lundi 15 juillet 2013

La fugue du Scrameustache

couverture


La fugue du Scrameustache de Gos

Nous ne sommes pas seuls...

Ça devait arriver ! A force de rester cloîtré entre quatre murs pour ne pas se faire remarquer des terriens, le Scrameustache a fugué. En effet, il est difficile en cette période de noël de résister à la joie ambiante (ses courses de luges, sa crèche grandeur nature…). Seulement, sa fugue va entraîner une série d’événements catastrophiques. La rencontre du Scrameustache avec un fabriquant de jouets et sa petite famille intrigue son ami Khéna et oncle Georges. Et si notre extraterrestre cherchait à se faire de la publicité ? Histoire que la population ne se retourne plus sur son passage. En tout cas, les journalistes tiennent là le scoop de leur vie : une rencontre du troisième type ! Les amis du Scrameustache et les Galaxiens vont tenter de réparer les erreurs commises en faisant croire à un canular de plus sur les extraterrestres.

J’ai un faible pour les Galaxiens, ces petits bonhommes verts mignons tout plein, ainsi que pour le look du Scrameustache et sa soucoupe volante profilée sport. Les Galaxiens verts et leur organisation sociale (chacun est chef à tour de rôle), leur caractère finalement très humain (les relations conflictuelles comiques entre le toubib et le mécano) ne sont pas sans rappeler les Schtroumpfs bleus de Peyo. Ce n’est guère étonnant car Gos fut un temps l’assistant du créateur des Schtroumpfs. "Le Scrameustache" constitue pour le jeune public une introduction plaisante à la science-fiction. Sans prétention mais sympathique, « La fugue du Scrameustache » est le seul album de la série que j’ai lu.

Ma note : 7/10

Corrida pour une vache maigre

medium


Corrida pour une vache maigre de Christian Godard (Scénario), Mic Delinx (Dessin)


Ils sont fous ces animaux !

Voilà encore une BD de ma jeunesse qui paraissait, à l’époque, dans le magazine Pif Gadget. Les animaux de cette série font face à des situations absurdes souvent avec cynisme. Les auteurs prêtent à tout ce petit monde animalier des attitudes très humaines. Trop jeune, l’humour basé sur des jeux de mots souvent tirés par les cheveux me passait au-dessus de la tête. En fait, il y a plusieurs degrés de lecture dans ces petites histoires. Derrière l'apparente simplicité des situations, Mic Delinx et Christian Godard portent un regard critique sur nos menus travers. Attention !, ici l’humour est très spécial. Personnellement, je trouve les gags inégaux. En revanche, la physionomie et la personnalité des autochtones sont truculentes. Rien que pour la forme, cette BD vaut le coup d’œil.

Comme au début de chaque album, une carte plante le décor. La fameuse jungle est représentée par une tache verte avec pour légende « Tout plein d’habitants » au milieu d’une étendue jaune avec pour légende « Pas d’habitants du tout » représentant un « désert absolument désertique ». Pour compléter la position géographique, la longitude est mal définie, le méridien quelconque et le point cardinal vague… Plus loin, les principaux habitants de cet univers clos sont décrits sur deux pages : Joe le tigre végétarien amateur de pommes, Gros Rhino le Rhinocéros inculte et froussard, Auguste le crocodile poète totalement inoffensif, Potame l’hippopotame toubib spécialisé en tout et n’importe quoi, Mortimer le serpent « à sornettes » d’une naïveté déconcertante, les pies de bas de pages bavardes et moralisatrices spécialisées dans les calembours vaseux et autres jeux de mots (très) approximatifs…

Cet album est composé de huit histoires. Les plus longues sont : « Corrida pour une vache maigre » dans laquelle Vava la vachette a des soucis avec son lait. Heureusement, Potame le toubib a une solution... « Histoire d’un mauvais sujet », c’est celle de Jojo le chacal jamais à court de méfaits… « Salut la compagnie » où Lentourloup crée sa boîte d’assurance en tout genre. Reste à trouver les clients… « Une noce dans le fromage » dans laquelle Gros Rhino cherche l’âme sœur en s’inscrivant dans l’agence matrimoniale de Lentourloup. Mais les fichiers ne sont pas encore au point…

Bref, c'est une BD un peu oubliée de nos jours à (re)découvrir pour se faire une opinion.
 
