samedi 19 octobre 2013

L'An II de la Mafia



couverture

  
L'An II de la Mafia de Christopher Stork


Un petit Stork pour la route…

Sous le pseudonyme collectif de Christopher Stork, Stéphane Jourat et José-André Lacour, deux auteurs belges, ont publié un grand nombre de romans de SF dans la défunte collection « Anticipation » aux éditions Fleuve Noir. De mon point de vue, leurs textes sont de piètre qualité littéraire (pauvreté du vocabulaire et de la syntaxe) et leurs histoires souvent sans queue ni tête, simplistes et d’une naïveté confondante. 

Le récit raconté ici, peu original de par son sujet, s’avère moins ubuesque que de coutume. Il s’agit d’une énième histoire de futur apocalyptique. Suite à la Troisième guerre mondiale de 1992 (le livre date de 1982), la Mafia est en passe de régner sur la planète en cette année 1998. A travers les notes d’un écrivain frustré, chargé d’écrire les mémoires du mafioso devenu maître des USA (le capo dei capi), on suit l’ascension de la Mafia avant, pendant et après la guerre grâce à ses services rendus aux citoyens (marché noir, bonnes œuvres…) et au discrédit de la démocratie. Plus doué avec un stylo qu’avec un pistolet, notre scribe est surnommé « le Scribouillard » par son protecteur. Pour une raison obscure mais finalement peu surprenante, le chef de la Mafia le protège malgré son inutilité dans l’organisation. Pourtant, « le Scribouillard » finit par être utile à la Mafia dans le domaine de la propagande. Il prend même du galon en étant (un temps seulement) le gendre du maître. Devenu veuf et mis à l’écart par le capo dei capi, notre héros de l’ombre part vers des territoires libres et viables à la rencontre des mystérieux « no-men » (Qui sont-ils ? Que manigancent-ils ?). 

Les auteurs ont tendance à abuser de généralités en mélangeant tout (guerre nucléaire, catastrophe écologique, guerre des clans…). Comment croire un instant que tous les membres d'une Mafia maîtresse des USA et quasiment du monde, soient d’origine italienne ? Quid de la Mafia russe, des Triades chinoises etc. ? De plus, les personnages manquent de profondeur. Décrits en quelques mots, les membres de la Mafia sont tous des brutes épaisses, interchangeables et sans personnalité. 

La dernière partie, c'est du Christopher Stork pur jus. La rencontre du narrateur avec les « no-men » hors de New York, le plan d’attaque de la ville et plus particulièrement de l’Empire State Building devenu le QG de la Mafia, sont aussi invraisemblables que ridicules. On se croirait dans un mauvais polar. L’idylle entre la fille d’une ancienne prostituée exploitée par la Mafia et notre narrateur est au mieux gentillette. 

Lors d’un déplacement en train, ce roman très superficiel peut éventuellement remplacer quelques grilles de Sudoku...
 
Ma note : 3/10

Les p'tits Schtroumpfs

couverture



Les p'tits Schtroumpfs, le Schtroumpf Robot de Peyo
 
 
Un album plein d'idées innovantes

Pour une fois, cet album de la série est composé de deux histoires de longueurs et d’un intérêt quasiment identiques.

« Les p’tits Schtroumpfs » : 

Pour s’être enfermés dans une horloge dont les aiguilles tournent à l’envers (?), le Schtroumpf Nature, le Schtroumpf Colérique et le Schtroumpf Mollasson ont rajeuni. Même le papillon qui les accompagnait est redevenu une chenille ! En apportant un vent de jeunesse au village, ils vont bousculer bien des habitudes. Les « Un peu de respect pour vos aînés », « De mon temps… », « Quel langage ! » fusent. Même le Schtroumpf Tailleur doit se mettre à la page en apportant de la fantaisie au look des trois jeunes. Finalement, les p’tits Schtroumpfs mettent tout le monde d’accord lors d’un concert organisé dans le village. Leur création musicale innovante bouscule la musique classique de l’orchestre du Schtroumpf à lunettes. Les p’tits Schtroumpfs vont même résoudre le problème de la Schtroumpfette qui s’ennuie sans amie. Au péril de leurs vies, ils vont voler la formule nécessaire à la création d’une Schtroumpfette chez Gargamel. Ainsi, une petite rouquine à couettes devient la copine de notre Schtroumpfette. J’ai bien ri. D’autant que Peyo insère des courts gags à l’histoire : le quiproquo entre le Schtroumpf Tailleur… de pierre et le Schtroumpf Tailleur… de vêtements ou au concert du Schtroumpf à lunettes : « Schtroumpf Paresseux ! Réveille-toi ! Tu ronfles ! » « Hein ? Quoi ? Mais, je ne suis pas le Schtroumpf Paresseux moi !… ».

« Le Schtroumpf Robot » : 

Afin d’en finir avec les corvées ménagères, le Schtroumpf Bricoleur fabrique un Schtroumpf Robot. Ce dernier fait l’unanimité dans le village grâce à… sa soupe. Le méchant sorcier Gargamel va saisir l’occasion pour empoisonner les petits lutins bleus. Ils vont se réveiller transformés en monstres : le corps vert, jaune, violet ou orange ; poilu ou couvert de verrues, la queue en tire-bouchon, muni de cornes ou de crocs. Sauf le Grand Schtroumpf qui n’a rien consommé. Tout le village se rend chez Gargamel et son chat Azraël pour trouver un antidote et rendre la monnaie de sa pièce au sorcier.

