samedi 14 avril 2012

Horreurs mentales

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Horreurs mentales de Bruce Jones



Cartésiens s’abstenir

Tarotown est une ville étrange, à commencer par ses habitantes, toutes jeunes et belles. C’est là qu’un jeune couple de Noirs achète la maison de leur rêve à un prix dérisoire. L’agent immobilier du coin est un bien curieux personnage qui déclare d’emblée vendre ses biens immobiliers à la tête du client car il n'y a pas que l’argent dans la vie (?). Bien sûr, la maison est hantée et recèle un terrible secret : la disparition des précédents propriétaires dans de curieuses circonstances…

Au début, « Horreurs mentales » (« Tarotown » - 1982) semble n’être qu’une histoire de maison hantée de plus. Mais, rapidement le récit change de thème et devient plus complexe et original. En effet, aux cauchemars et autres hallucinations, dominés par les premiers émois, les fantasmes sexuels, l’homosexualité refoulée des habitantes, vient s’ajouter une confrontation entre voyants doués de pouvoirs mentaux hors du commun.

Une personne à Tarotown est capable de prendre le contrôle de l’esprit d’autrui, de transformer ses rêves en cauchemars et même de tuer les gêneurs.

L’explication finale « à la Hercule Poirot » lève le voile sur toutes les zones d’ombre : l’identité du/des assassins, le mobile des crimes (un peu faible) et le mode opératoire (invraisemblable).

Ce roman mêle habilement érotisme et gore, réalité et cauchemars, voyance et télépathie. Il plaira aux lecteurs qui ne seront pas rebutés par son étrangeté.

Ma note : 7/10

Le retour des morts vivants

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Le retour des morts vivants de John A. Russo

Dommage collatéral

Ce roman est la dernière novélisation de la trilogie des morts-vivants publiée dans la collection Gore. Comme sur le film « La nuit des morts-vivants », John Russo revient en tant que co-scénariste sur « Le retour des morts-vivants » réalisé par Dan O’Bannon en 1985.

Le ton volontairement parodique et révolutionnaire de ce volet (les morts-vivants courent et parlent) a déçu les puristes. Personnellement, j’ai beaucoup aimé.

Tout commence par une maladresse lourde de conséquences. Des fûts stockés clandestinement par l’Armée, un nuage toxique, une pluie malvenue sur la morgue et le cimetière proche font le malheur d’une bande de punks puis des habitants des alentours.

A la fin du récit, l’intervention de l'Armée (qui mérite ici son surnom de grande muette) fait sourire.

Naturellement, dans cette version écrite, il manque la bande son du film, très Rock'n'roll (
« Surfin' Dead »  des Cramps).

Ma note : 7/10

Le réveil des morts vivants

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Le réveil des morts vivants de John A. Russo

Une suite effrayante

John Russo (co-scénariste avec G.A. Romero du film « La nuit des morts-vivants ») a écrit cette suite qui n’a jamais vu le jour sous forme cinématographique à cause d’un différent entre les deux hommes. De son côté, G.A. Romero a réalisé en 1978 sa propre suite : le célèbre film « Zombie » avec en filigrane une critique de notre société de consommation. Bien que différent, ce livre est néanmoins une réussite.

Pour une raison mystérieuse, les personnes décédées récemment reviennent à la vie. Il est inutile de communiquer avec elles. Généralement plus faibles qu’un adulte, ces êtres semblent dénués d’intelligence mais capable de gestes simples comme tenir un gourdin. Ils sont guidés par l’instinct de se nourrir... de chair humaine. Notre seule chance est de les détruire (les brûler, les découper ou leur tirer une balle dans la tête). Isolés ou en groupes, les morts-vivants envahissent les villes et les campagnes...

L'auteur insiste sur les travers du genre humain face au danger (l’individualisme, la bêtise…). « Le réveil des morts-vivants » aurait fait un très bon film.

Ma note : 8/10

La nuit des vers voraces

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La nuit des vers voraces de John Halkin


Idée fixe

« La nuit des vers voraces » (« Slither » - 1980) fait partie de la dizaine d’histoires (souvent anglo-saxonnes) de bestioles hypertrophiées et sanguinaires publiées dans la collection Gore.

Matt, opérateur à la télévision est attaqué par des vers (en fait des reptiles sans pattes), dotés de dents acérées, lors d’un reportage dans les égouts de Londres. Il s’en sort vivant mais amputé et défiguré. Le récit tourne autour de son obsession pour les vers qui n’est pas sans rappeler celle du capitaine Achab dans « Moby Dick ». Malheureusement, cet aspect du livre manque de subtilité. Il en est de même concernant la description que fait l’auteur du monde des médias avec ses journalistes prêts à tout pour un scoop au détriment de la vie humaine.

Ici, pas d’invasion de grande ampleur. Par contre, on suit Matt dans sa tentative d’élever des vers pour en faire le commerce de peaux (?). Deux ou trois personnes dévorées vivantes donnent lieu à quelques passages très gore. Mais la plupart du temps les attaques des vers ne sont pas crédibles et les réactions des futures victimes trop passives.

Dans le même genre, la collection Gore propose mieux (« La mort visqueuse » 1 et 2).

Ma note : 5/10

Les griffes de la mort


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Les griffes de la mort de Michael Wolfitt

Gentil minou

« Les griffes de la mort » (« Night-Shriek » - 1983) est le seul roman de l’anglais Michael Wolfitt publié dans la collection Gore. Ce livre plaira aux amis des bêtes et plus particulièrement des chats. En effet, le petit félin occupe une place de choix dans cette histoire Fantastique. L'action se déroule à notre époque en Angleterre mais elle trouve ses racines dans la mythologie égyptienne.

Roger et sa femme enceinte, Hilary, sont victimes d’un accident de la route. Arrivée à l’hôpital, une voix qui s'exprime dans une langue étrangère recommande à Hilary de préserver son enfant, d'empêcher « les autres » de le tuer. Mais, la jeune femme perd son bébé, en fait une chose monstrueuse mi-humaine, mi-animale (chat ?), en accouchant.

A partir de ce moment-là, d’étranges phénomènes se manifestent. Le fœtus conservé par le Docteur Willis disparaît de l’hôpital. La peur gagne le médecin. Il fait des cauchemars et se sent épié par les chats qu’il croise. Bientôt des crimes horribles frappent tous les acteurs de l’accouchement.

Les relations entre Hilary et Roger se dégradent. Hilary a besoin d’indépendance. Le Docteur Willis lui a annoncé qu’elle ne pourra plus avoir d’enfant. Pourtant, inconsciemment, elle est persuadée du contraire. Roger semble avoir un rôle à jouer dans cette future naissance…

Une nuit, Roger est choqué pendant l’acte sexuel par sa femme qu’il compare à un animal en chaleur. Quand Hilary entre dans une animalerie les chats sont déchaînés. Et elle erre de plus en plus toute seule la nuit.

Roger empoisonne le chat (Râ) qu’Hilary a ramené dont ne sait d'où. Griffé à la main, Roger voit son corps et son esprit se transformer. Il commet alors des actes irrésistibles et humiliants (le vol d’une cuisse de poulet dans l’assiette de sa femme, le poisson dévoré dans la poubelle des voisins).

Le livre se termine par une plongée dans l'Egypte des pharaons, en compagnie de Bast la déesse mi-humaine, mi-animale et Râ, le Dieu-Roi. C'est là que l’histoire trouve toute son explication.

Le récit, bien ficelé, reste assez classique (à l’exception du dénouement). Mais l’atmosphère oppressante, le mystère et le suspense crescendo font de ce livre un roman Gore intéressant et angoissant. Seuls les amateurs de scènes débordantes d’hémoglobine à chaque page seront déçus.

Ma note : 7/10

Ordinator-Labyrinthus

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Ordinator-Labyrinthus d'André Caroff

Au cœur de la machine

Dans les années 80, l’écrivain français André Caroff (de son vrai nom André Carpouzis) a publié une série policière futuriste comprenant huit romans : « Ordinator-Labyrinthus », « Ordinator-Macchabées », « Ordinator-Phantastikos », « Ordinator-Erôtikos », « Ordinator-Criminalis », « Ordinator-Ocularis », « Ordinator-Craignos » et enfin « Ordinator-Rapidos ». Ouf ! Ces aventures se situent en l’an 2300, dans un monde totalement informatisé.

Avec « Ordinator-Labyrinthus », nous découvrons le duo récurrent de la série : le policier Abel 6666.4bis-AG (6666 pour le QI et AG pour Agent du Gouvernement), véritable héros national, ainsi que son microprocesseur portatif TZO 88952 dit Babar.

Abel et Babar sont confrontés à l’hyperordinateur Attila, devenu incontrôlable, qui étend son territoire sur 90 km carrés (?). « D’une part était la Cité, avec sa bande de circulation, ses maisons-bulles, ses tours, son béton. De l’autre s’étalait le monstrueux Attila, son métal, ses voies télescopiques, ses passerelles, ses plateformes, les téléopérateurs téléguidés sans cesse en mouvement, des bruits de machines, des ronflements de moteurs. Attila perçait ses trous, ajustait ses connexions, rebouchait, construisait par-dessus en tenant la Cité sous la menace des armes lourdes sorties de ses arsenaux. »

Abel et Babar vont tenter de détruire la mémoire centrale de l’hyperordinateur en pénétrant dans le labyrinthe que constitue ses branchements et circuits. Mais ils doivent faire face à de nombreux pièges et ennemis plus surprenants les uns que les autres…

Et si en réalité Attila était manipulé par un être humain dans le but d’asservir la Cité ? Un homme très influent au sein même du Gouvernement…

Ce livre vaut surtout pour ses personnages sympathiques. Les dialogues entre Abel et Babar (avec son langage familier) sont drôles. Il y a également quelques détails futuristes intéressants : les noms avec les QI (les tueurs sont dans les 1000, les scientifiques plus de 9000, etc.), la Seine détournée et la Tour Eiffel en pièces détachées...

