mardi 25 mars 2014

Le trou noir

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Le trou noir de Alan Dean Foster

Alan Dean Foster est connu pour avoir écrit les novélisations des trois premiers « Alien ». Ici, il s’agit de l’adaptation littéraire du film « Le trou noir » produit par les Studios Disney, sorti au cinéma en 1980 et rapidement tombé dans l’oubli. 

Un préambule instructif nous rappelle ce qu’est un trou noir. Les premières interrogations scientifiques apparaissent lorsque le Palomino, un vaisseau d’exploration de retour sur Terre, découvre à proximité d’un énorme trou noir, le Cygnus, une ancienne base spatiale. Pourquoi le Cygnus ne subit-il pas l’attraction du trou noir ? Pourquoi n’a-t-il pas répondu à l’ordre de retour sur Terre ? On se croirait dans un ancien épisode de Star Trek. Les personnages de chair ou de métal sont intéressants (notamment le robot Vincent). Il y a un passage sympathique dans une aire de récréation pour robots où Vincent, le modèle perfectionné du Palomino, joue au billard avec ses congénères démodés de la vieille base spatiale. L’intérêt du livre repose sur son suspense. Quel terrible secret cache le prestigieux savant, l'unique survivant du Cygnus ? Quelle est la finalité de ses recherches ? En fait, durant la majeure partie du livre, l’auteur ne s’intéresse pas vraiment au trou noir en soi mais plutôt au comportement étrange du mystérieux scientifique envers ses hôtes et aux motivations qui l’animent. L’horrible vérité sur le sort de l’équipage humain du Cygnus et la nature réelle des robots humanoïdes aux ordres du savant ne sont guère surprenantes. Il s’agit là d’une histoire classique de savant fou. Heureusement, le rythme du récit s’accélère lors du compte à rebours final. Le destin (tragique ?) des protagonistes sur fond de théories scientifiques controversées m’a laissé une bonne impression. Il est tout de même regrettable que l’auteur n’imagine pas le devenir des milliards et des milliards de tonne de matières qui s’engouffrent dans l’immense trou noir (les trous blancs/les univers parallèles). Une suite fantastique à l’aventure aurait été bienvenue. Je suis donc resté sur ma faim.

Ma note : 6/10

vendredi 7 mars 2014

L'Empire contre-attaque

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L'Empire contre-attaque de Donald F. Glut

Cette novélisation de l’épisode V de la saga Star Wars a connu un certain succès aux USA lors de la sortie du film. Du fait de la relative complexité des personnages et de leurs destins croisés, l’histoire se prête bien à une adaptation littéraire. En revanche, la traduction de certains noms est surprenante. Ainsi, un Jedi est un Djédaï (!), R2-D2 devient Hairdeu Dédeu (!!), Chewbacca : Chiktabba et le Faucon Millenium : le Millenium Condor. Evidemment, la trame est fidèle au long-métrage d’Irvin Kershner. Comme dans le film, les héros se séparent momentanément. Luke Skywalker suit sa formation de Chevalier Jedi avec maître Yoda sur Dagobah pendant que la princesse Leia et Han Solo (Yan Solo dans la version française) se rendent sur la planète Bespin pour réparer le Faucon Millenium. Outre les scènes cultes du film (la revanche de l’Empire sur l’Alliance rebelle lors de la célèbre bataille d'Hoth la planète glacée, la tentative de Dark Vador pour attirer Luke Skywalker vers le côté obscur de la Force, leur duel au sabre-laser et la révélation sur leur lien de parenté) ; le livre révèle plus les sentiments qui animent les personnages. Sa lecture n’est donc pas superflue.

Ma note : 7/10
 

Corrida pour une vache folle

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Corrida pour une vache folle de Patrice Dard

Il s’agit de la première aventure de San-Antonio écrite par Patrice Dard, le fils de Frédéric Dard. Le style argotique gentiment vulgaire, les jeux de mots parfois tirés par les cheveux, les métaphores cocasses (« Un haut-le-cœur agite ma boîte à ragoût », « les sacoches à têtards » pour les testicules, « gastro-en-terrine », « De ce site, on jouit d’une vulve imprenable… », « Immédiatement, une odeur de crottin m’assaille (en Kenyan : massaï) », « qui la laisse pantoise comme on dit à Cergy », « nous avons été enchristés », « Le monde est comme les V.T.T. : à multiples vitesses. », « La serveuse fait tellement pute qu’on se demande ce qu’elle fout à la verticale. » etc.), les digressions sur tout et n’importe quoi (tiens, par exemple celle drôlissime concernant l'utilisation du préfixe « sur » dans la langue française), les tirades superfétatoires (« traîner son fardeau, farder un traîneau, se fader une traînée » etc.), les passages sexuels « hénaurmes » (ici le summum est atteint avec la fellation pratiquée par Berthe sur un taureau !), lorsque l’auteur apostrophe le lecteur (« Tu vas m’attendre au chapitre suivant, ou tu restes comme un con sur le quai de l’hagard ? ») : tout est là comme à l’époque de papa. Comme le dit si bien l’auteur : « Tu te croyais débarrassé de moi, vieille canaille ? Mais ton Tonio, c’est un phénix. Il brûle son existence pour renaître dans l’encre des rotatives. Si j’ai lâché la rampe, je n’ai pas lâché la plume. Tu me connais ? C’est par la tringle de devant que j’ai assuré ma postérieurité. » Après le décès de son père, Patrice Dard reprend donc les personnages emblématiques de la série en les faisant évoluer tel le fils de notre policier, Antoine, qui a maintenant vingt-cinq ans et s’avère être un sacré luron.

