Le fil qui chante de René Goscinny (Scénario), Morris (Dessin)
Excellent album stop à relire ou à découvrir stop
Rien de tel qu’une bonne BD pour se remettre d’une lecture laborieuse. Qui plus est lorsqu’il s’agit de mon premier Lucky Luke.
J’adore l’humour tout en finesse des auteurs. Dans la première planche, on suit le voyage d’une lettre écrite par un jeune homme à San Francisco pour sa fiancée de New York. La missive enflammée traverse l’Amérique d’Est en Ouest avec les transports de l’époque du Far West. Après un périple en bateau, mule ou diligence, l’arrivée à destination s’avère des plus tardives…
Au début de l’histoire, Lucky Luke et Jolly Jumper travaillent pour le Pony Express. Le Président Lincoln inquiet par le début de la guerre de Sécession décide de financer la jonction du télégraphe entre le Nevada et le Nebraska. Lucky Luke abandonne son métier de « facteur » pour rejoindre l’épopée du télégraphe. Un pari est lancé entre les responsables des deux tronçons avec une prime à la clé. Le départ est prévu le 04 juillet 1861 pour une jonction à Salt Lake City en terre mormone. Mais, l’argent excite les convoitises. Une brebis galeuse a infiltré l’équipe de notre héros. Comme si les actes de sabotage ne suffisaient pas ; les éléments naturels ralentissent l’avancée des courageux pionniers.
Le scénario basé sur des faits historiques est solide. Il y a même du suspense à la Agatha Christie. Qui est le traitre parmi les conducteurs de chariots, les planteurs de poteaux, les poseurs de fils, le cuistot et le guide indien ? L’identité du coupable et les détails qui le confondent sont bien trouvés. Sinon, l’optimisme forcené et l’exaltation du chef d'équipe de Lucky Luke forcent le respect tout en étant très drôles (sa vision de l’Amérique avec l’arrivée du télégraphe). D’ailleurs, les motivations de chacun, idéologiques pour certains ou plus terre-à-terre (la prime) pour la majorité, en disent long sur la nature humaine.
Dans cet album paru en 1977, les dessins de Morris sont plus aboutis qu’au début de la série. Son style audacieux fait de couleurs fantaisistes et exagérément unies (personnages et décors tout rouges dans une même case, personnages orange sur fond jaune, cavaliers uniformément violets avec un paysage multicolore en arrière-plan etc.) donne aux dessins un aspect original immédiatement reconnaissable. Les décors parfois épurés voire absents (un personnage seul sur fond bleu) dégagent un certain charme et permettent une meilleure lisibilité dans l'action.
A noter que « Le fil qui chante » est le nom donné par les indiens au télégraphe à cause du bruit du vent sur les fils.
Ah !, le regard perplexe des indigènes face à la progression du télégraphe : "Visages pâles faire drôle de clôture... Ugh ! Fil de fer trop haut. Vaches pouvoir passer par-dessous."
A mourir de rire.
Rien de tel qu’une bonne BD pour se remettre d’une lecture laborieuse. Qui plus est lorsqu’il s’agit de mon premier Lucky Luke.
J’adore l’humour tout en finesse des auteurs. Dans la première planche, on suit le voyage d’une lettre écrite par un jeune homme à San Francisco pour sa fiancée de New York. La missive enflammée traverse l’Amérique d’Est en Ouest avec les transports de l’époque du Far West. Après un périple en bateau, mule ou diligence, l’arrivée à destination s’avère des plus tardives…
Au début de l’histoire, Lucky Luke et Jolly Jumper travaillent pour le Pony Express. Le Président Lincoln inquiet par le début de la guerre de Sécession décide de financer la jonction du télégraphe entre le Nevada et le Nebraska. Lucky Luke abandonne son métier de « facteur » pour rejoindre l’épopée du télégraphe. Un pari est lancé entre les responsables des deux tronçons avec une prime à la clé. Le départ est prévu le 04 juillet 1861 pour une jonction à Salt Lake City en terre mormone. Mais, l’argent excite les convoitises. Une brebis galeuse a infiltré l’équipe de notre héros. Comme si les actes de sabotage ne suffisaient pas ; les éléments naturels ralentissent l’avancée des courageux pionniers.
Le scénario basé sur des faits historiques est solide. Il y a même du suspense à la Agatha Christie. Qui est le traitre parmi les conducteurs de chariots, les planteurs de poteaux, les poseurs de fils, le cuistot et le guide indien ? L’identité du coupable et les détails qui le confondent sont bien trouvés. Sinon, l’optimisme forcené et l’exaltation du chef d'équipe de Lucky Luke forcent le respect tout en étant très drôles (sa vision de l’Amérique avec l’arrivée du télégraphe). D’ailleurs, les motivations de chacun, idéologiques pour certains ou plus terre-à-terre (la prime) pour la majorité, en disent long sur la nature humaine.
Dans cet album paru en 1977, les dessins de Morris sont plus aboutis qu’au début de la série. Son style audacieux fait de couleurs fantaisistes et exagérément unies (personnages et décors tout rouges dans une même case, personnages orange sur fond jaune, cavaliers uniformément violets avec un paysage multicolore en arrière-plan etc.) donne aux dessins un aspect original immédiatement reconnaissable. Les décors parfois épurés voire absents (un personnage seul sur fond bleu) dégagent un certain charme et permettent une meilleure lisibilité dans l'action.
A noter que « Le fil qui chante » est le nom donné par les indiens au télégraphe à cause du bruit du vent sur les fils.
Ah !, le regard perplexe des indigènes face à la progression du télégraphe : "Visages pâles faire drôle de clôture... Ugh ! Fil de fer trop haut. Vaches pouvoir passer par-dessous."
A mourir de rire.
Ma note : 9/10