dimanche 8 mars 2015

Au bonheur des dames

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Au bonheur des dames d'Émile Zola


"Au bonheur des dames" se distingue dans l'oeuvre de Zola par son optimisme. Evidemment, tout n'est pas rose (l'humiliation et la misère de Denise à ses débuts, la mort des petits commerces). Mais l'auteur met en avant le dynamisme, l’innovation et le progrès, qui au bout du compte profitent à tous. Rien n'est figé. Les membres de la famille de Denise auraient pu s'en sortir s'ils avaient saisi leur chance. A travers les personnages modernes du grand magasin, l'auteur fait l'éloge de la volonté et de l'action malgré ses excès (la lutte permanente entre vendeurs). Le livre reflète bien les bouleversements en cours de la société dans cette deuxième moitié du 19ème siècle. La relation entre Mouret, le patron, et Denise, la petite vendeuse devenue "grande", m'a passionné. Le dénouement relève presque du conte de fée. Comme toujours chez Zola, le roman est d'une lecture facile, encore de nos jours. L'histoire est simple, linéaire mais détaillée et bien documentée. Les tournures de phrases (souvent longues avec des virgules) sont belles. Le vocabulaire reste accessible à tous (exception faite de quelques noms d'articles un peu désuets). J'ai particulièrement apprécié les métaphores, les descriptions enflammées, l'audace (ici, l'érotisme sous-jacent), bref, le style propre à l'auteur. 

Ma note : 9/10

Croc-Blanc

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Croc-Blanc de Jack london

Je viens de relire "Croc-Blanc". Quelle bouffée d'air frais ! Quel dépaysement ! Que d'émotions ! Grâce à ses descriptions précises de la faune du Wild, du comportement des animaux et des hommes qui vivent dans ces contrées inhospitalières, Jack London nous donne une belle leçon de vie. L'équipage attaqué par les loups, la survie de la mère et du père de Croc-Blanc, la naissance de Croc-Blanc, sa découverte du Wild, sa rencontre avec Castor-Gris puis avec Beauty-Smith, ses combats (dont sa terrible confrontation avec le bull-dog Cherokee), son sauveur Weedon Scott, la Californie, Collie et ses petits, etc. Que de moments forts !

Évidemment, pour apprécier ce roman il faut aimer la nature, les animaux et le style descriptif de l'auteur.

Ma note : 8/10

Superman III

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Superman III de William Kotzwinkle


J’ai relu d’une traite cette adaptation papier du troisième volet des aventures cinématographiques de Superman. Ce court roman rempli d’humour et non dénué de suspense a mieux vieilli que le film de Richard Lester avec Christopher Reeves. C’est le cas de beaucoup de novélisations qui subissent moins les altérations du temps que les longs-métrages. 

« Superman fait des claquettes à Melbourne et déclenche un tremblement de terre. Il couvre le ciel de graffitis obscènes devant un jamboree de girl-scouts et éteint la flamme olympique sous le nez d’un athlète à bout de souffle… Qu’est-il arrivé à Superman ? se demande le monde entier. Égoïste, prétentieux, un peu dingue, il est devenu… comme tous les autres. Superman réussira-t-il à retrouver sa véritable identité ? C’est le combat le plus difficile qu’il ait jamais eu à mener, et l’avenir du monde en dépend ! »

William Kotzwinkle est surtout connu pour avoir adapté en roman le scénario du film « E.T. l'extra-terrestre ».

Ma note : 7/10

Extension du domaine de la lutte

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Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq


J'ai un avis mitigé sur ce livre. Je l'ai lu d'une seule traite sans m'ennuyer ; même si la fin m'a laissé perplexe. Par moments, je me suis reconnu dans certaines réflexions du personnage/auteur (jusqu'à un certain point, je vous rassure !). Je reconnais une certaine originalité à ce roman, à défaut de parler de qualité littéraire. Sur ce point, je trouve qu'il n'est pas très bien écrit. Vite lu et vite oublié, c'est un livre, à mon avis, largement surestimé. 

Ma note : 4/10

Le fauteuil hanté

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La fauteuil hanté de Gaston Leroux 

L'histoire de ce court roman un tantinet vieillot est un peu longue à démarrer. Je n'ai guère été emballé en le lisant à l'exception du dénouement totalement invraisemblable avec son côté "film d'horreur de série Z". 

Ma note : 4/10

Ne vous fâchez pas, Imogène !