Pour le reste, la qualité de l’écriture est moyenne et l’histoire assez convenue. De même, les rats télépathes et les êtres humains télécommandés par Attila sont peu crédibles.

Voilà de la SF facilement accessible mais qui ne sort pas du lot des très nombreux romans publiés dans la défunte collection « Anticipation ».

Ma note : 6/10

Extermination

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Extermination d'André Caroff


Le poids du passé

« Extermination » est l’unique livre d’André Caroff publié dans la collection Gore. Cet auteur français, très prolifique et populaire, bien connu des amateurs de SF signe là un roman Gore de très grande qualité.

Dès le prologue, le lecteur est plongé dans l’horreur du camp d’extermination allemand de Friedhausen en décembre 1944 :

« Mais ici, à Friedhausen, la mort était au bout d’un soupir, d’un geste de trop, d’un regard plus appuyé que d’habitude ou, tout bêtement, d’une saute d’humeur chez le sinistre Kommandoführer Steinbauer… ».

Dans ce camp oublié de tous, près de la moitié des cinq mille prisonniers sont déjà morts. Sentant le vent tourner, les nazis massacrent précipitamment tous les survivants avant l’arrivée des Alliés. Le camp est rasé. Seul subsiste au milieu du carnage un mystérieux rocher en forme d’enclume. Ce météore était là avant la construction du camp et restera bien après sa destruction. C’est devant celui-ci que Moïse Katz, un diamantaire juif, est tué d’une balle dans la tête par le Kommandoführer Steinbauer.

De nos jours en Allemagne, sur les lieux où se trouvait le camp de Friedhausen, vivent des descendants de nazis dans un lotissement tout neuf, « La résidence de l’Enclume » du nom du météore. Une des résidentes, Margarete Muller est témoin depuis quelques temps de phénomènes étranges. Elle entend les bruits d’une troupe en marche et des ordres claquer (« Halt ! ») dans la rue déserte. Elle est victime d’hallucinations. L’ombre de sa fille, Steffi, correspond à quelqu’un de plus grand, portant une casquette à visière cirée noire et un pantalon enfilé dans des bottes. L'adolescente, délurée et manipulatrice, a des crises de somnambulisme. Ainsi, elle est retrouvée par ses parents endormie en chien de fusil sur l'étagère du haut de la penderie comme une prisonnière. Peter Muller, le mari, sent une odeur de cadavre dans la maison…

Le passé ressurgît et la famille Muller est au premier plan. Ce qui peut s’expliquer :

« Elle (Margarete Muller) était trop timide. Sa discrétion avait tout du syndrome congénital. Dans sa famille, son nom de jeune fille était Steinbauer, on ne disait jamais rien à temps. Comme si les Steinbauer étaient moins méritants que les autres, ou qu’ils aient quelque chose à se reprocher… ».

Dans le même lotissement vivent David Katz et sa famille. Ces temps-ci, David rêve de son grand-père Moïse…

Voilà le début de cet excellent roman qui aurait mérité une réédition. Il est dommage qu’à l’époque André Caroff n’ait pas récidivé dans cette collection.

Ma note : 9/10

L'éventreur

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L'éventreur de William Dobson

Apparences trompeuses

« L’éventreur » (« The Ripper » - 1981) est le seul roman de l’anglais William Dobson publié dans la collection Gore. A première vue rien de transcendant dans ce livre :

- Une histoire à priori d’une banalité désespérante. Un maniaque massacre à coups de couteau plusieurs victimes dans le Londres actuel, une histoire qui rappelle celle tristement célèbre d'un certain Jack l'Eventreur qui en avait fait autant un siècle plus tôt.

- Une couverture signée Marié dont la qualité se situe entre les illustrations, souvent excellentes, de Dugévoy et celles, assez mauvaises, de Topor. On notera la ressemblance entre le tueur et le Freddy Krueger des films (pourtant sans rapport avec ce livre).

Néanmoins, force est de reconnaître que l’histoire est bien construite. Elle est entrecoupée de soliloques de l'assassin qui nous révèlent ses états d'âme et ses conflits intérieurs. Ces soliloques, qui rompent la trame du récit, constituent sans doute l'un des points forts de ce livre, tant la dimension psychologique y est particulièrement intense.

L’auteur prend le temps de décrire la vie des victimes avant leur assassinat. Le lecteur a ainsi l’impression de lire plusieurs petites histoires, toutes intéressantes.

Le détective privé Jack Shepard essaie de trouver un élément qui relie les victimes. Mais tout semble les séparer (sexe, âge, milieu social). Et pourtant…

La chute finale concernant l’identité de l’assassin est très inattendue. Plus qu’un simple roman Gore, « L’éventreur » est un bon roman policier.

Ma note : 7/10

Carnaval des Vampires

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Carnaval des Vampires de Frank Henry

« Virus Carnaval »

Carnaval : le « jour des Fous » de l’ancien temps, la fête sauvage, le sabbat, défoulement où l’on perd tout, la dignité, la boule, et même, parfois, la vie !...

A quelques heures du Carnaval de Nice : deux macchabées, la gorge tranchée, l’un vidé de son sang et l’autre saignant encore. Ce dernier disparaît…

Catherine, une scientifique déchue, est sujette à des rêves prémonitoires depuis son enfance. Il s’agit plutôt de cauchemars car tous annoncent des accidents ou des décès, rien de positif. Mais cette fois-ci c’est l’humanité qui semble menacée...

Une épidémie se propage alors que le Carnaval de Nice bat son plein. Catherine connaît l’horrible vérité grâce à ses visions. Le phénomène qui s’apparente au vampirisme a pris naissance dans l’arrière-pays. C’est un virus ou une bactérie qui a muté. Ceux qui sont atteints ont besoin de se rassasier de sang humain. Certaines victimes meurent vidées de leur sang. Les autres, moribondes, grossissent les rangs des contaminés. Les autorités sont débordées par ces « morts-vivants » de plus en plus organisés. Est-il encore temps pour Catherine de trouver un remède ?

Plusieurs fois dans le récit, l’auteur adopte un point de vue original en plaçant le lecteur dans la peau d’un animal (chien, pigeon ou mouette), témoin privilégié du carnage. Ainsi, à la fin du premier chapitre, on peut lire : « Et pourtant, s’ils avaient su parler, que de réponses auraient-ils pu fournir aux malheureux humains pataugeant dans la boue et l’incertitude. S’ils pouvaient parler, quelles abominations ils éviteraient à ces bipèdes qui allaient bientôt plonger dans l’horreur ! Mais si le chien et le pigeon avaient pu parler, cela aurait été une tout autre histoire… ».

L'auteur dresse une description précise de la ville de Nice (ses rues et monuments). Les niçois apprécieront.

L’humour est présent avec des clins d’œil cinématographiques (« La nuit des morts-vivants », « Le cauchemar de Dracula »). Mais aussi dans quelques passages : « Ceux-ci portaient des masques parfaitement repoussants : Frankenstein, Dracula, Gremlin, Loup-garou, Khomeiny, Le Pen, d’autres encore, tous horribles. »

Ce qui arrive à la petite famille de Catherine apporte une touche d’émotion (ses enfants à la fin du récit…).

Malgré un sujet à priori banal, Franck Henry s’en tire très bien. Son écriture précise et agréable à lire fait de ce « Carnaval des Vampires » un bon roman Gore. On peut juste regretter une invraisemblance de taille : Catherine qui découvre le virus puis recherche un antidote, toute seule, dans son laboratoire personnel.

Ma note : 7/10

Rêve de chair

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Rêve de chair de Jacques Barbéri, Emmanuel Jouanne


Spécialités chinoises

Jacques Barbéri et Emmanuel Jouanne, deux écrivains français de SF, se sont associés pour écrire leur unique roman dans la collection Gore. Le ton volontairement loufoque de « Rêve de chair » ne plaira pas à tous et notamment aux amateurs d’un gore pur et dur. Personnellement, j’ai plutôt aimé ce roman Gore. Même si le trop grand nombre de personnages rend le récit confus.

Herb Duncan collectionne les puzzles et se porte acquéreur de la dépouille momifiée de Huang Kong Ten, victime près de trois siècles auparavant du supplice des cent morceaux (Leng-Tch’e). Huang Kong Ten était le Grand Cuisinier de l’empereur Li Chao-Kiun. Herb Duncan reconstitue donc son corps et réussit, grâce à une substance de son invention, à lui redonner vie. Un détail comique : Duncan a interverti les pieds de Huang Kon Ten en le remontant. Mais sa créature l'assomme et lui fait subir à son tour le supplice à l'aide d'un grand couteau à viande. La découverte de notre civilisation par Huang Kon Ten (la pollution, les voitures, le bruit, etc.) donne lieu à des passages cocasses. La momie finit par reprendre son ancien métier en ouvrant un restaurant chinois. Au menu, le chef propose des rats bouillis et pelés, des saucisses de chien, des salades aux oreilles de chat mais aussi des cervelles de singes vivants et pire encore…

Parallèlement, Michael, un jeune chercheur, bricole en secret, à la limite de la légalité, des cadavres afin de percer le mystère de la résurrection. Il lui manque la formule permettant de réussir ses greffes. Formule que détenait le défunt Herb Duncan. Voilà donc Michael sur les traces de Huang Kon Ten dont les meurtres rituels (les victimes des temps modernes ne savent pas apprécier cet honneur) défrayent la chronique.

La petite amie de Michael, une journaliste, enquête sur ses activités. Pour corser le tout, la secte des adorateurs de Li Chao-Kiun est aussi à la poursuite de Huang Kong Ten.

Ma note : 6/10

Piège à Djakarta

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Piège à Djakarta de Mort Humann



Pas terrible

« Piège à Djakarta » est le troisième et dernier roman signé Mort Humann dans la collection Gore.