Ma note : 7/10

dimanche 7 juillet 2013

L'intégrale Rahan, tome 7


couverture


L'intégrale Rahan, tome 7 de Roger Lécureux (Scénario), André Chéret (Dessin)

Un héros altruiste, observateur et réfléchi
 
Mes premières lectures de Rahan remontent au magazine Pif Gadget de mon enfance. Mais, je me suis vraiment intéressé que plus tard aux aventures du fils de Craô dans un magazine qui lui était dédié (avec là aussi un gadget à chaque numéro). Ainsi, j’ai été l’heureux possesseur du collier de Rahan. N’ayant conservé aucun album de la série, j’ai acheté cette intégrale qui reprend des histoires de cette époque. D’ailleurs, l’album à peine ouvert, je me suis immédiatement rappelé de certains dessins.

Rappelons qu’il s’agit d’une BD aux dessins « réalistes » dont l’action se déroule pendant la préhistoire (« Il y a environ 500 000 saisons à l’aube des temps obscurs »). Rahan est le seul survivant de la horde de Craô-le-sage. Ce qui caractérise le personnage, c’est sa soif de connaissance (« Pourquoi le jour ? », « Pourquoi la nuit ? », « Dans quelle tanière se réfugiait le Dieu-Soleil ? », « Pourquoi la lune ronde ? », « Pourquoi la lune pointue ? », « Pourquoi le vent et pourquoi la pluie ? » etc.). Rahan rencontre de nombreuses tribus sans jamais se fixer. Il traverse des territoires hostiles tout en restant fondamentalement pacifique. En effet, fidèle au serment fait à son père, il n’affronte jamais « Ceux-qui-marchent-debout » : ses semblables. Tout en respectant leurs coutumes, Rahan apporte aux hommes ses connaissances nées de son sens aigu de l’observation. Rationaliste, il met à mal les croyances superstitieuses des hordes qu’il croise à force de démonstrations et d’explications. Il finit toujours par convaincre les cupides et les peureux. Ce qui lui vaut souvent la haine des détenteurs du pouvoir : les chefs de clans et les sorciers. Son fidèle coutelas d’ivoire permet à notre héros de sortir vainqueur de ses combats contre les animaux féroces : les « peaux-de-bois » (les crocodiles), les tigres-aux-dents-de-sabre, les « longs-nez » (les rhinocéros), les « longues-crinières » (les lions), les « peaux-tachetées » (les guépards), les « quatre-mains » (les singes), les ours, les buffles etc. Cette arme lui sert également de boussole. En la faisant tourner sur une pierre, elle lui indique la direction à prendre, son destin…

L’album comprend huit histoires qui mettent à l’épreuve l’intelligence, le courage et la force de Rahan. Dans « Les chasseurs de foudre », il enseigne aux membres d’une tribu comment faire du feu avec des silex. Il évite à ces hommes de prélever le feu directement au pied des volcans en éruption ou des arbres foudroyés au péril de leur vie. Dans la même histoire, Rahan invente le système du levier pour sortir de la « prison » où l'a jeté le sorcier de la tribu. Dans « Le retour des Goraks », grâce à un écureuil transpercé par une flèche qui est restée coincée entre deux branches ; notre chasseur invente le… grappin. Découverte qui va révolutionner la vie d’une tribu menacée par des tigres-aux-dents-de-sabre géants. Dans l’histoire suivante, c’est une « poudre-qui-lave » (l’ancêtre du savon) avec ses « larmes-qui-volent » (les bulles) que notre héros découvre par hasard. Il apprend à une tribu terrifiée par l’élément liquide à « ramper-sur-l’eau » (nager). Dans « Les coquillages bleus », en bouchant un lagon infesté de « peaux-bleues » (requins), il rend une matière précieuse, source de conflits entre clans, facilement accessible donc sans valeur. Dans une autre histoire, après avoir frappé d’énervement sa lance contre le fond d’une rivière et l’avoir abimée, Rahan crée involontairement une lance à trois pointes triplement efficace pour pêcher le poisson etc.

A travers ces aventures, les auteurs mettent en avant la tolérance, le respect d'autrui. Cependant, elles n'en demeurent pas moins fantaisistes, éloignées de toute vérité historique.

Les traits et les couleurs sont d'une qualité très variable selon les histoires. Certaines cases d’une grande précision sont magnifiques. D’autres sont plus brouillonnes. Graphiquement, « Les larmes-qui-volent » est mon histoire préférée. Dans l’ensemble, je trouve les dessins de cette intégrale supérieurs à ceux des autres tomes de la série.
 
Ma note : 8/10