lundi 25 novembre 2013

L'attaque des Titans 1


couverture

L'Attaque des Titans T01 de Hajime Isayama

Nourri aux BD occidentales et plutôt réticent envers les mangas, j’ai fini par sauter le pas avec ce premier volume de « L’attaque des Titans » du mangaka (auteur de manga) Hajime Isayama. Pour les novices comme moi, la prise en main est assez déroutante. Comme pour la presque totalité des mangas publiés en France, le sens de lecture japonais est respecté. Ainsi, le livre se lit de droite à gauche. On commence par la dernière page (qui est en fait la première) et on lit les pages en commençant en haut à droite. Les dessins sont en noir et blanc, les traits épais. Moi qui suis attaché à la présentation, j’aime dans ces publications le format de poche, la couverture doublée d'une protection glacée et les feuilles épaisses. La présente série est actuellement composée de onze volumes. Mais comme les mangas s’écrivent en fonction de l’accueil du public ; bien malin qui dira quand elle s’arrêtera précisément. L’auteur évoque une vingtaine d’épisodes...

Cette BD est classée shōnen, c'est-à-dire ciblée pour « jeunes garçons ». Pourtant, l’histoire m’a frappé par sa noirceur et son pessimisme. Elle est entrecoupée de flash-back poignants. Le découpage est très cinématographique. Cet aspect est renforcé par la construction des dessins : les effets de plongée et de contre-plongée, les gros plans sur les yeux, les expressions des visages… Une seule scène d’action peut prendre plusieurs pages car dessinée sous tous les angles. Cela n’empêche pas les longs dialogues un peu plus loin. Visuellement, la position de certaines cases et quelques dessins peuvent paraître confus pour les non-initiés.

Il est ici question d’un monde dominé par les Titans, des êtres gigantesques, d'une quinzaine de mètres environ. Leur unique activité est de manger les humains. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? A ce stade de la série, on ne le sait pas (et l’auteur peut-être pas davantage…). Les humains survivants ont dû se réfugier derrière des murailles pour ne pas être croqués par les monstres. Seules les patrouilles d’exploration s’aventurent à l’extérieur pour combattre les Titans. A chaque fois, cela se solde par des sacrifices inutiles et lors du retour par les hurlements des mères. La BD commence par l’apparition d’un Titan colossal de plus de cinquante mètres, après une accalmie d’un siècle, les survivants étant jusqu’alors protégés par leurs hautes murailles. Eren, un jeune garçon qui rêve de rejoindre le bataillon d’exploration perd sa mère dans la gueule d’un Titan. Après cinq nouvelles années de tranquillité, Eren et sa sœur adoptive Mikasa ont achevé leur formation. Ayant terminé parmi les meilleurs, ils sont destinés aux « Brigades spéciales » près du centre donc planqués. Mais Eren veut toujours intégrer le « Bataillon d’exploration » avec le projet fou de reconquérir les territoires aux Titans. Le récit explore de nombreuses pistes sans pour l’instant donner de réponse : le rôle protecteur de Mikasa à l'égard d'Eren, les expériences du père de ce dernier et sa mystérieuse disparition, le monde inconnu au-delà des murailles, les pouvoirs des Titans…

Quelques notes d’information s’intercalent à l’histoire et viennent enrichir le contexte. C’est le cas par exemple des explications sur le système de défense de la population humaine avec les murs successifs entourant la ville. En effet, une zone conquise par les Titans suite à une brèche dans la muraille est abandonnée. Les humains sont condamnés à se retrancher derrière le mur précédent et ainsi de suite. L'espace vital ne cesse donc de diminuer pour les survivants. Bien sûr, on pense ici aux contraintes géographiques propres au "pays du soleil levant".

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour entrer dans l’histoire. Mais la destinée des personnages dans cet univers désespérant et violent m’a convaincu. Les scènes où les proches du héros se font croquer par les Titans sont horribles, limite obscènes. Dans les dernières planches, l’auteur s’est appliqué à anéantir de façon brutale le mince espoir que représentait le jeune héros dans cet océan de désolation. Pour mieux repartir dans le second volume peut-être ? Arrivé à ce niveau, impossible de ne pas enchaîner sur le deuxième épisode qui je l’espère répondra en partie à mes nombreuses interrogations.

Ma note : 8/10

lundi 4 novembre 2013

Best of Gaston : Gaffes au volant

couverture


Best of Gaston : Gaffes au volant de André Franquin

Danger de la route

Ce best of est composé d’une sélection de gags extraits des numéros 5 à 17 de la série des « Gaston ». Comme l’indique son titre, le fil entre les histoires est l’automobile de notre employé de bureau : une Fiat 509 des années 20. Elle est présente tout le long de l’album. La chronologie est respectée. Dès la première histoire, Gaston annonce à Fantasio l’acquisition de la « bête ». Dans la seconde, il lui donne un aspect sportif à l’aide de grilles de mots croisés ! Si la conduite de Gaston est assez spéciale ; il arrive toujours à destination… même sur le toit ! Les gags font tous au moins sourire. Au hasard de l’album, on trouve quelques pépites. Comme page 5 : Franquin à Lagaffe « Jamais vous n’avez fait une moyenne aussi remarquable, Gaston… C’est bien simple : nous suivons depuis deux heures une Morris Cooper. Elle n’a pas gagné un pouce sur nous ! Et cependant, j’éprouve une sensation de sécurité inhabituelle… ». Un plan large nous explique le pourquoi du comment. Très drôle ! Naturellement, l’agent de police Longtarin est en première ligne. Son intégrité physique est parfois mise à rude épreuve. Excès de lenteur, problèmes d’orientation, de stationnement, améliorations techniques surprenantes (dont un perroquet en guise d’avertisseur sonore), conduite (sportive) par tout temps, explosions et fumées à faire bondir les écologistes sont au programme. 

Même les dessins des histoires plus anciennes d'une demi-page avec Fantasio sont réussis. Cette bonne impression est renforcée par la qualité de la présente édition (papier légèrement glacé, couleurs vives). Mais, je trouve toujours les péripéties de la période Prunelle plus riches (avec Jules-de-chez-Smith-en-face, Bertrand Labévue, le dessinateur Yves Lebrac, Mademoiselle Jeanne, M. De Mesmaeker, etc.) que celles de l'époque Fantasio. 

Bref, cet album reconstitué se lit avec plaisir grâce à ses situations déjantées et variées.
 
Ma note : 8/10