L'ingénieur Yan Croley doit rejoindre un chantier en Australie. Lors de son escale à l’aéroport de Djakarta, il capte le regard paniqué d’une jeune femme. Avec son compagnon, c'est un couple qui semble totalement désœuvré. Croley leur donne de l’argent pour qu’ils puissent se loger dans un hôtel. Mais la fille est sujette à des crises de folie furieuse. De plus, les deux jeunes gens sont poursuivis par des personnes peu recommandables.

Que lui a-t-il pris de s’occuper d’eux ? Bon, c’est vrai qu’il a lui-même connu par le passé des périodes difficiles. Mais de là à se mettre dans un tel pétrin ! En croyant avoir affaire à une sombre histoire de trafic de drogue, notre ingénieur est loin de la vérité…

Les premiers chapitres m’ont intrigué (qui sont ces deux paumés ?, que craignent-ils ?). Malheureusement, les péripéties de Yan Croley à Djakarta sont ennuyantes. La trop longue poursuite dans les rues de la capitale ne fait pas avancer le récit. Les réponses aux interrogations du lecteur sont décevantes. La fin du livre est bâclée. Voire ridicule lorsqu’elle mélange chirurgie plastique « à l’envers » et snuff movie.

Seul point positif de ce roman Gore : les cogitations du personnage principal. C’est peu.

Ma note : 4/10

Horrific Party

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Horrific Party de Mort Humann



N’importe quoi !

« Horrific Party » est le second roman signé Mort Humann dans la collection Gore. Après l'Australie, l'auteur nous entraîne, cette fois-ci, au Mexique. Plus précisément à Chignahuapan, « un village pourri dans un pays pourri », selon le personnage principal, Arthur Rash. Il est venu dans ce trou perdu, supporter la chaleur intenable, la saleté, les cafards et les gosses qui jouent au football avec une boîte de conserve, pour trouver l’inspiration nécessaire à l’écriture de son prochain roman. Mais, notre auteur se trouve coincé après le vol de ses papiers et cartes de paiement. Obligé de demander de l’argent à Billy/Silly Mark, son éditeur/correcteur et pour cela d’attendre la tournée bimestrielle du facteur, il décide de commencer à travailler sur place. Entre deux verres de Tequila, Arthur enrage. Pour se calmer, il goûte au Peyotl, un cactus sans épine. Infect au début, avec ses grains de sable qui croquent entre les dents, le Peyotl s’avère acceptable à la longue et l’aide à patienter. Mais attention aux effets hallucinogènes…

A partir du deuxième chapitre, c’est du grand délire jusqu’à la fin. Arthur parle au cochon qui se trouve dans la pièce où il écrit. Il rencontre le personnage de son livre, Eve, une jeune ethnologue sexy. Son éditeur Billy/Silly Mark, devenu « Sa Majesté », le temps d’un délire, apparaît également. Afin de garder la maîtrise de son livre, Arthur découpe le corps de « Sa Majesté » du tranchant de la main (?). Les gamins du village utilisent la tête, qui ne cesse de jurer, pour jouer au football. Puis, Rash retire l’anus du corps de l’éditeur en constatant que celui-ci parle avec son cul (??). Ensuite, pendant de trop longues pages, Arthur et Eve s’évertuent à reconstituer le corps de « Sa Majesté » en fixant les morceaux avec un manche à balai (toujours sous les sarcasmes dudit éditeur). Une fois reconstitué, Billy/Silly Mark transforme, pour se venger, l’héroïne en pute (devenue entre temps médecin puis Sœur) et la prénomme Lucette. L'éditeur prend le contrôle du roman. Va-t-il mettre sa menace à exécution ? A savoir, faire cracher du foutre par le volcan Popocatepetl, noyer la région sous des mètres de sperme et ensevelir la population sous des tonnes d’excréments…

En plus d’être d’une bêtise incommensurable, le récit tourne en rond, sans but, laissant le pauvre lecteur totalement incrédule devant tant d’absurdités.

Difficile de croire qu’il s’agisse de l’auteur de l’excellent « Fantôme de feu » aux commandes de ce présent roman. Mort Humann l'aurait-il écrit dans un état second, sous l’emprise de produits stupéfiants ? S’il s’agit d’une allégorie sur les relations parfois conflictuelles entre un écrivain et son éditeur, c’est raté. Selon moi, c’est un très mauvais roman Gore.

Ma note : 2/10

Fantôme de feu

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Fantôme de feu de Mort Humann


Aborigène vs fermiers blancs

« Fantôme de feu » est le premier des trois romans signés Mort Humann dans la collection Gore. L'auteur fait voyager le lecteur en situant son récit dans les exploitations australiennes de canne à sucre.

Jedy, un aborigène, a perdu sa femme et son fils dans un accident de la route. Le pick-up que conduisait sa femme a pris feu après avoir été percuté par un autre véhicule. Jedy a assisté à la lente agonie des deux êtres qu’il aimait le plus au monde derrière la portière bloquée du pick-up. Tout ça par la faute d’un gros fermier blanc complètement saoul. Le comble est que ce dernier n’a cessé d’insulter sa femme et son fils de « Sacré cochon de fils de pute ! » pendant qu’ils brûlaient vifs et se transformaient en carcasses carbonisées !

Pas étonnant que ça ne tourne plus rond dans la tête de Jedy. La seule raison de vivre de ce docile ouvrier agricole est désormais de réduire les fermiers blancs de la région « en bonhommes de charbon de bois », les corps condensés des trois-quarts comme ceux de sa femme et son fils.

Comment se fait-il que Jedy puisse laisser les inscriptions DRUNKED PIG un peu partout, lui qui n’a jamais su écrire ? Par contre, sa femme était cultivée pour une aborigène : elle savait lire et écrire. Est-il devenu fou ou possédé par le fantôme de sa femme ?

Avec des chasseurs de chevaux (armés de fusils à lunettes) embarqués dans deux hélicoptères, une trentaine de policiers et un fantôme (?) dans les champs, la saison de la coupe de la canne à sucre risque d’être compromise…

Voilà un roman Gore très intéressant qui suscite un début de réflexion (ce qui est plutôt rare dans la collection) en dénonçant le racisme récurrent subi par les aborigènes. Bien sûr, les traits sont forcés mais pour ce genre de littérature, c’est déjà un plus.

« Avec les deux du pick-up, ça fait trois qui grillent en trois jours… Tom Orbron se racla la gorge d’un air dégoûté. Dans le pick-up c’était des natives. Dans son esprit, cela signifiait que deux plus un, cela ne faisait pas trois... ».

« Il en voulait au fermier de n’avoir rien fait pour l’aborigène. Après tout, il la sautait depuis dix ans… C’est vrai qu’Anna n’était qu’une native. Pour la baise, c’est mieux qu’une chèvre. Pour la compagnie, c’est moins qu’un chien… ».

La vie des gros fermiers australiens, leur amour de la bière et du rhum, leur mentalité, leurs relations avec les autochtones, le travail risqué des coupeurs (surtout italiens) dans les cultures, le feu (la nuit) avec ses veilleurs chargés de surveiller sa propagation, se précipitant avec des sacs pour éteindre les brandons isolés et éviter un embrasement général m’ont passionné.

« Dans les deux premières secondes, un coup de sac suffisait pour écraser un tison. Après dix secondes, c’était cent coups de sac. Après une minute, c’était fini. Il n’y avait plus qu’à courir se réfugier sur la piste sous peine de se faire déborder par le feu… ».

« Fantôme de feu » est tout simplement l’un de mes romans Gore préférés.


Ma note: 9/10

La galerie des horreurs

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La galerie des horreurs de Patrice Lamare

Esthète et assassin

Patrice Lamare s’en sort plus qu’honorablement avec son unique livre publié dans la collection Gore. Ce roman rappelle « Colore-moi rouge sang » de H.G. Lewis, le pionnier du genre, dans la même collection (comparaison flatteuse pour notre français).

Ugo Lugosi (?) est un artiste d’un genre particulier. En effet, il utilise des outils peu communs pour travailler sa matière première (explosifs, tronçonneuse, hache, etc.). Véritable criminel, il attire avec l’aide de son chauffeur, Bela Batori (?), des femmes seules ou des couples dans sa luxueuse demeure. Le lieu dispose d’une succession de cinq pièces carrelées du sol au plafond. Chacune de ces pièces accueille une œuvre de l’artiste : par exemple dans la première, Ugo a fait exploser le corps d’une étudiante après avoir introduit des bâtons de dynamite dans ses orifices les plus intimes. Après la déflagration, la salle est maculée d’hémoglobine, de viscères et de débris d’os. Quelques retouches suivant l’inspiration du moment et l’œuvre est terminée.

Face à Ugo Lugosi se dresse l’inspecteur Henri Serdan, un flic désabusé dont la seule ambition est d’atteindre la retraite sans encombre. Il mène l’enquête sur la disparition d’une des victimes de l’artiste dément. Si la hantise de Serdan a toujours été de prendre une balle perdue, le bonhomme est néanmoins un fonctionnaire méticuleux et patient…

Le point fort du livre se situe à la fin avec le vernissage de la première et dernière exposition d’Ugo Lugosi. Pour l’évènement, l’artiste organise une garden-party avec plus d’une centaine d’invités, principalement des critiques d’art mais aussi l’inspecteur Serdan. Les œuvres, « Les cinq actes de l’Art », avec dans l’ordre de présentation : « Acte 5 : Brisures », « Acte 4 : Les yeux sans visage », « Acte 3 : Mobile », « Acte 2 : Lisse » et « Acte 1 : La femme éclatée » vont surprendre même les spectateurs les plus blasés. Ugo Lugosi a également prévu de quitter la scène de façon mémorable avec son « Acte Final : Séparation »…

L’auteur décrit très bien la folie de l’artiste et sa vision très personnelle de l’Art. Son détachement durant l’exécution de ses œuvres fait froid dans le dos. A noter que seuls les lecteurs les plus endurcis pourront supporter l’apothéose finale.