Dans ce roman, San-Antonio et sa femme Marie-Marie profitent de leurs vacances en Espagne. Chaleur, sexe, tauromachie mais aussi geôles espagnoles, enlèvements, attentat, E.T.A. sont au menu. Bon, l’histoire n’est pas exceptionnelle d’autant que l’auteur fait un long détour gratuit chez les gitans où Berthe pratique la chibromancie (« Je lis dans les veines de la bite comme d’autres dans les lignes de la main, et dans le sperme mieux que dans du marc de café. »). L’intrigue fait du surplace mais l’intérêt n’est pas là. L’auteur comble le vide avec son humour grivois. Malgré quelques termes techniques propres à la tauromachie (pour faire couleur locale), Patrice Dard use et abuse des calembours, des expressions imagées, de l’argot jusqu’à nuire à la compréhension de certains passages. Une fois ça va, deux fois aussi mais en permanence, on se lasse. En voulant respecter l’univers créé par son père, le fils en fait un peu trop sur la forme et pas assez sur le fond… jusqu’à la surprise finale : saugrenue et explosive.

Ma note : 6/10

Les exploits de Quick et Flupke 5

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Les exploits de Quick et Flupke 5 d'Hergé

Restant fidèle à la ligne claire, Hergé a publié à partir de 1930 les premières farces de deux gamins sympathiques, espiègles, frondeurs, curieux, inventifs et bricoleurs mais souvent maladroits. Moins connus que les aventures de Tintin, les gags sans prétention de Quick (le grand brun) et Flupke (le petit blond), deux garnements des Marolles, un quartier populaire de Bruxelles, s’avèrent très amusants. Le duo passe le plus clair de son temps à éviter les multiples pièges des adultes, à déjouer la surveillance de l’Agent 15, un policier plutôt débonnaire. Chacune des petites histoires de ce recueil fait mouche. Voilà une BD qui nous renvoie à une époque où les enfants jouaient dehors avec trois fois rien et ne restaient pas enfermés chez eux les yeux rivés sur un écran…

Ma note : 8/10

Alix l'intrépide

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Alix l'intrépide de Jacques Martin

Dès ce premier album, le contexte historique est fidèlement rendu grâce aux costumes, aux décors et aux paysages bien dessinés. C’est le seul atout que j’ai trouvé à cette BD. Les personnages ont des postures trop rigides. De même, certaines parties de leurs corps sont perfectibles comme les cous légèrement disproportionnés. Mais surtout, il est facile de confondre les protagonistes entre eux à cause de la ressemblance des visages. Ce qui ne simplifie pas la tâche du lecteur pour comprendre l'histoire. Sinon, le style est académique. Ce n’est pas un reproche en soi. Mais les dialogues, les commentaires dans les cases sont envahissants et redondants. D'autant que les dessins détaillés sont suffisamment parlants. Sur le fond, la trame politique s’avère confuse et rébarbative. Pour avoir lu un autre titre un peu plus récent (« Le prince du Nil »), il me semble que les intrigues de palais soient la marque de fabrique de cette saga inusable. Personnellement, je n’accroche pas.
 
Ma note : 4/10

Conan le barbare

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Conan le barbare de Lyon Sprague De Camp et Lin Carter

Après le décès de Robert E. Howard le créateur de Conan, Lyon Sprague de Camp est devenu le plus connu de tous les successeurs qui se sont emparés avec plus ou moins de réussite du personnage emblématique de l’heroic fantasy. L’héritier autoproclamé a même réécrit en profondeur certains textes originaux. On peut rester perplexe sur l’honnêteté du procédé. Cependant, « Conan le barbare » écrit avec Lin Carter et publié en 1981, ne comprend pas de textes de Robert E. Howard. Ce roman a inspiré le célèbre film de John Milius avec Arnold Schwarzenegger. On y suit Conan le Cimmérien dans sa quête initiatique pour retrouver l’épée jadis forgée par son père. Accompagné d’un guerrier rusé et d’une belle voleuse, il lui faut vaincre des Trolls et les serviteurs fanatiques de l’infâme culte de Seth, le dieu-serpent. Je me suis laissé porter par l’aventure sans effort d’autant qu'elle est plutôt bien écrite. De quoi donner envie de se plonger dans les nouvelles de Robert E. Howard écrites dans les années 30.

« Dans ces contrées vint Conan le Cimmérien… Dans ses veines, coulait le sang de l’Atlantide engloutie par les mers huit mille ans avant sa naissance. »
 
Ma note : 8/10