Dans ce roman, on retrouve toute l'efficacité de Mary Higgins Clark mais aussi ses travers. Comme d'habitude, ses personnages font partie de la classe américaine favorisée : l'argent ne manque pas. Principaux ou secondaires, ils sont tous assez manichéens. L'héroïne (souvent une femme) exerce un poste à responsabilités (substitut du procureur, avocate...). Autre constante, l'auteure fait une description vestimentaire détaillée de ses personnages quasiment à chaque chapitre. C'est une vraie marotte chez elle. Mais surtout, sa prose est essentiellement descriptive. Untel fait ci, untel fait ça. MHC porte toujours un regard extérieur sur ses personnages. Jamais on ne voit ou ne ressent à travers eux. On est loin des gros polars actuels plus psychologiques, dans lesquels les personnages sont dotés d'une réelle profondeur émotionnelle et dont le lecteur suit en permanence les pensées... mais où il ne se passe pas grand-chose pendant 100 pages, où l'action s'étire au maximum. Chez MHC, pas de pause, ici tout va très vite durant les 117 chapitres très courts (de 2 à 4 pages) qui constituent le livre. Comme toujours, impossible de lâcher le bouquin avant la fin. Le suspense n'est pas tant de connaître l'identité des coupables de l'enlèvement (connus dès le début de l'histoire) mais de savoir comment l'héroïne va s'en sortir. Quoique dans ce roman, ce n'est pas tout. En effet, l'enquête révèle en sus une surprise quant à la résolution d'un crime. On prend plaisir à voir l'étau se resserrer progressivement sur les méchants, et voir les gentils s'en sortir in extremis. Bref, MHC réussit une fois de plus à nous tenir en haleine jusqu'au bout. À la longue son style est peut-être stéréotypé et mécanique, mais c'est une mécanique bien huilée.