Le bazar des mauvais rêves de Stephen King
Ce recueil rassemble des nouvelles qui pour la plupart ont déjà été publiées individuellement en version ebook ou papier. Une fois de plus, Stephen King n'a pas son pareil pour décrire la vieillesse ou la misère sociale d'une partie de ses compatriotes ("Herman Wouk est toujours en vie", "Batman et Robin ont un accrochage", "Mister Yummy"...). Il arrive encore à me surprendre comme dans "Feux d'artifice imbibés" une nouvelle relevant de la comédie. Mais sa prose populaire (le langage familier de ses personnages, les nombreuses marques commerciales citées et les références à l'actualité) qui permet aux lecteurs de suivre au plus près le quotidien de ses personnages dans l'Amérique d'aujourd'hui, souvent des individus ordinaires confrontés à des situations extraordinaires, manque tout de même de richesse. Surtout si l'on compare à la plume travaillée d'auteurs comme H.P. Lovecraft et Clive Baker dont l'atmosphère des nouvelles est du coup bien plus angoissante. Par le passé, Stephen King a déclaré qu'il écrivait plus avec son cœur qu'avec sa tête. Si l'émotion est toujours présente, ses histoires sont presque toutes dénuées de suspense. Même dans sa nouvelle "A la dure", la meilleure du recueil selon moi, on sent (c'est le cas de le dire !!!) la fin venir. J'ai parfois l'impression que l'auteur est resté bloqué dans les années 80 avec des thèmes déjà vus, trop puérils ("Mile 81", "Après-vie", "Sale gosse"...) qu'il modernise parfois ("Ur", "Nécro"...). En tant qu'européen, la nouvelle dans le milieu du baseball ("Billy Barrage") ne m'a pas du tout intéressé malgré sa conclusion. De même, je n'ai pris aucun plaisir à lire les deux poèmes du recueil ("Église d'ossements" et "Tommy"). Ce genre d'écrit ne devrait pas être traduit. Malgré tout, après trente ans de Stephen King et soixante-cinq de ses livres lus, je demeure un "Fidèle lecteur".
Ma note : 7/10