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Ne vous fâchez pas, Imogène ! d'Exbrayat

Quel personnage que cette Imogène ! Cette écossaise dans l'âme et dans le cœur, ennemie jurée des anglais justifie à elle seule la lecture de ce roman drôle et léger (ah ! le chauvinisme de la dame...). le seul frein à mon enthousiasme, c'est le côté "gentillet" de l'histoire ; même si j'apprécie l'humour d'Exbrayat. 

Ma note : 7/10

La petite fille qui aimait Tom Gordon

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La petite fille qui aimait Tom Gordon de Stephen King


Je ne me suis pas vraiment intéressé à cette histoire malgré son aspect dramatique et réaliste (tous les enfants peuvent se perdre...). Ce roman d'une grande simplicité voire rachitique (une nouvelle aurait suffi et encore...), avec ses personnages caricaturaux (les parents de la petite), du baseball (trop US pour moi) et une fin assez prévisible, s'avère, à mon sens, dispensable. Stephen King a fait tellement mieux. 

Ma note : 4/10

Blaze

Blaze par King


Blaze de Stephen King

C'est une histoire émouvante, comme dans beaucoup de romans de Stephen KING, mais très simple. Le personnage principal rappelle le Lennie, balourd et simplet, du roman de John Steinbeck "Des souris et des hommes". Cependant, on est loin des romans plus fouillés du maître de l'horreur moderne que sont par exemple ses derniers "Histoire de Lisey" et "Duma Key". 

Ma note : 6/10

La tempête du siècle

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La tempête du siècle de Stephen King

J'ai plutôt apprécié ce livre. Dommage qu'il s'agisse d'un scénario. Je trouve la sortie de "La tempête du siècle", sous cette forme, trop commerciale, et cela malgré la qualité de l'histoire. Stephen King avait déjà publié un scénario : "Peur bleue", mais précédé de sa version littéraire (donc plus détaillée) : "La nuit du loup-garou". Hélas, ce n'est pas le cas ici. 

Ma note : 6/10

Simetierre

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Simetierre de Stephen King

Stephen King signe avec "Simetierre", probablement, son livre le plus sombre. Il parle de la difficulté de faire le deuil d'un proche. La mort du fils du personnage principal est traitée avec finesse et réalisme. La résurrection rendue possible grâce à un ancien cimetière Micmac s'impose forcément à un père qui a perdu son enfant, quel qu'en soit le prix à payer. Face à la mort d'une personne chère serions-nous, nous aussi, prêts à tenter l'expérience ? C'est un roman d'une noirceur absolue. Touchant de près au tabou qu'est la mort ; il est limite insoutenable. 

Ma note : 10/10

samedi 17 janvier 2015

Silex and the city, tome 2

Silex and the city, tome 2 : Réduction du Temps de Trouvaille par Jul


Silex and the city, tome 2 de Jul


Après s’être gentiment moqué des altermondialistes, de José Bové, de la secte de Raël et du clonage humain en 2005 (« Il faut tuer José Bové ») puis de George W. Bush et Ben Laden en 2006 (« La croisade s’amuse »), Jul revient avec une série dont l’action se situe au temps de la préhistoire. Mais chez lui, les primates lisent La Bible, Freud ou Platon aux sommets des arbres. Jul raconte la vie d’une famille moyenne du paléolithique en y mêlant des éléments d’actualité contemporaine. Il en résulte une parodie drôlissime de notre société. Le père de famille est prof de chasse et « Homo erectus qui se lève tôt » (en référence à Sarkozy), la mère une prof de Préhistoire-Géo en ZEP (Zone d’Evolution Prioritaire), le fils un alter-darwiniste radical (anti-fourrure, anti-chasse et anti-feu), la fille une victime de la mode et le grand-père un ancien de « Mai 68 000 avant J.-C. ». Leurs voisins ne sont pas mal non plus tel l’aristo-sapiens de la tribu, patron d’EDF (Energie Du Feu), le volcan récemment privatisé. On croise même le Petit Prince de Saint-Exupéry en prof remplaçant tout droit sorti de Néanderthal Sup. Hélas, les élèves du collège Françoise Dolto sont plus portés sur les tags genre « Lémuriennes = nyctalopes » que sur l'étude des espèces en voie d’apparition. Le petit copain de la fille de la famille montre sa collection de dessins sur pierre dont celui des gaulois Astérix et Obélix présenté comme un classique de la SF (forcément). Plus tard, à l’Aquaboulevard de la Défense, la jeunesse dorée de l’âge de pierre se presse à une soirée animée par Darwin Guetta. Pendant ce temps, papy fréquente la boîte la plus glauque de la Défense, « La Grande Arche » de Noé, un club échangiste inter-espèces. Ça change un peu de la 2000ème rediffusion de « La petite caverne dans la prairie » à la grotte de retraite. Le père de famille, lui, cherche un logo accrocheur pour sa campagne de promotion du monothéisme. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Le graphisme des emblèmes est jugé trop abstrait juste digne d’un enfant de 5 ans (une croix, un croissant de lune...). Et que c’est difficile de trouver un prophète sympa ! L’album se termine en beauté avec l’invention du Père Noël ; les femmes ne pouvant porter les hottes car, déjà à l’époque, les « mères porteuses » ne font pas l’unanimité. Dorénavant, chaque petit bambin préhistorique aura droit à son cadeau (un silex baptisé « Pierre Noël ») déposé au pied de sa stalagmite par le Père Noël. Drôle, je vous dis. Les dialogues sont à mourir de rire et les dessins simples aux traits épais sont parfaits pour ce genre de BD.

