mardi 26 juin 2012

Cauchemar qui tue

couverture


Cauchemar qui tue de Lewis Mallory

Un malin plaisir à faire le mal

« Cauchemar qui tue » (« Nightmare » - 1984) est le deuxième roman de l’écrivain anglais Lewis Mallory publié dans la collection Gore. Tout comme son précédent « Fleurs d’épouvante », ce présent livre est assez classique. Il est aussi beaucoup plus sage que la plupart des autres romans de la collection (ici pas de sexe).

Gidéon est un enfant solitaire et taciturne. A sa naissance, Theresa, sa sœur alors âgée de huit ans, a cessé subitement de faire des cauchemars toutes les nuits. A douze ans, Gidéon passe ses journées dans sa chambre ou à la cave. Il met tout le monde mal à l’aise (y compris ses parents et sa sœur). Il a été renvoyé de son école après avoir tué, sans que l’on sache comment, tous les animaux de la salle de biologie, pièce pourtant fermée à clef. Le jour de son douzième anniversaire, les poissons du bassin extérieur (animaux préférés de la femme de ménage) sont retrouvés flottant le ventre à l’air. Gidéon défie ses proches en reconnaissant avoir causé leur mort. Ignorant la mise en garde du jeune garçon, son père excédé le gifle. Par sa seule force mentale, Gidéon provoque l'incendie de sa maison, dans lequel périssent ses parents. Au fil du récit, il se débarrasse ainsi de toutes les personnes qui lui ont causé du tort. Pour cela, l'enfant se sert des phobies de ses victimes comme une arme (araignées, chiens, oiseaux, rats, feu, eau etc.). Jusqu'au jour où il se trouve confronté à sa sœur...

« Chacun a son cauchemar, sa peur secrète soigneusement enfouie. Chez certains, elle est si profondément cachée qu’ils n’en sont même pas conscients. »

Voilà un récit fantastique d’un bon niveau, avec des personnages intéressants et du suspense. Les « hallucinations » sont très convaincantes et la fin du livre habile. Ce roman Gore aurait très bien pu être publié dans une collection plus large public (au côté d’un Graham Masterton par exemple).

Ma note : 7/10

vendredi 15 juin 2012

Fleurs d'épouvante

couverture


Fleurs d'épouvante de Lewis Mallory

Dites-le avec des fleurs

« Fleurs d’épouvante » (« The Nursery » - 1981) est le premier roman de l’anglais Lewis Mallory publié dans la collection Gore. Comme souvent chez lui, cette histoire d’orchidées se nourrissant de chair humaine relève de l’épouvante traditionnelle. Le sujet n’est pas sans rappeler « La petite boutique des horreurs ».

Un professeur, inventeur de fleurs monstrueuses, est tué par ses créatures. Son domaine, « Kelsted Hall », est légué à un cousin. L’héritier s’installe donc avec sa famille dans la propriété, transformée en un orphelinat… sans enfants. On suit également, Belinda, une jeune femme embauchée dans ledit orphelinat. Tout ce petit monde va être confronté à l’effrayant directeur de l’établissement (l’ancien assistant du professeur) et son personnel (une légion de nurses et de jardiniers muets). Et si les vrais propriétaires des lieux étaient d’origine végétale ?

En réalité, le laboratoire du professeur est devenu une horrible pouponnière : « Les corps des bébés étaient encerclés de fines racines de fleurs… Les bébés étaient donc dévorés vivants. Le lent processus de croissance des plantes les assimilait comme aliments. »

Plutôt bien écrit (et traduit), ce roman au climat angoissant m’a plu. Si le rythme est assez lent durant la majeure partie du récit, l’atmosphère inquiétante procure quelques frissons. Les scènes sanglantes et sexuelles, bien que peu nombreuses, sont impressionnantes. La lente altération de la santé mentale de la fille aînée et sa fin tragique, la mort du petit frère (d’une violence inouïe pour un enfant) ainsi que celle des parents sont des moments forts du livre. La fin est très ouverte...

Ma note : 7/10

samedi 2 juin 2012

Morte chair

medium

Morte chair de Gilles Santini



Une histoire saugrenue

« Morte chair » est le premier roman signé Gilles Santini publié dans la collection Gore. Les quelques pages du prologue, sur le thème archiconnu des zombies, font froid dans le dos. Par contre, la suite mélange enquête policière et horreur avec plus ou moins de bonheur.

Sherman, un détective privé, s’inquiète de la disparition de sa dernière conquête, une charmante journaliste. La belle était sur un scoop à peine croyable : l’apparition de zombies près d’un cimetière à la frontière franco-suisse. Depuis, plus de nouvelles...

L’enquête de Sherman est assez banale et bourrée de clichés. A noter que notre héros ne porte pas chance aux femmes, journalistes ou policière, très sexy et peu farouches, qui finissent toutes par mourir…

En revanche, les passages avec les morts-vivants sont efficaces (dans les habitations abandonnées du plateau de Glasswiller et dans le cimetière proche).

Malheureusement, l’histoire n’évite pas le ridicule avec ses excès dignes des pires séries Z. Le méchant Freudenstein (?), à la fois chirurgien et chercheur, trafiquant et assassin, est à la tête d'un trafic d'organes particulièrement lucratif entre la France et la Suisse. Cette activité lui permet de financer ses recherches. Ainsi, il peut réanimer des cadavres déterrés à l'aide d'un sang synthétique de son invention...

En étant indulgent, disons que j’ai trouvé ce roman Gore moyen.

Ma note : 5/10