirige l’établissement d’une main de fer a beaucoup de choses à se reprocher. Elle s’est toujours dévouée corps et âme pour l’école héritée de son père. Afin de préserver sa réputation, la directrice a constamment camouflé les actes de violence qui se produisent dans son établissement. Une nouvelle étudiante d’origine modeste, cible des élèves nantis de l’école, ainsi que sa seule amie, la présidente des élèves, se sont évadées de l’école pour dénoncer les pratiques de la directrice. Mais lorsque la nouvelle étudiante, rattrapée par la sécurité de l’école, est victime d’une chute mortelle ; la présidente des élèves décide de détruire l'école Marhawa et ses tourmenteurs. Sa rencontre avec la fille au K-way va lui permettre de concrétiser sa vengeance… 

Autant dire que l’énorme révélation au cœur de ce tome est à peine croyable. Je suis même revenu en arrière dans la série pour déceler d’éventuelles contradictions. Ajouter à cela les destins tragiques de plusieurs personnages principaux ainsi que des décisions à prendre par certains lourdes de conséquences et vous obtenez là un manga plein d’idées, parfois saugrenues mais inédites. 

A deux tomes de la fin de la série, l’agent Chris Redfield, seul véritable lien avec les jeux vidéo, ne joue pas encore les premiers rôles. Mais cela ne saurait tarder…

Le coup de crayon du dessinateur me plaît toujours autant. Surtout les personnages, que ce soit les étudiantes aux courbes parfaites, toutes mignonnes dans leurs uniformes ou les corps meurtris de ces mêmes jeunes filles atteintes par le virus de zombification. 

Décidément, cette histoire de zombies en milieu scolaire avec ses sentiments exacerbés et ses horreurs les plus crues forme un patchwork aussi étrange que passionnant.

Ma note : 8/10

Resident Evil : marhawa desire 1

couverture


Resident Evil : marhawa desire, tome 1 de Capcom (Scénario), Naoki Serizawa (Dessin)

Comme l’annonce la couverture, il s’agit là du manga officiel (vaguement) inspiré de la célèbre saga vidéoludique. Au départ, j’ai surtout choisi cette série pour ses dessins à mon goût, sans me faire trop d’illusions sur l’histoire. Cela n’a pas été facile car l’esthétique des mangas, très différente de nos BD occidentales, ne m’a jamais attiré (décors vides, traits anguleux, dessins en noir et blanc). Mais ici, les dessins sont détaillés, parfois colorés de jolies nuances noires et grises. Dans ce premier tome, on a même droit à une superbe introduction en couleur sur papier glacé (terrifiante avec la découverte de la première élève-zombie dans une salle de classe !). Le dessinateur utilise les techniques habituelles des mangas comme ces jolies filles dessinées de la tête aux pieds dans des poses lascives, incrustées devant les cases reléguées en arrière-plan. Pour un manga, les dessins sont agréables à l’œil. Comme beaucoup de mangaka, Naoki Serizawa se sert de nombreuses onomatopées ; certaines abusivement tels ses trois points de suspension dans les bulles pour exprimer le silence. 

Mais la vraie surprise vient du scénario. Loin d’être une énième invasion de zombies, l’histoire rappelle un peu « Harry Potter » et son école où les zombies auraient remplacé les sorciers. La directrice d’une célèbre école demande l’aide d’un éminent professeur en biotechnologies pour étudier le cas d’une jeune élève qui présente les symptômes de zombification par le virus-T. Accompagné de son neveu (et élève), le professeur se rend dans cette école. L’établissement est un gigantesque internat isolé qui fonctionne en complète autarcie. Certains élèves n’en sont jamais sortis ! La mission s’annonce agréable pour le neveu, un beau gosse branché, au milieu de toutes les étudiantes sexy, vêtues de marinières, jupes plissées, collants et chaussures noires… A ce sujet, je signale une scène d’un érotisme torride et… gore. Les deux enquêteurs doivent découvrir l’origine de la contamination, identifier le patient zéro. Mais la Sœur qui dirige l’école Marhawa (par ailleurs ex-amante du professeur en biotechnologies…) ne veut pas que le nom de l’établissement soit associé à un quelconque scandale bactériologiste. Un flash-back nous révèle pourquoi elle tient tant à la réputation de son école. Tout doit donc se régler en interne. La Sœur interdit le professeur de contacter le BSAA, une organisation spéciale de lutte contre le bioterrorisme et notamment l’agent Chris Redfield. Difficile dans ces conditions d’empêcher le virus de se propager dans l’école comme le montre les dernières pages du livre. Dans ce premier tome, il n’y a pas encore de zombies en masse. Mais l’image d’une jeune élève zombifiée montrant les dents, enchaînée dans une cave vaut bien une horde de zombies. Le mélange des genres (horreur et histoire de campus) fonctionne grâce aux personnages de plus en plus nombreux au fil du récit comme cet agent de sécurité et ce professeur principal armés d’une masse et d’un sabre japonais, tous deux totalement dévoués à la Sœur. Là aussi un flash-back poignant nous explique cette dévotion. Le suspense est bien présent. Quel secret cache la directrice ? Qui est cette mystérieuse fille vêtue d’un K-way ?

Je comparerais ce manga à une friandise sucrée, une nourriture totalement superflue pour l’organisme (nocive diront certains) mais addictive. Si les dialogues calibrés pour les jeunes sont parfois agaçants ; l’histoire et les relations entre les divers protagonistes sont tout sauf simplistes.

Ma note : 8/10