Ma note : 9/10

L'intégrale Carl Barks, tome 10

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L'intégrale Carl Barks, tome 10 

Les amateurs de Donald, Picsou et Cie ne doivent pas rater cette intégrale de l’œuvre de Carl Barks publiée par ordre chronologique en vingt-quatre volumes chez Glénat. Même si les personnages de l’auteur ont été repris par d’autres avec succès (des dessinateurs italiens et surtout l’américain Don Rosa le digne héritier de Barks) ; Carl Barks reste le maître incontesté de l’univers singulier des canards qui parlent. Ce dixième volume regroupe des histoires publiées durant les années 1959 et 1960. Comme pour chaque volume de l’intégrale, il débute par des dossiers thématiques relatifs au monde de Donaldville. Ici, le personnage de Gripsou (le double malhonnête de Picsou) n’aura plus aucun secret pour vous. Le sujet suivant intitulé « Des canards dans l’espace » analyse les histoires de nos palmipèdes dans les étoiles. Puis, place à la BD avec des histoires de longueurs variables dominées par l’action et les situations absurdes qui caractérisent le style de l’auteur. On y croise Balthazar Picsou, Donald Duck, les neveux Riri, Fifi et Loulou, l’inventeur Géo Trouvetou et son fidèle Filament (la petite lampe sur pattes), Daisy, Grand-mère Donald, Gontran Bonheur, les Rapetou, Gripsou, etc. Une fiche explicative introduit chaque récit illustré. Elle mentionne le titre original et la date de la première publication, les dates des rééditions successives dans les magazines américains et français (chez nous dans « Le Journal de Mickey », « Picsou Magazine », « Mickey Poche » ou en albums). Les dernières rééditions de ces BD des années 1959-1960 se prolongent jusque dans les années 2000 ! On peut parler à juste titre de classique du 9ème art. Mes histoires préférées de ce recueil figurent parmi les plus longues (une vingtaine de pages chacune). Il s’agit de « Uncle $crooge and The Money Champ » (duel Picsou/Gripsou), « Uncle $crooge and The Paul Bunyan Machine » (duel Picsou/Rapetou) et l’excellente aventure de SF « Uncle $crooge - Island in the sky » (la préférée de Carl Barks). Je trouve qu’il y a un peu de Jules Verne dans cette dernière histoire non dénuée d’un léger fond sociologique. Dans ses planches, Carl Barks aborde tous les genres avec humour : les aventures exotiques, la SF, l’épouvante, le western mais aussi des tranches de vie quotidienne avec, entre autres, les Daisy Duck’s Diary. Il rappelle parfois dans ses BD les origines de ses personnages comme celles de Picsou l’écossais dans « Uncle $crooge - Hound of the Whiskervilles » ; mais aussi des traits de caractère un peu oublié. Ainsi, Picsou est avare mais pas mesquin. Incarnation du capitalisme américain, entrepreneur innovateur, créateur de richesse, il est généralement apprécié des habitants de Donaldville. A la fin de ce volume, un portfolio, riche en couvertures de tous horizons, traite des fanzines qui ont sorti, à partir de 1960, « l’Homme des canards » de l’anonymat (contraint à l’époque, comme beaucoup d’auteurs de comic books chez Disney). Puis vient la BD « Gyro Gearloose in The Pied Piper of Duckburg » dont les trois premières pages ont été crayonnées par Barks en 1959, encrées et l’histoire achevée par Don Rosa en… 1989 ! Un dernier dossier intitulé « L’homme des… souris » reproduit le scénario sous forme de BD d’un projet de film d’animation datant de 1945 avec le personnage de Mickey, exceptionnellement réalisé par Barks, mais abandonné (« Northwest Mounted » inédit en France). Enfin, ce livre divertissant, bourré d’informations, s’achève en beauté sur les descriptions complètes et précises de personnages récurrents chez Barks à savoir Grand-mère Donald et « Les Castors Juniors ». Et dire qu’il ne s’agit là que d’un seul volume !

