samedi 29 septembre 2012

Un ange s'est pendu

couverture


Un ange s'est pendu de Roland C. Wagner

Jeu de go

« Un ange s’est pendu » est l’un des premiers romans de l’écrivain français Roland C. Wagner, malheureusement décédé récemment. Le sujet de ce roman est l’errance d’une bande de copains perdue dans des univers parallèles.

C’est au retour d’une soirée bien arrosée qu’un groupe d’amis est confronté à des événements étranges. L’un d’entre eux voit un ange pendu à un réverbère et ne retrouve pas son immeuble car le paysage a changé. Les autres sont accostés par Isaac, un vieux juif, qui cherche un chien jaune…

Les protagonistes errent à l’intérieur du « Faisceau », sorte d’arc-en-ciel circulaire, somme de tous les univers. L’histoire débute dans notre monde (le vert) puis glisse vers le bleu, l’indigo et le violet, des univers de plus en plus étranges et dangereux. Nos naufragés traversent ainsi un univers peuplé de voleurs de visages qui se déplacent en dragsters dans un monde désertique. Dans un autre univers, ils côtoient les Cybs, des humanoïdes constitués de chair et de métal, technologiquement très avancés. Et dans une autre couleur, ils échappent aux Livides, des êtres cannibales.

Si la théorie du « Faisceau » est passionnante, le résultat est légèrement décevant. Malgré tout son potentiel, « Un ange s’est pendu » reste un simple roman d’aventures, certes distrayant, mais pas assez approfondi. L’auteur se débrouille bien avec ses personnages, intéressants et très ancrés dans les années 80. Dans le premier chapitre du bar, il prend tout son temps pour nous les présenter. En revanche les descriptions des univers ne sont pas assez détaillées. Certaines situations et certains personnages sont assez déconcertants voire ridicules (Vlad le vampire d'opérette...).

Bref, c’est une œuvre mineure de Wagner mais un roman « Anticipation » largement supérieur à la qualité moyenne de la collection.

ATTENTION : ne pas lire ci-dessous si vous envisagez de lire ce livre.

Le « Faisceau » est en réalité un terrain de jeu cosmique dans lequel s’affrontent deux joueurs, Isaac et Vlad. Le jeu est arbitré par un chien jaune qui parle nommé Nathanaël.
 
Ma note : 7/10

Billevesées et Calembredaines

couverture


Billevesées et Calembredaines de Christopher Stork

Tissu de sornettes

Comme souvent chez Stork, le personnage principal de ce livre est un écrivain de SF. Mais là, l’auteur va plus loin puisqu’il prénomme son héros de papier… Christopher Stork ! Celui-ci se préparait un café lorsque sa machine à écrire (surnommée Gertrude) a écrit toute seule sur une page blanche le titre « Billevesées et Calembredaines ». Notre héros entend alors deux voix dans ses oreilles. Dans la gauche, c’est Billevesées et dans la droite, Calembredaines. Il s’agit de deux extraterrestres venus de Zigh (?) défendre le sort des insectes de notre planète et révéler aux humains, les greuarks (??), les pouvoirs psy qui sommeillent en eux. Et voilà notre écrivain réduit à la taille d’un insecte, installé sur une touche de sa machine à écrire en pleine discussion philosophico-existentielle avec Billevesées et Calembredaines matérialisés en fourmis. Il entraîne sa jolie compagne (stripteaseuse) et son psy dans une aventure délirante et coquine (coït en apesanteur etc.). Les pages s'accumulent à côté de la machine à écrire. Tout ce qu'elles racontent se réalise... La visite d’une fourmilière en compagnie de nos héros, des terriens piqués par les fourmis afin d’établir un contact télépathique, une guerre apocalyptique entre insectes et humains..., c’est du Stork pur jus. On retrouve les thèmes récurrents chez l’auteur : la matérialisation des fantasmes, faites l’amour pas la guerre ainsi que ses digressions (parfois amusantes) : « Une seconde passe. C’est long, une seconde, quand on sait, d’après la 13ème Conférence générale des Poids et Mesures, 1967, qu’elle représente la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133. Penser qu’il y en a, comme ça, 3600 par heure ! ».

Une fois de plus, je ne sais pas ce qu’ont consommé nos deux auteurs belges (Christopher Stork est un pseudonyme) en écrivant ce roman mais ça devait être puissant. Le grotesque côtoie le mauvais goût (des fourmis transformées en spéléologues pour un rapport sexuel inédit avec une humaine…). Seuls quelques passages réellement comiques sauvent ce livre du néant. Le titre résume tout.
 
Ma note : 3/10

jeudi 13 septembre 2012

Les petites femmes vertes

medium


Les petites femmes vertes de Christopher Stork

Tombées du ciel

Ici ce ne sont pas des petits hommes verts qui débarquent sur Terre dans leurs soucoupes volantes mais des petites femmes vertes (PFV). Elles n’ont aucune intention belliqueuse envers les terriens. Les PFV ont déclaré la guerre à une autre planète et, comme elles n'ont pas la moindre idée de ce que peut bien être une guerre, elles sont venues recruter des spécialistes sur la Terre, bien connue pour sa compétence millénaire dans ce domaine. Entourées d’un étrange halo vert, elles sont l’incarnation des fantasmes les plus intimes des êtres humains qu’elles croisent (grandes, petites, blondes, brunes, en mini-jupes ou tenues moulantes…). Un général du Pentagone, d’anciens soldats, un truand et un ancien correspondant de guerre devenu écrivain de SF sont les premières « victimes » de ces extra-terrestres très sexy. Le mode de recrutement réserve bien des surprises pour le plus grand plaisir des recrutés comme des recruteuses…

Christopher Stork, alias Stephan Jouravieff et José-andré Lacour, deux auteurs belges, nous livrent là un livre typiquement de leur cru : une histoire loufoque, sans suspense, grivoise et un peu vulgaire. Les termes de « salope », « gouine »… auraient pu être évités. Les dialogues sont souvent grotesques. L’imagination sans limite des auteurs fait parfois sombrer le récit dans le ridicule. Par exemple, les ennemis des PFV ressembleraient à des chevaux à trois pattes dotés d’une grosse tête cylindrique et d’un tout petit corps avec des yeux tout autour (??). Les quiproquos engendrés par la matérialisation des fantasmes (les doubles des stars) et le trafic de diamants (conséquence d’un des nombreux talents de nos PFV) sont abandonnés en cours de route. D'ailleurs, ces passages s'avèrent superflus. Vers la fin du roman les auteurs abordent dans un élan de générosité brouillonne : la diminution de la couche d’ozone (effet pervers des PFV), la reproduction entre terriens et PFV, l’infidélité (avec le temps même les fantasmes peuvent lasser) etc. Il n'y a pas grand-chose à sauver excepté ce brin de folie, de naïveté et d’humour (inégal) propre aux Stork.

Extraits :
« De vrais champions ! C’est curieux d’ailleurs. Pour tout le reste, vous êtes très en retard et même carrément sous-développés… Mais pour la guerre, vous pulvérisez tous les records ! Tiens ! Je vais te donner un chiffre que tu ne connaissais sans doute pas : en deux mille de vos années, votre planète n’a connu que cent quarante-deux jours de paix ! Ce n’est pas extraordinaire ? ».

« Je tiens à noter toutefois la présence assez déconcertante de Minnie, la compagne de Mickey Mouse. J’aurais voulu connaître l’homme dont Minnie était le fantasme… que dire de celui qui, dans le secret de son cœur, nourrissait une passion dévorante pour Bécassine ? ».
 
Ma note : 4/10