Ma note : 7/10

Musée des horreurs

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Musée des horreurs de S.K. Sheldon


Un Gore au féminin

« Musée des horreurs » est l’unique roman signé S.K. Sheldon publié dans la collection Gore. Contrairement aux apparences, derrière ce pseudonyme se cache en réalité une française : Elisabeth Campos, avocate mais aussi critique spécialisée dans le Fantastique.

« Le Musée de l’Incroyable », au triste passé, ouvre à nouveau ses portes dans une petite ville. La police enquête sur les disparitions qui se multiplient aux abords du musée. Les habitants du quartier sont effrayés. Des sorciers ressuscités ont pris possession des lieux. En échange de leur résurrection, ils doivent assassiner des gens en guise de sacrifice. Leurs invocations ont ramené dans notre monde un meurtrier tristement célèbre. Ainsi, une prostituée puis un collégien sont les premières victimes malheureuses d’un Jack l’Eventreur plus en forme que jamais...

Bien qu’écrit par une femme, ce livre contient de nombreuses scènes gore et sexuelles particulièrement violentes. Les amateurs ne se sentiront pas lésés. En revanche, je n’ai pas été convaincu par cette histoire de forces occultes. J’ai l’impression que la sorcellerie n’est qu’un prétexte à toutes les excentricités. J’ai regretté également les personnages trop stéréotypés (le macho, la fille facile, le journaliste obsédé par un scoop, etc.). Au final, j’ai trouvé ce roman Gore assez moyen.

Ma note: 5/10



La chair sous les ongles

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La chair sous les ongles de François Sarkel


Gros appétit

« La chair sous les ongles » est l’avant-dernier roman publié dans la collection Gore avant sa disparition en 1990.

Joussin, un gros homme à l’estomac démesuré, introverti et complexé, vient de perdre sa mère. Totalement dépendant d’elle, il doit maintenant apprendre à vivre seul. Problème : Joussin est cannibale depuis sa plus tendre enfance. C’était sa vieille maman qui le ravitaillait en « cochon blanc », appellation très personnelle désignant la viande humaine. Elle ramenait tous les trois jours des morceaux de choix : pieds, jambes, bras, etc. Elle les emballait dans du papier aluminium et remplissait le réfrigérateur. En recherchant le fournisseur de sa mère, Joussin découvre un marché parallèle invisible et tabou.

Le soir de l’enterrement, une jolie jeune femme sonne chez Joussin. Surprise sans plus par le contenu du réfrigérateur, elle lui fait l’amour puis affirme ne plus vouloir le quitter ! Mieux, elle se dit prête à le ravitailler en « cochon blanc ». Comment peut-elle s’enticher d’un être aussi laid, sans argent et de surcroît cannibale ?

En fait, Joussin est victime d’anthropophages fortunés qui veulent le manger vivant ! « La chair de cannibale a une réputation extraordinaire. C’est un peu, pour les connaisseurs, ce que le poulet de ferme est au poulet d’élevage en batterie. »

Les descriptions détaillées des repas écœureront les lecteurs les plus sensibles. Par exemple, lorsque Joussin mange une pleine marmite de pieds avec des pommes de terre accompagnés d’une bouteille de vin. « Dommage que je n’aie plus de pain » pense-t-il pendant qu’il déguste les orteils en les détachant un à un. Sans oublier, préalablement, de faire sauter les ongles de la pointe de son couteau…

Curieusement, l’innocence de Joussin et son désir de mener une vie normale évitent d’en faire un être totalement monstrueux. C’est plus la pitié qui domine. Voilà un roman Gore satisfaisant bien qu'un peu trop succinct à mon goût.

Ma note : 6/10

Hurlements n°3

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Hurlements n°3 de Gary Brandner



Clôture la série en beauté

Avec « Hurlements n°3 » (« The Howling III » - 1985), l’auteur achève intelligemment cette série réussie. Exit Karyn et Chris, les héros des deux premiers livres, Gary Brandner se concentre, ici, sur Malcom, un jeune loup-garou qui a survécu à l’incendie du village de Drago. Chronologiquement, ce troisième tome se situe environ un an après le premier. Il est donc antérieur au deuxième tome censé se dérouler trois ans après les évènements de Drago.

Après une période d’errance, « l’enfant sauvage » passe des jours heureux avec un ermite qui l’a délivré d’un piège posé par des chasseurs. C’est au moment où son ami meurt sous les balles de deux alcooliques que Malcom est recueilli par la police. Il est hospitalisé dans un établissement au personnel douteux, excepté Holly, une charmante psychiatre. Cette dernière avec le shérif Gavin essaient de découvrir la vérité sur les origines de l’enfant. Un lien d’amitié se tisse progressivement entre le patient et la psychiatre. Amitié brisée par Pastory, un médecin sans scrupules qui ne voit en Malcom qu’un sujet d’expériences. Derak, un loup-garou au poil couleur sable, suit son fils à distance… Tiraillé entre la bienveillance et la malveillance des gens qui l’entourent, Malcom s’enfuit et échoue dans une foire où il se fait un nouvel ami. Mais il est rattrapé par son destin…

C’est un très bon roman psychologique dans lequel l’émotion pointe son nez avec cet enfant innocent atteint par la malédiction du loup-garou, véritable « maladie » qui l’empêche d’être accepté parmi les hommes. Les relations entre les personnages (humains ou non), avec au centre le malheureux Malcom, sont émouvantes.

Par contre, l’illustration de la couverture, signée Topor, est une fois de plus très moche.

Ma note : 7/10

Hurlements n°2

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Hurlements n°2 de Gary Brandner



Revanche

« Hurlements n°2 » (« The Howling II » - 1982) est le deuxième roman signé Gary Brandner publié dans la collection Gore.

Sur le fond, cette suite n’était peut-être pas indispensable. Cependant, j’ai apprécié mes retrouvailles avec les protagonistes du premier volet des années après les événements de Drago. Si le suspense n’est plus au rendez-vous (l’affrontement final est prévisible), cet opus est bien écrit, avec une fois de plus, tout ce qu’il faut de psychologie.

Cela fait maintenant trois ans que le village maudit de Drago a été détruit par les flammes avec la plupart de ses habitants. Karyn a refait sa vie en se remariant. Mais elle fait toujours des cauchemars peuplés de loups-garous.

Roy, l’ex-mari de Karyn a échappé à l’incendie. Marcia a survécu à la balle d’argent tirée par Karyn. Mais sa transformation complète en louve est dorénavant impossible. Roy, le loup-garou et Marcia, la louve aux yeux verts, ne peuvent plus gambader ensemble la nuit dans la forêt comme autrefois. Marcia veut la mort de Karyn mais pas sans lui faire peur avant… Roy est plus réticent mais Marcia sait se montrer convaincante...

Consciente du danger qui la guette et pour sauvegarder sa famille, Karyn rejoint Chris, la seule personne qui puisse la comprendre et la protéger. Chris voit ses vacances au Mexique (en charmante compagnie) perturbées par l’arrivée de Karyn, qu’il n’a pas vu depuis plus de deux ans, avec dans son sillage, Roy et Marcia…

Ma note : 7/10

Hurlements

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Hurlements de Gary Brandner



Haletant

« Hurlements » (« The Howling » - 1978) est le livre qui a inspiré le réalisateur Joe Dante pour son célèbre film de loup-garou sorti en 1980. Personnellement, j’ai trouvé cette version bien supérieure au film.

Karyn est victime d’un viol dans sa maison de Los Angeles. Pour guérir de son traumatisme (elle est devenue frigide) et sur les conseils de son psychologue, elle part avec Roy, son mari, vivre quelques temps à la campagne. Le couple loue une maison près du village de Drago, en pleine forêt, à deux heures de route de Los Angeles. A son arrivée, Karyn remarque sous les traces de peinture qui recouvrent la porte d’entrée comme d’anciennes traces de griffes. Toutes les nuits, elle entend un hurlement venant de la forêt. Pour ne rien arranger, les habitants de Drago ne sont pas bavards exception faite de l’épicière, petite femme très sociable. Avec ses rues vides en pleine journée, l’absence presque totale d’enfants, le village semble figé pour l’éternité.

L’état de santé de Karyn se détériore lorsqu’elle retrouve sa chienne massacrée près du village. Ses relations avec Roy se dégradent. Ce dernier semble être attiré, malgré lui, par une des villageoises, une superbe créature aux yeux verts. Les disparitions se multiplient autour de Karyn. Elle finit par ne plus reconnaitre son mari. Irritable la journée, il ne tient plus en place la nuit venue. Même son régime alimentaire semble avoir changé…

« Hurlements » est un excellent roman Fantastique. La peur s’installe progressivement et ne quitte plus le lecteur jusqu’à la dernière page. Ici, l’horreur est avant tout psychologique. La fin connait de nombreux rebondissements. Dire que Karyn soupçonnait l’existence d’un seul loup-garou. Le secret de Drago est encore plus terrifiant…

Ma note : 8/10

vendredi 13 avril 2012

Blood feast

couverture


Blood feast de L. Murphy

Trop farfelu

« Blood feast », c’est d’abord un film réalisé par H.G. Lewis en 1963. Selon certains cinéphiles, il s’agit du premier film gore de l’histoire du cinéma. Cette novélisation parue dans la collection Gore est en tout cas très éloignée de l’œuvre originale.

La dernière victime d’une série de meurtres, un flic déjanté et son adjoint, un millionnaire fantasque et son chat qui parle (?) sont les premiers personnages présentés dans ce roman. Des meurtres rituels sont perpétrés par un certain Fouad Ramsès, à la fois trafiquant de stupéfiants, illuminé et hypnotiseur. Il prélève sur ses victimes divers organes (cœur, jambes, mains, seins, etc.) pour fêter la résurrection de la déesse égyptienne Ishtar…

La première page donne le ton : « Le jeudi 14 avril fut une bien mauvaise journée pour Gloria. Elle commença par arriver en retard à son travail, fila un bas, reçut de sa banque un avis de découvert et perdit son parapluie ; elle vit son diner avec Karl décommandé, et pour couronner le tout, elle fut assassinée. Il y a vraiment des jours où rien ne va plus… ». Sympathique au début, l’humour « hénaurme » finit par agacer. Les situations sans queue ni tête, les dialogues décalés, la bêtise des personnages ont eu raison de ma bonne volonté.