Comme d’habitude, les adorables petites créatures bénéficient des jolis dessins de Peyo. Dans ces deux histoires datant de 1988, les cases me paraissent plus détaillées et les traits plus sûrs que dans les premiers albums. Et les histoires sont suffisamment riches pour plaire à tous.
 
Ma note : 8/10

Rambo First Blood



couverture

  
Rambo First Blood de David Morrell


Original méconnu

Contrairement à ce que l’on pourrait croire (et le laisse entendre la couverture), ce roman n’est pas une simple novélisation du film « Rambo » réalisé par Ted Kotcheff avec Sylvester Stallone. En effet, David Morrell a publié son livre en 1972, dix ans avant la sortie du film. Je conseille aux sceptiques de lire sa nouvelle « Orange pour l’angoisse, bleu pour la folie » afin de mesurer la qualité d’écriture de l'auteur. Dans cette nouvelle, l'écrivain mêle art, folie, horreur et SF à travers une intrigue passionnante. Bien que plus classique, on retrouve dans ce « Rambo First Blood » la force de la version filmée (difficultés d’intégration des anciens combattants, brutalités policières…), bien sûr sans Stallone ni l'excellent Brian Dennehy en shérif. La plus grosse différence entre le livre et le film se trouve à la fin. Le dénouement du roman est plus brutal et réaliste mais potentiellement moins rentable : Rambo meurt.

Ma note : 7/10

Les dents de la mer

 

couverture

   
Les dents de la mer de Peter Benchley

Décevant par rapport au film

Ce roman a connu un certain succès avant que le film de Steven Spielberg ne devienne le premier blockbuster de l'histoire du cinéma. Aurais-je eu le même avis si je n'avais pas vu le film ? Toujours est-il que je me suis ennuyé ferme en lisant ce livre. Les frustrations sexuelles d'Ellen Brody (personnage secondaire dans le film) me sont passées au-dessus de la tête. Sa relation amoureuse (absente dans le film) avec Matt Hooper, l’océanologue, passe au premier plan au détriment de la chasse au requin (intelligemment mise en scène dans le film). Certes, le réalisateur a gommé une bonne partie de la psychologie des personnages du roman. Mais, c'est pour mieux se concentrer sur son sujet. Curieusement, Peter Benchley s'attarde sur des descriptions gore alors que Steven Spielberg joue la carte de la suggestion. Le film n'en est que plus effrayant. En revanche, dans l’adaptation cinématographique, la mort du requin est beaucoup plus spectaculaire (explosion d'une bouteille de plongée). Peter Benchley semble avoir négligé la fin de son livre. Comme si le requin ne l’intéressait pas... Là où le film est concis tout en faisant travailler notre imagination ; la version écrite est pesante avec ses personnages bavards. En nettoyant le livre de tous ses scories, l’adaptation filmée lui est bien supérieure.
 
Ma note : 3/10
 
 

lundi 14 octobre 2013

Le Cosmoschtroumpf


medium


Le Cosmoschtroumpf de Peyo


La tête dans les étoiles

Dans le village de nos petits lutins bleus, il y a un Schtroumpf qui rêve d'aller sur une autre planète. Après avoir gambergé sur le moyen de voyager dans l’espace, il passe aux travaux pratiques en fabriquant une fusée avec les outils du Schtroumpf Bricoleur. Le jour du décollage, c’est l'échec. Il faut dire que le mode de propulsion basé sur une hélice actionnée par un pédalier est très rudimentaire. Le Cosmoschtroumpf sort de sa machine épuisé et démoralisé. Dès lors, le village se mobilise pour réaliser le rêve du malheureux Schtroumpf. La suite est une énorme supercherie, une gigantesque mise en scène mais… pour la bonne cause. Prenez le cratère d’un volcan éteint, une potion magique transformant les Schtroumpfs en Schlips sorte de petit homme des cavernes (parlant le Schlips) et le tour est joué.

Peyo greffe à son histoire de nombreux de gags amusants (la curiosité des Schtroumpfs pendant la construction de la fusée, les réflexions du Cosmoschtroumpf aux Schlips sur les Schtroumpfs sans savoir que ce sont eux - à cette occasion le Grand Schtroumpf et le Schtroumpf à lunettes en prennent pour leur grade - etc.). Voulant rester chez les Schlips, le Cosmoschtroumpf doit subir des épreuves qu’il réussit haut la main au grand désespoir des Schlips/Schtroumpfs qui veulent retrouver leur village au plus vite. Ce passage est vraiment drôle car le Grand Schtroumpf commence à perdre patience.

Les dessins de Peyo sont toujours aussi réussis, simples mais mignons tout plein. Même en l’absence de plusieurs niveaux de lecture, cette BD pour petits et grands (enfants) reste agréable à lire.

Quelques histoires courtes terminent l’album. On y retrouve le Schtroumpf Paysan et le Schtroumpf Poète, le Schtroumpf Grognon, le Schtroumpf Maladroit et le Schtroumpf à lunettes dans des gags destinés aux plus jeunes.

Ma note : 8/10