vendredi 27 juin 2014

Ordinator-Criminalis

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Ordinator-Criminalis d'André Caroff


Il s’agit du cinquième volet des « Ordinator », une série futuriste imaginée par André Caroff au milieu des années 80 et publiée dans la collection « Anticipation » aux Editions Fleuve noir. Cette fois-ci, Abel 6666-4bis (6666 pour le QI et 4bis pour bébé-éprouvette élevé par l’Etat) est plus en danger que jamais. L’aide de son fidèle microprocesseur portatif Babar TZO 88952 n’est pas de trop. L’ordre de tuer le Grand Héros de Silicon Valley (trois Grands Héros dans le monde : Abel pour l’Europe, Bund pour l’Amérique et Isrov pour la Russie-Asie) vient directement de la face cachée de la lune ! Dans le même temps, l’opération FA-NE (pour famine) menée par le Consortium cause une pénurie de lait, de poissons et de viande partout sur la planète favorisant ainsi le marché noir. Cette organisation criminelle est une menace pour Abel et pour le monde des années 2300 comme l’était le S.P.E.C.T.R.E pour James Bond. J’ai retrouvé avec plaisir les supérieurs d’Abel : Los Maplès et le chef Gart, sa copine Dora 5980-02, la grande Aèpe son amie prostituée, tous déjà présents dans les précédentes aventures. La complicité proche de la franche camaraderie entre Abel 6666-4bis et Babar TZO 88952 est un réel atout pour la série. Ainsi, le Grand Héros n’est plus lui-même lorsque son microprocesseur vieillissant tombe en panne et nécessite une petite révision. L’action se déroule toujours dans la Cité-Mère, une extension de l’ancien Paris, avec ses deux cent cinquante arrondissements, ses trente millions d’habitants et ses noms de rues bizarres (Sucre boulevard, rue Mécanique, rue de la Chambre, place Trombone, place du Stress etc.). On y retrouve les différents niveaux de circulation (le plus élevé étant réservé aux Grands Héros et aux agents du gouvernement), les tours-bulles et les cellules d’habitation équipées de plateformes de stationnement, toutes sortes de véhicules (les glisseurs, les taxiglisses, les camionglisses, les trainglisses, les hélicojets...), le tube eupho (l’avenir de la cigarette) et bien d’autres inventions. Le terrorisme ayant remplacé la guerre, la situation mondiale décrite par André Caroff est assez réaliste : « La Terre flambait en permanence, tantôt ici, tantôt là-bas, mais il n’y avait jamais un champ de bataille ni un théâtre des opérations ». Plus crédible en tout cas que les microdisquettes de Babar TZO 88952 qui sont un peu dépassées. Le début du roman est prometteur. En effet, notre héros connaît un bref moment de doute (« Je vis sur ma réputation. »). Dora 5980-02 réalise qu’Abel est incapable d’aimer une femme. Cela doit provenir de son conditionnement qui tend à prioriser ses missions. Pourtant, Dora a peur pour lui à cause d’un mauvais pressentiment. Ces passages très humains sont rares dans cette série plutôt orientée vers l’action. La suite est plus convenue. Abel doit batailler dans le quartier le plus chaud de la ville à l’emplacement de l’ancienne gare Saint-Lazare. Lieu où les pires drogués (les Cocovagas et les Hachchâchis) n’hésitent pas à éventrer des enfants, décapiter des hommes ou couper les seins des femmes. Comme si cela ne suffisait pas, Abel est confronté à des « monitrices » meurtrières sous les ordres d’une gérante d’un gymnase-sexe. Pour couronner le tout, il doit échapper à un robot-tueur qui possède son code génétique. Cela sans dévier de son but : la recherche d’un mystérieux « 9000 » (il y a peu de « têtes » avec un tel QI dans le monde) venu d’Amsud, un élément important du Consortium qui est derrière le projet FA-NE. Comme d'habitude, ce court roman vaut plus pour son contexte et ses personnages que pour son histoire.

Ma note : 6/10


jeudi 12 juin 2014

Ordinator-Erôtikos

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Ordinator-Erôtikos d'André Caroff

De tous les personnages récurrents sortis de l’imagination d’André Caroff, un des écrivains de romans de gare abonnés aux Editions Fleuve noir, Abel 6666-4bis, Grand Héros de Silicon Valley et son fidèle microprocesseur de poche Babar TZO 88952 sont les plus originaux et attachants. Le point fort de la série, c’est Babar qu’Abel a programmé en langage argotique en réaction contre l’envahissement de la robotisation. Les dialogues entre ces deux-là sont cocasses (« mon pote », « … est hautement baisable, hein ? » etc.). Donc ici, les épouses de personnes haut placées sont enlevées par un consortium, leurs glisseurs retrouvés vides à différents endroits de la ville. Aucune rançon n’est exigée, pas le moindre mondialex (monnaie futuriste). Plus loin, des tueurs tendent un piège à notre Grand Héros pendant que Babar doit encaisser les interférences d’un Biérailer, un super-ordinateur dont il n’existe en principe qu’un exemplaire par continent. Quel lien y a-t-il entre un ordinateur d’une telle puissance, un sordide bordel asiatique et trois femmes terriblement sexy formées à l’école internationale Erôtikos de Skiathos où l’on apprend à manipuler les hommes ? Pourquoi veut-on neutraliser Abel en utilisant son point faible : le sexe ? Le plan DFG (Dilly la rousse, Fosti la blonde, Galah la brune) conçu par Biérailer 92999-009-TKZ réussira-t-il ? On trouve beaucoup de sexe dans cet épisode. L’auteur n’évite pas les passages vulgaires. Notamment lors des tortures sexuelles du nain Bilo 1100-00, presque un animal au QI de 1000, doté d'un énorme phallus et qui fabrique du sperme comme d'autres renouvellent leur salive. Mais le livre recèle de bonnes idées comme la Cité-Mère, un Paris du futur de trente millions d’habitants selon le Fichier Central de l’Habitant, les Cocovagas (Coco pour drogue et vagas pour vagabondage), des armes tels les broyants et les thermiques, mais aussi le tennis à huit (?). Le dénouement réserve des surprises (la localisation du super-ordinateur, l’identité d’un des membres du consortium). Il s’agit là d’un roman standard mais divertissant de la défunte collection « Anticipation ».

Ma note : 6/10