Par exemple, un trait humoristique fréquent dans le livre : le policier chargé de l’affaire qui pleure la mort d'un chat mais qui reste stoïque devant les corps massacrés des victimes. Il mobilise son énergie pour retrouver le meurtrier du félin mais néglige l’enquête sur la série de meurtres. On a droit à un chapitre entier (qui se veut drôle) sur l’origine de la corde au bout de laquelle l’animal a été retrouvé mort (corde fabriquée en 1946, description de ses différents propriétaires). C’est long, inutile, ennuyeux et lourd. Surtout que le lecteur sait depuis le commencement que la mort du chat est un accident !

L’auteur fait passer le sujet principal de son livre (la piste de Fouad Ramsès) au second plan. Si bien que l’on finit par perdre le fil de l'histoire (et son temps). La fin, avec son dîner très spécial, rehausse l’intérêt. Mais il est trop tard.

Ma note : 2/10

L'horreur aux mille visages

couverture


L'horreur aux mille visages de Bill Garnett

Vengeance implacable

« L’horreur aux mille visages » (« The Crone » - 1984) est le seul titre signé Bill Garnett publié dans la collection Gore. C’est un roman divertissant dont l’histoire relève d’un fantastique classique.

Peter Stone, directeur d’une agence de tourisme, embauche une nouvelle assistante, Roszina. Il ne tarde pas à tromper sa femme avec la belle. Subitement blasé, il renvoie sa maîtresse devenue encombrante pour retourner vers sa légitime. Trahie et abandonnée alors qu’elle attend un enfant de Peter, Roszina se suicide.

Ce qu'ignore Peter, c’est que Roszina était d’origine roumaine. Sa mère, Magda, une petite vieille mutilée a connu avec sa famille toutes les horreurs infligées aux bohémiens par les nazis puis les russes. Mère et fille étaient unies par les liens du sang. Pourtant en apparence tout les séparait. Magda est repoussante et superstitieuse. Alors que Roszina était superbe et moderne.

En apprenant la perte de sa fille, la douleur ressentie par la vieille femme est pire qu’autrefois lorsque la chenille d’un char Soviétique lui a écrasé la main. En utilisant sa connaissance en sorcellerie acquise depuis des générations, Magda donne naissance à la Chose. Pour cela, elle découpe un gros morceau de viande au niveau de sa cuisse. Puis la vieille gitane le façonne sous une flamme. Enfin, elle s’égorge pour que le sang se déverse sur la viande malaxée et lui donne vie. Une mouche est bientôt absorbée par le bout de chair qui grandit pour devenir la Chose. Cette créature se nourrit d’abord d’insectes, puis de rats, d’un bébé et sa mère, d’un grand oiseau, d’un serpent etc. A chaque fois, elle change de forme. Progressivement la Chose prend conscience de l’unique raison pour laquelle elle existe : tuer Peter Stone pour venger la mort de Roszina. Traqué et mort de peur, Peter ne peut que fuir. Mais jusqu’où ?

Au début du livre, la passion torride et sensuelle entre les deux amants est bien décrite. L’auteur prend son temps pour créer une atmosphère angoissante. Les scènes gore sont peu nombreuses mais marquantes. L’horreur est ici moins viscérale que dans d’autres romans de la collection mais le récit reste assez effrayant.

Par contre, le périple final de Peter à travers divers pays (Turquie, Egypte et Kenya) pour échapper à son destin est moins convaincant car trop expéditif.

Voilà, néanmoins, un roman Gore de bonne facture.

Ma note : 7/10

La tronçonneuse de l'horreur

couverture


La tronçonneuse de l'horreur de Nick Blake

Déconseillé aux âmes sensibles

« La tronçonneuse de l’horreur » (« Chainsaw terror » - 1984) est signé Nick Blake, pseudonyme de Shaun Hutson, écrivain anglais, bien connu des lecteurs de la collection Gore. Au total huit livres de cet auteur ont été publiés dans cette collection (sept sous son vrai nom dont un hors série en grand format et le présent roman).

Ralph Briggs, menuisier, ne compte pas ses heures de travail. L’argent rentre et sa petite famille ne manque de rien, matériellement du moins. Le revers de la médaille, c’est qu’il est peu présent auprès des siens. Aussi, le jour où sa femme lui apprend qu’elle le quitte, en l’humiliant, son sang ne fait qu’un tour. Il la massacre avec un long morceau de verre brisé puis se suicide en se tranchant la gorge sous les yeux son fils, Edward.

Cinq ans plus tard Edward a repris l’activité de son père. Il vit toujours avec sa sœur Maureen dans la maison familiale. Surprotégée par Edward, elle se sent prisonnière. Il entretient une relation malsaine avec sa sœur, seule femme qu’il accepte. Edward a la même réaction que son père lorsque Maureen annonce qu’elle quitte le domicile pour vivre avec son amoureux, Michael. Fou furieux, Edward décapite sa sœur avec un hachoir puis dépose la tête intacte sur le lit de la chambre de ses parents. Plus tard, il défonce le crâne de Michael avec un marteau et transperce son corps à l’aide d’un tournevis (toujours à portée de main), pour le découper ensuite à la tronçonneuse (une McCulloch méticuleusement entretenue). Les victimes vont se succéder, certaines massacrées avec une perceuse (3 500 tours minute), d’autres à la scie électrique (2 500 tours minute), etc.

Voilà un livre qui justifie l’existence de la collection Gore. Sans elle, il ne serait jamais sorti en France. Les scènes de boucherie, très détaillées, sont insoutenables bien qu’assez prévisibles. Aucun détail n’est épargné au lecteur. Heureusement, l’auteur n’oublie pas de s’intéresser à ses personnages et à leurs relations. Relation post-mortem en ce qui concerne la tête de la sœur conservée précieusement par son frère malgré sa lente décomposition…

Voilà un roman Gore qui comblera les amateurs du genre mais donnera la nausée aux autres.

Ma note : 7/10

Séductions

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Séductions de Ray Garton



Incubes et Succubes

« Séductions » (« Seductions » - 1984) est l’unique roman de l’auteur américain Ray Garton publié dans la collection Gore. C’est aussi son tout premier livre sur la soixantaine qu’il a écrit.

Donald, professeur d’anglais ne dort plus depuis plusieurs jours. Il fait des cauchemars prémonitoires. Dans l’établissement scolaire où il travaille, un jeune homme au physique avantageux fait son apparition. Ce garçon, anormalement bronzé pour la saison, attire le regard des filles avec sa démarche chaloupée dans sa paire de jeans moulants. Son regard hypnotique et sa voix parfaitement modulée fait fondre la gent féminine.

Bill, le frère de Donald a rencontré une superbe femme dans des circonstances mystérieuses. Lors d’un incendie dans un bois à proximité de la ville, il l’a découverte nue avec des vêtements dans les mains…

Un peu partout dans le pays des disparitions de corps sont signalées. A chaque fois, une grosse quantité de sang est trouvée sur place.

Le récit commence lentement. Dans les premiers chapitres, l’auteur nous décrit l’état de santé de Donald qui se dégrade. Puis le rythme s’accélère dès qu’il est question des deux « mannequins » au comportement étrange. Mais le suspense est vite évincé. Dès la page 40, l’auteur parle d'une créature dans un déguisement. Ces êtres se manifestent tous les deux cents ans environ et prennent l’apparence de la femme ou de l’homme idéal de leurs victimes. Comme David Vincent dans la série TV « Les Envahisseurs », Donald est seul au début à soupçonner quelque chose d’anormal chez ces créatures. Mais il est rejoint par Freddie une jeune fille télépathe capable aussi de les reconnaitre. L’arrivée de cette alliée intervient trop soudainement dans l’histoire et tout va trop vite à la fin du récit. Je pense que certains passages ont été coupés lors de la traduction. Cependant, il y a bien pire dans la collection…

Bref, rien de bien original dans cette histoire si ce n’est l’angle sexuel choisit par l’auteur pour aborder le thème archiconnu d’une invasion étrangère. Les scènes gore sont particulièrement douloureuses. En effet, le sexe des créatures est muni de crocs !

C’est un roman Gore qui se laisse lire avec plaisir malgré ses défauts.

Ma note : 6/10



La Maison de la Bête

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La Maison de la Bête de Richard Laymon



Une suite réussie

« La Maison de la Bête » (« The Beast House » - 1981) est le sixième et dernier roman de l’écrivain américain Richard Laymon dans la collection Gore. Ce livre est la suite de « La cave aux atrocités » déjà paru dans cette collection. Il est conseillé d’avoir lu le précédent tome avant de commencer celui-ci.

En 1903, Lilly Thorn a découvert une créature inhumaine dans sa demeure. Cette dernière était dotée d’une particularité sexuelle étonnante (l’extrémité du sexe munie d’une langue…). Obsédée sexuellement par la Bête, Lilly a sacrifié la vie de ses enfants et de sa sœur avant de sombrer dans la folie.

De nos jours, Janice retrouve le journal intime de Lilly Thorn dans le motel de ses parents à Malcasa Point, non loin de la demeure de Lilly devenue « La Maison de la Bête », l’attraction touristique de la ville. Janice cherche à vendre le journal à un écrivain connu en échange de la moitié de ses droits d’auteur. Ils se donnent rendez-vous sur place à Malcasa Point pour finaliser le contrat…

Tyler et Nora, deux jeunes femmes, recherchent Dan, l'ancien amour de Tyler. Elles échouent à Malcasa Point. Tyler va effectivement retrouver Dan. Ou plutôt sa représentation en cire lors de la visite de « La Maison de la Bête ». Policier, il fait partie des dernières victimes de la Bête, l’année précédente ! Sur leur route, les jeunes femmes rencontrent deux anciens Marines. Ensemble, ils vont percer le secret de Maggie Kutch, la propriétaire de la maison depuis 1931.