Ma note : 10/10

Astérix chez les belges

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Astérix chez les belges de René Goscinny et Albert Uderzo

Je rejoins l’avis général qui considère que cet album n’est ni le plus original ni le plus palpitant de la série. Les auteurs nous proposent une fois de plus un voyage à la rencontre d’un peuple éloigné du village de nos irréductibles gaulois. Mais cet album datant de 1978 a une valeur particulière à mes yeux car il s’agit de mon tout premier « Astérix ». Et même si j’ai lu des aventures gauloises plus riches et palpitantes par la suite (« Astérix aux Jeux Olympiques », « La Zizanie », « Le Devin », etc.) ; j’ai beaucoup ri et ris encore de nos gaulois blessés dans leur fierté parce que les romains viennent en Gaule pour se reposer de leur guerre contre belges (« De tous les peuples de la Gaule, ce sont les belges les plus braves » dixit Jules César lui-même). Partis défendre leur honneur, le chef Abraracourcix, Astérix, Obélix et Idéfix découvrent la Belgique, le plat pays. Ses habitants, des bons vivants gouailleurs avec un drôle d’accent (« ça est frugal »), amateurs de Cervoise et de nourriture (dont les choux de Bruxelles), ressemblent finalement comme deux gouttes d’eau à nos gaulois surtout dans leur façon de donner des baffes aux romains. Dans cet album, j’aime beaucoup les colères de Jules César. De même, les pirates, victimes de dommages collatéraux, sont comiques dans leurs vaines tentatives de dédommagement auprès des belligérants. La grande bataille finale en présence de Jules César met tout le monde d’accord. A ses yeux, gaulois et belges sont aussi fous les uns que les autres. J'ai également apprécié les dialogues qui font mouche, les caricatures (l’ex-animateur TV Pierre Tchernia en légionnaire, une femme belge ressemblant étrangement à l’ex-chanteuse Annie Cordy), les anachronismes (les Dupondt échappés de chez Tintin le temps d’une case), l’invention des frites (puis des moules-frites) lors de l’attaque d’un camp romain. Enfin, concernant les dessins, cela fait déjà longtemps que le style d’Uderzo a atteint sa pleine maturité.

Ma note : 9/10 

Le pionnier de l'atome

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Le pionnier de l'atome de Jimmy Guieu

Maître de la SF européenne, pionnier de l’Ufologie (étude des OVNI), parapsychologue, spécialiste de l’ésotérisme et des sociétés secrètes pour ses fans ; charlatan ou illuminé pour ses détracteurs ; il n’en reste pas moins que Jimmy Guieu a le goût pour la science. Celui qui fut l’un des auteurs phares de la défunte collection « Anticipation » aux éditions Fleuve Noir signe avec ce « Pionnier de l’atome », paru en 1952, son premier roman. J’aime l’idée complètement folle développée dans ce livre. Et si notre univers n’était qu’un atome d’un corps beaucoup plus grand, qui ne serait lui-même qu’un infime composant… et ainsi de suite jusqu’à l’infini ? Et si les atomes de notre corps abritaient autant d’univers ? Cette hypothèse qui mêle infiniment petit et infiniment grand a de quoi donner le tournis. Une molécule de matière serait en fait une nébuleuse moléculaire renfermant une infinité de systèmes solaires en réduction. Un soleil étant le noyau d’un atome de cette molécule-univers et une planète un électron périphérique gravitant autour. Tout cela est passionnant et finalement pas plus ridicule que certaines croyances reconnues. Hélas, la présence des sciences occultes dans le récit (la chaîne humaine autour d’une table dans un manoir, les sorties astrales du mage hindou transformé pour l’occasion en astronaute atomique, etc.) ne colle pas avec les hypothèses scientifiques. Les passages d’une naïveté vieillotte qui se déroulent sur Terre sont risibles comme cette histoire d’amour cucul la praline entre un terrien et une femme originaire de l’infiniment petit. Il en est de même des tribulations abracadabrantesques au cœur de la matière où l’on suit la rivalité entre deux espèces vivant sur un électron-planétaire. De plus, en dehors des passages théoriques, la qualité de l’écriture laisse à désirer. Au final, ce roman est décevant malgré une excellente idée de départ.

Ma note : 5/10