Sandy, l’héroïne de « La cave aux atrocités », a maintenant quatorze ans. Elle est devenue l’esclave sexuelle des Bêtes. Elle accueille les touristes dans « La Maison de la Bête » (quatre dollars la visite).

L’histoire commence en douceur avec de fréquentes références aux événements de l’année précédente. Le roman n’évite pas certaines redondances (la visite guidée de la maison et le secret de Maggie Kutch déjà présents dans « La cave aux atrocités »). Mais on a plaisir à retrouver Sandy. Une Sandy qui a bien changé... Les nouveaux personnages sont intéressants (l'écrivain fourbe, l’excentrique capitaine Franck). Surtout, cette suite nous révèle l'origine des Bêtes. De provenance lointaine selon les dires du capitaine Franck dont le père a abordé les terres australes…

Ma note : 7/10

La cave aux atrocités

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La cave aux atrocités de Richard Laymon



Passionnant mais choquant

« La cave aux atrocités » (« The Cellar » - 1980) est le troisième roman de l’auteur américain Richard Laymon publié dans la collection Gore. Disons-le tout de suite ce livre comporte des passages très dérangeants car il aborde la pédophilie et les meurtres d’enfants.

Par rapport aux autres titres de l’auteur, celui-ci ne semble pas avoir souffert de la traduction.

« La Maison de la Bête » à Malcasa Point est une attraction touristique macabre. Selon la légende, elle abriterait une créature qui violerait et massacrerait ses occupants pendant la nuit. Onze curieux y ont perdu la vie depuis 1903. La version officielle est qu’à chaque fois les meurtres sont le fait d’un maniaque. Mais comment expliquer les traces de griffes sur les corps déchiquetés ?

Larry a échappé à la Bête lorsqu’il était jeune. Suite à la découverte de trois nouvelles victimes, il est décidé à retourner dans la demeure. Pour cela, il est accompagné de Jud, un baroudeur.

Donna et sa fille Sandy ont quitté leur domicile précipitamment pour fuir l’ex-mari de Donna, Roy, récemment sorti de prison. Il a été emprisonné pour le viol de la petite Sandy, sept ans. Au moment de son incarcération, le pédophile avait juré qu’il les retrouverait et les tuerait toutes les deux. Donna et Sandy avalent les kilomètres pour mettre le plus de distance entre elles et Roy. C’est ainsi que la jeune femme et sa fille échouent à Malcasa Point.

Roy retrouve la trace de Donna et Sandy en semant la mort autour de lui. Fou de haine, il n’hésite pas à massacrer des innocents et d’assouvir ses pulsions pédophiles. Les proches de Donna sont en première ligne. Il les torture avant de les tuer afin d'obtenir des informations pour localiser sa femme et sa fille.

Qui de la Bête ou de Roy est le plus dangereux ?

Le récit est passionnant. On tremble pour Donna et Sandy. La chasse au monstre menée par Larry et Jud maintient le lecteur en haleine. L’explication concernant l’origine de la Bête est troublante (mélange de perversion et de sexualité contre-nature). Les dernières pages sont d’un fatalisme effrayant.

« La cave aux atrocités » est un excellent roman Gore. Impossible de le lâcher avant la fin. Les personnages poignants (Donna et Sandy) ou immondes (Roy mais ce n'est pas le seul) restent en mémoire longtemps après la dernière page du livre tournée.

Cependant, j’émets une réserve concernant les scènes de pédophilie vraiment dégueulasses. Par exemple lorsque Roy oblige une fillette à faire pipi pour lui laver le sexe.

Ma note : 8/10

La fête du sang

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La fête du sang de Richard Laymon


Un gros gâchis

« La fête du sang » (« Allhalows eve » - 1985) est le cinquième et avant-dernier roman de l’auteur américain Richard Laymon publié dans la collection Gore. C’est aussi, à mon avis, son livre le moins original et le plus maltraité lors de sa traduction en langue française.

Le premier chapitre est prometteur avec l’intervention d’un policier dans une maison inhabitée qui dans le passé a été le théâtre d’un drame familial. Plus loin, sa tête décapitée est découverte flottant dans la cuvette de ses toilettes. Ensuite, la tension retombe. L’enquête est classique avec son lot de suspects trop évidents. Elle ne mènera d'ailleurs à rien. Il en va de même concernant l’histoire d’amour entre l’inspecteur et une femme élevant seule son fils, Eric. Fils qui n’accepte pas ce père de substitution. Par ailleurs, Eric est le bouc-émissaire des fortes têtes de son école. Avec la complicité de l’assassin, il organise une fête pour Halloween dans la maison abandonnée. Eric lance les invitations à tous ses tourmenteurs. Le psychopathe qui se cache dans la maison inhabitée se sert ainsi d’Eric pour ses noirs desseins. Quel lien unit Eric au tueur ?

Depuis la série des « Halloween » de Carpenter et autres « Vendredi 13 » au cinéma, c’est toujours la même histoire. On a droit aux éternelles blagues de potaches boutonneux. J’ai vainement attendu une révélation finale sur l’identité du psychopathe mais là encore rien à signaler de particulier. A aucun moment l’auteur n’impose sa marque. A sa décharge, le récit a souffert de coupes importantes lors de sa traduction. Ainsi de nombreux personnages sont abandonnés en cours de route. Le livre se termine en queue de poisson laissant le lecteur dans le flou le plus total. J’ai même pensé un instant qu’il manquait des pages…

On passera également sur l'illustration très laide de la couverture (signée Topor).

Ma note : 2/10

La mort invisible

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La mort invisible de Richard Laymon



Tueur invisible

« La mort invisible » (« Beware ! » - 1985) est le quatrième roman de Richard Laymon, écrivain américain, publié dans la collection Gore. Le sujet rappelle « L’homme invisible » de H.G. Wells (toute proportion gardée) mais en beaucoup plus gore.

Un homme invisible sème la terreur dans une petite ville. Il est repéré et traqué dans une supérette où il se nourrit. Il met en pièces, successivement un chien de garde et son propriétaire ainsi que la gérante (sa tête, enveloppée dans du film cellophane, est retrouvée sur un étal). La journaliste locale, Lacey est violée par ce monstre. Toujours invisible, il prend place dans la voiture de la belle puis pénètre chez elle...

On suit aussi Dukane, un détective privé qui au péril de sa vie arrache des griffes d’une secte d’illuminés une jeune fille pour la rendre à ses parents. Le sauvetage se déroulant lors d’une orgie, le lecteur a droit à des scènes pornographiques très osées. La secte plus connue sous son appellation de Spiritual Development Foundation a pour leader une certaine Laveda qui posséderait des pouvoirs surnaturels. Il s’agit d’une organisation très puissante dont les membres sont infiltrés partout même dans la police.

L’homme invisible poursuit Lacey jusque dans une autre ville. Ancien tueur employé par la secte, il est lui-même recherché par ses membres. Laveda est-elle à l’origine de son invisibilité ? Pourquoi s’acharne-t-il sur Lacey ?

Durant tout le livre notre homme va exercer sur autrui toutes les humiliations que permet son invisibilité. Richard Laymon ne s’embarrasse pas de subtilités. L’homme invisible, véritable obsédé sexuel, est le mal incarné, sans nuance. Certains passages sont angoissants notamment lorsque les portes claquent, les lumières s’éteignent et lorsque le maniaque tousse près de sa future victime sans qu’elle puisse le voir. L’accumulation des méfaits de cet homme invisible satisfera les lecteurs en quête de sensations fortes et les multiples fusillades divertiront les amateurs d’action. Pour ma part, plus de psychologie aurait été la bienvenue. Les explications sur l'origine de l'invisibilité (les haricots...) et sur la quasi-invulnérabilité du bonhomme (les balles sont sans effet sur lui sauf si le coeur est touché) s'avèrent assez farfelues.

Ce n’est pas le roman Gore le plus intéressant de l’auteur mais c'est probablement le plus mouvementé.

Ma note : 6/10

Cinéma d'éventreur

couverture


Cinéma d'éventreur de Richard Laymon

Snuff movies

« Cinéma d’éventreur » (« Out are the lights » - 1982) est le second roman de Richard Laymon, écrivain américain, publié dans la collection Gore. Contrairement à son précédent livre « Le bois des ténèbres », « Cinéma d’éventreur » a beaucoup moins souffert de la traduction et des coupes exigées par le format court de cette collection.

L’histoire est basée sur la légende (?) des snuff movies. Vous savez ces films réalisés sans trucages dans lesquels des personnes sont réellement torturées et tuées pour donner plus de réalisme.

« Cinéma d’éventreur » joue habilement sur plusieurs plans. Un couple se fait massacrer dans une sinistre demeure. Plus loin dans le récit, le lecteur assiste à la même scène dans un court-métrage d’horreur diffusé au cinéma « Le Palais Hanté ». Une spectatrice, Brit, voit Tina, sa meilleure amie, se faire tuer dans le court-métrage. Pourtant, Tina n’est pas actrice. D’ailleurs, ce n’est pas sa voix dans le film et son nom ne figure pas au générique. Surprise, Brit téléphone chez son amie. La colocataire qui répond a la même voix que Tina dans le film ! C’est l’une des complices d’un fou sanguinaire, dans la vraie vie comme à l’écran, nommé Schreck. Cette équipe tourne des snuff movies aux titres évocateurs : « Schreck le vampire », « Schreck l’Inquisiteur », « Schreck l’homme à la hache », « Schreck le docteur fou », « Schreck le sauvage »…

Parallèlement un homme, Dal, trompe sa femme avec une riche inconnue qui prend plaisir à faire l’amour devant son mari paralysé. Connie, la femme de Dal, rencontre de son côté Pete un ami de Brit, détective privé de son état. Elle visionne un court-métrage au cinéma « Le Palais Hanté ». A cause de sa surdité, elle lit sur les lèvres l’appel au secours de l’actrice/victime du film…

Les multiples personnages et l’alternance fiction/réalité rendent le récit un peu confus au début. Mais petit à petit tout se met en place pour aboutir à un roman Gore assez malin. Le dernier court-métrage (chapitre) intitulé « Vengeance ! » conclut ce très bon roman en beauté.

Ma note : 8/10





Le bois des ténèbres

couverture


Le bois des ténèbres de Richard Laymon

Version tronquée

Deux vacancières s’arrêtent dans un village perdu en forêt. Les habitants les séquestrent. Quatre personnes : la fille, ses parents et son petit copain font aussi une halte dans le motel du village. Les villageois les emmènent en forêt où ils sont attachés à des troncs d’arbres. Pour avoir la paix, les autochtones font ainsi des offrandes à des êtres primitifs et sanguinaires, les Krulls, adorateurs d’une monstrueuse créature (extraterrestre ?).

« Le bois des ténèbres » (« The Woods are Dark » – 1981) est le premier des six romans signés Richard Laymon dans la collection Gore. De l’aveu même du directeur de la collection de l’époque, Daniel Riche, ce roman a subi des coupes beaucoup trop importantes afin de respecter le format court de la collection Gore. Il est donc difficile pour le lecteur français de l’apprécier à sa juste valeur. Les raccourcis rendent le récit pénible à lire. Les affinités entre certains personnages, comme ce villageois tombé amoureux de l’une des touristes, sont incompréhensibles car trop brutales.

C’est dommage car lors de rares passages, j’ai eu un lointain aperçu de la qualité du livre original (mise en place des personnages intéressante, atmosphère lugubre). La scène, où le père de famille découvre que les voitures garées sur le parking du motel sont abandonnées depuis longtemps (moteurs enlevés et pneus crevés) et qu’elles servent à leurrer les touristes, m’a plu. L’idée que les Krulls évitent la dégénérescence consanguine en utilisant des jeunes femmes kidnappées pour procréer est horrible.

Mais c'est déjà la fin, les derniers chapitres défilent en vitesse rapide...

J’ai l’impression d’avoir lu un résumé, en version française, de l’œuvre originale.

Ma note : 4/10

Andernos Trap

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Andernos Trap de François Darnaudet

Frissons garantis

« Andernos Trap » est le second et dernier roman Gore de François Darnaudet.

L’auteur dédie ce livre (entre autres) à Andernos-les-Bains, petite ville du sud-ouest de la France, véritable personnage principal du roman, défigurée par des gens bien plus redoutables que les morts-vivants : les promoteurs.

Un ancien légionnaire attend dans un hôtel la venue d’un être abominable. Un zombie pourrissant, le cœur arraché, apparait dans l’encadrement de la porte. L’homme le tue difficilement avec son pistolet. Ici les balles dans le corps sont sans effet. Seul un projectile tiré dans la bouche expulsant le cerveau du crâne terrasse le zombie. Bientôt, l’homme entend d’autres raclements de pieds. Ces choses phosphorescentes infestent la ville d’Andernos. L’ancien soldat fuit vers une porte blindée en acier, tourne le volant du sas et pénètre dans son bunker. Il est provisoirement à l’abri…

Sur une route qui borde le bassin d’Arcachon un automobiliste renverse une fillette à vélo. Malgré la violence du choc, la petite se relève et sourit. La partie gauche de son visage est un magma sanglant d’où elle retire l’œil pour le jeter au loin. Le conducteur remarque alors un trou au niveau du cœur. Une estafette de gendarmerie s’arrête sur le lieu de l’accident. Les militaires s’approchent de l’automobiliste d’une démarche anormale…

Au début de leur transformation les habitants d’Andernos refont mécaniquement les gestes de leur vie antérieure. Avec leur corps encore frais, seul le trou au niveau du cœur détone. Petit à petit la chair se décompose et les réflexes conditionnés disparaissent. Ce ne sont plus que des cadavres ambulants moins dangereux pour les vivants mais plus répugnants. Le phénomène de phosphorescence s’accentue durant la transformation.

Qu’est-il arrivé aux habitants d’Andernos ? Quel secret cache le pharmacien de la ville ?

Les scènes effrayantes se succèdent sans temps morts. L’auteur manie avec efficacité horreur et humour. La révélation finale, classique dans ce genre d’histoire, fait toujours son petit effet.

C’est un  bon Gore, moins original que « Collioure Trap » mais plus efficace. Il plaira à tous les amateurs.

Ma note : 7/10

Collioure Trap

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Collioure Trap de François Darnaudet, Catherine Rabier



Jeux de rôles

François Darnaudet, auteur de romans fantastiques, et Catherine Rabier signent là leur premier livre dans la collection Gore. L’histoire de « Collioure Trap » est dédiée à tous les mordus de jeux de rôles. Dans leur récit, les auteurs alternent entre la banalité de la vie quotidienne des joueurs et les aventures de « fantasy » avec ses guerriers, ses monstres et terres lointaines qu’ils vivent à travers les jeux de rôles.

Le récit commence au pied d’un immeuble de trente étages quelque part au Nord de Paris. Un veilleur de nuit est attaqué par un guerrier-zombie en armure à la tête d’une horde de monstres de tous poils. Et cette armée monte les étages…

Plus haut la bataille fait rage. Un groupe de six amis lancent des dés, déplacent des figurines sur des plateaux, gagnent ou perdent des points de vie. Derrière son paravent le maître du jeu a tout prévu pour cette soirée (livret, cartes, etc.), même une nouvelle table de combat intitulée « Gore » pour donner du piment à certains affrontements …

Mais nos joueurs ont attiré dans le monde réel un certain Doktor Fleix (??) et son maître Azathoth. Les créatures de ce dernier éliminent un par un nos héros. Un professeur et un médium viennent en aide aux rescapés. Leur seule chance est de s’immerger à nouveau dans le jeu car nos joueurs sont plus forts dans le monde de Donjons et Dragons que dans le notre.

Ce roman Gore ne m’a pas convaincu. Je ne me suis pas intéressé à la partie « fantasy » du livre. J’ai trouvé les phases de jeu laborieuses. Il faut dire que je n’ai jamais été un amateur de jeux de rôles. Enfin, selon moi, la personnalité des joueurs n’est pas assez approfondie et la qualité de l’écriture discutable même pour ce genre de livre.

Reste une bonne intention de départ car comme d’autres d’auteurs arrivés à ce stade de la collection, Darnaudet et Rabier ont cherché de nouvelles sources d’inspiration pour éviter la monotonie.

Ah j’oubliais, le twist final est assez drôle.

Les amateurs de « fantasy » et les amateurs de romans Gore seront déçus. Les premiers préféreront relire Tolkien et les seconds Nécrorian.

Ma note : 4/10

mercredi 11 avril 2012

Brasiers humains

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Brasiers humains de John Brosnan



Combustion spontanée

« Brasiers humains » (« Torched » - 1985) est signé James Blackstone, l’un des pseudonymes de John Brosnan, auteur d’origine australienne. Quatre de ses romans ont été publiés sous divers pseudonymes dans la défunte collection Gore.

Richard Grierson est inspecteur d’assurances. C’est un spécialiste des incendies. Il est capable à la vue d’un sinistre d’en déterminer l’origine (criminelle ou non). Richard est envoyé par sa compagnie, installée en Angleterre, rejoindre Lattimer, le Sherlock Holmes des assurances aux USA, afin de résoudre des sinistres suspects dans des hôtels et les studios Universal. L’enquête révèle à chaque fois que l’élément déclencheur de l’incendie est le corps d’une des victimes qui s’est enflammé spontanément.

Parallèlement, on suit la sœur d’une des victimes, traquée, qui essaie de trouver le responsable de ces morts affreuses. En fait, un savant a inventé une substance qui une fois injectée dans le corps d'une personne, augmente la température interne de celle-ci jusqu'à ce que son corps s'enflamme. Ce scientifique travaille pour le compte d’un spéculateur sans scrupule qui, sous couvert de la production de films pornographiques, utilise de pauvres filles comme bombes incendiaires qu’il place où il veut…

Les personnages tourmentés (Grierson a perdu sa femme et ses enfants dans un incendie et Lattimer, divorcé, a des soucis pour la garde de son fils) sont intéressants. Par contre, j’ai trouvé ridicule cette idée de spéculer en bourse en utilisant la combustion spontanée comme une arme. De même, la fin trop soudaine (surtout en ce qui concerne Grierson…) m’a déçu. C’est un roman Gore peu spectaculaire mais d’assez bonne facture malgré tout.

Topor signe ici l'une de ses dix couvertures dans la collection (sur les 118 numéros). Son style très particulier me fait regretter l'irremplaçable Dugévoy. De plus, dans le cas présent, l'illustration n'a rien à voir avec l'histoire.

Ma note : 6/10

L'immonde invasion

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L'immonde invasion de John Brosnan


Tout est dans le titre...

Un champignon d’un nouveau genre se répand partout dans Londres. Il s’attaque à l’environnement mais aussi aux corps humains. Le plus horrible, c'est que les victimes, envahies de moisissures, continuent souvent à vivre en symbiose avec la mycose. Mais le champignon réagit différemment suivant son hôte. Parfois le résultat est plus radical. Ainsi le corps d’un amateur de bières explose à cause de l’action conjuguée du champignon et de son estomac gonflé de levure.

Les premiers chapitres décrivent donc la propagation du champignon sur plusieurs personnes. Il y a la scène d’un homme qui au réveil croit qu’il a dormi avec ses chaussettes : « Non ! Il se rappelait les avoir enlevées. Sans compter qu’il n’en possédait pas de cette couleur - grises avec un dessin rouge. Il voulut les ôter et ses doigts s’enfoncèrent dans le duvet soyeux qui avait été son pied droit… En dessous du nombril, son ventre était couvert de la même substance grise veinée de rouge… Il effleura la bosse qui cachait ses organes génitaux. On aurait dit du velours… »

Rapidement l’Angleterre est contaminée dans sa quasi-totalité. A Londres, le gouvernement Thatcher s’est réfugié dans un bunker. L’Ecosse et le Pays de Galles sont menacés. La France est sur le point d’employer les grands moyens…

En Irlande, un commando de la dernière chance est constitué. Lourdement armé pour faire face à la population mutante, le trio composé d’un militaire, véritable « tête brûlée », et de deux mycologues a pour mission de retrouver dans la ville de Londres contaminée la formule scientifique à l’origine du désastre.

La fin du livre est assez hallucinante avec ces zombies couverts de mycoses qui prient devant un bolet Satan gigantesque dans une capitale londonienne où les immeubles ont fait place à des amanites et autres vesses-de-loup géantes…

« L’immonde invasion » ("The Fungus" - 1985), second livre dans la collection Gore signé Harry Adam Knight (l’un des pseudonymes de John Brosnan, auteur d’origine australienne) atteint parfaitement son but. Le lecteur ressent une véritable répulsion à cause des nombreux détails et termes scientifiques peu ragoûtants sur le développement des champignons. L’histoire est passionnante et sans temps morts. Les amateurs de récits d’épouvante et d’invasions cauchemardesques seront comblés. Voilà un excellent roman Gore qui bénéficie d’une écriture et d’une traduction de qualité.

A noter que pour l’illustration de la couverture, l’excellent Dugévoy a malheureusement fait place à Roland Topor. Le résultat est laid et hors sujet.

Ma note : 8/10

Terreur déliquescente

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Terreur déliquescente de John Brosnan


Petite série B sans prétention

Des naufragés échouent sur une plateforme pétrolière déserte en pleine mer du Nord. Mais où sont donc les ouvriers ? Nos jeunes gens découvrent des habits abandonnés avec des sous-vêtements soigneusement placés à l’intérieur. Même les chaussettes sont dans les chaussures. C’est comme si tout le personnel s’était volatilisé. Etrange, d’autant que cette plateforme est équipée de plusieurs laboratoires destinés à la recherche génétique. Et il y a cette mystérieuse substance noire et visqueuse qui semble vivante…

Ce livre paru initialement en 1983 sous le titre « Slimer » est signé Harry Adam Knight, l'un des pseudonymes du romancier d’origine australienne John Brosnan. Quatre de ses romans ont été publiés dans la collection Gore sous divers noms (Harry Adam Knight, Simon Ian Childer et James Blackstone).

« Terreur déliquescente » n’atteint pas les sommets du genre. Cependant l’atmosphère inquiétante procure quelques frissons. La rivalité désormais classique entre la forte tête de la bande et le meneur charismatique fait monter la tension. Ce récit sans surprise mais efficace rappelle le film « The Thing » de Carpenter dans lequel chacun soupçonne l’autre d’être la créature à abattre.

Divertissant.

Ma note : 6/10

mardi 10 avril 2012

La cervelle contre les murs

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La cervelle contre les murs de Brain Splash



Une famille formidable

C’est une drôle de famille qui débarque dans un hôtel de Guyngton’s Fall en Californie.

Alex, le frère ainé, un grand blond aux yeux bleu acier, a les dents de la mâchoire supérieure difformes, certaines très fines et très longues, d’autres pointues et plantées à l’intérieur même du palais. Celles de la mâchoire inférieure, sont clairsemées et jaunâtres. Sa voix est atrocement grave et déformée. De plus, il a tendance à baver dès qu’il ouvre la bouche. Sa blouse blanche fait penser à un évadé d’un hôpital psychiatrique.

Il est accompagné de son frère Slim, un garçonnet d’à peine dix ans coiffé d’une vieille casquette de base-ball toujours avec une crosse de hockey à la main.

Ils transportent à l'intérieur d'une valise, Petit Frère, une sorte de fœtus d’environ six mois, vivant dans un bocal rempli d’un liquide phosphorescent.

Il y a aussi Petite Sœur, invisible, mais qui semble présente aux yeux de ses frères.

Les membres de cette famille sont tous intellectuellement surdoués et recherchés par l’Armée. Alex est spécialisé en neurochirurgie, Slim en mathématiques et Petit Frère du Bocal en informatique.

Avec son corps minuscule et sa tête énorme, ses yeux reptiliens, sa chair rosâtre et semi-translucide, l’horreur fœtale demande à Alex de lui apporter un cervelet pour se nourrir. Armé d’un hachoir rouillé pour découper le crâne et d’un chausse-pied pour soulever la calotte crânienne, ce dernier tue sa première victime dans cette ville. Victime qu’il choisit la tête bien pleine, plutôt une intellectuelle pas une imbécile (?). Il ramène le précieux cerveau qui nourrira toute la famille. En effet ces êtres étranges ne peuvent survivre qu’en mangeant de la matière cervicale si possible humaine.

Derrière le pseudonyme de Brain Splash se cache le romancier Laurent Fétis. Son récit est assez terrifiant, bien construit avec des personnages complexes comme la jeune aveugle amoureuse d’Alex, le vieux policier et sa lieutenant stagiaire ou encore le politicien, père d’une des victimes. Et l'Armée qui prend son temps pour intervenir, les vies d'innocentes victimes ne comptant pas face à la raison d'Etat. Le suspense est bien mené (qui sont-ils ?, d’où viennent-ils ? Petite Sœur existe-t-elle vraiment ?). L’humour noir est souvent présent comme cette scène où le garçonnet va chercher du persil chez une voisine qui lui demande ce qui sent si bon dans l’immeuble, sans savoir que c’est la tête décapitée d’une jeune fille en train de frire avant que son crâne ne soit décalotté et son cerveau dégusté en famille.

Ma note : 8/10

Occupation des corps

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Occupation des corps de Fétidus


Créature polymorphe

« Faut que j’aille chier » est la première phrase de ce second roman (tout en finesse …) signé Fétidus dans la collection Gore. Le lecteur a droit à une description détaillée de Christopher Catby, le personnage principal, en train de déféquer. Au fond de la fosse septique, au milieu des bactéries, la Chose attend depuis trente-cinq millions d’années. Elle commence à s’ennuyer au milieu des excréments. L’œil rose du trou du cul de Christopher est sa porte de sortie. Evitant les jets semi-liquides de merde, elle finit par escalader un étron de bonne taille jusqu’au fondement de Christopher. Fonctionnaire en détachement sur l’île de la Séparation, Christopher se retrouve avec une créature étrangère d’environ deux centimètres de long lovée dans son gros intestin. La Chose a le pouvoir de transformer le corps de son hôte en n’importe quel animal ou objet en s’inspirant des pensées du monde qui l’entoure. Ainsi Christopher devient un énorme requin qui dévore une baigneuse, une seringue géante dans laquelle un touriste explose sous la pression, une autochenille qui transforme deux filles en crêpes, un avion, une pieuvre, un gorille, un ptérodactyle, un mixeur (avec une opération des amygdales et une appendicectomie très gore), un char d'assaut, etc.

L’histoire est complètement délirante. C’est du grand n’importe quoi. Certains jeux de mots ou noms sont vaseux comme ce « trop picale pour être honnête » et ce colonel Nelnel. L’auteur fait aussi un clin d’œil à la collection Gore et à l’un de ses auteurs (Nécrorian) dans son récit (page 9).

L’écriture, qui n’était déjà pas le point fort de l'auteur dans son précédent livre « La mort putride », est ici encore de plus piètre qualité frisant l’amateurisme. Mais « Occupation des corps » m’a diverti grâce à sa folie et son culot. Ce n’est bien évidemment pas un pilier de la collection Gore, loin de là. Selon moi, c'est un roman Gore moyen mais beaucoup de lecteurs le trouveront exaspérant de nullité.

Ma note : 5/10



La mort putride

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La mort putride de Fétidus


Brut de décoffrage

Le but affiché de l’auteur est visiblement d’écœurer le lecteur. De lui en donner pour son argent. Il veut du gore et bien on va lui en donner jusqu’à l’overdose. Dès les premières phrases, c’est une véritable boucherie.

Le Maitre de la confrérie de la Putréfaction Rénovatrice, nommé Wükkztôxqs (??), a le pouvoir de se transformer en rapace et ainsi de surveiller la région. Sa femme, Zentane, recrute des fidèles en leur faisant avaler une mystérieuse pâte. Jeremy Sanders, un membre de la secte, tue des innocents sur les routes de l’Arizona. Il entasse les corps dans son camion où ils pourrissent tranquillement sous le soleil. Devenu cannibale et nécrophage, Jeremy pioche de temps en temps un morceau de cadavre plein de vers pour se nourrir. Les cérémonies exigeant que les corps corrompus gardent une forme humaine, Jeremy a laissé négligemment des restes putréfiés derrière lui. Erreur qui risque de lui coûter cher. Toty Cartwright, une jeune journaliste dévergondée, son assistant Pablo, le frère de la dernière victime (une jeune auto-stoppeuse), le shérif et son adjointe sillonnent les montagnes à la recherche de la secte.

S’il est vrai que l’histoire manque de crédibilité, il faut reconnaitre que la chaleur insupportable du désert de l’Arizona « transpire » à chaque page. L’accumulation de scènes insoutenables (nécrophagie notamment) et les multiples passages pornographiques réservent ce livre aux amateurs de gore extrême. Ici l’horreur devient carrément surréaliste avec ces intestins qui ressortent d’un anus, ces sexes tranchés entre les dents, cet œil gobé, ces excréments avalés etc. De même, l’écriture ne vole pas haut avec un vocabulaire très vulgaire. Les mots b**e, ch**te, enc****, fou***te, p*ne, z*b, etc. sont légion. Les lecteurs « normalement constitués » peuvent passer leur chemin sans regrets. Il y a des romans plus subtils même dans la collection Gore. Les autres seront repus.

Ma note : 6/10