Le Schtroumpfissime de Peyo
Grâce à son sujet, cet album de Peyo est à même d’intéresser petits et grands. Depuis toujours, on peut comparer la société de nos petits lutins bleus à une forme de communisme dans sa version idéaliste. Il faut que le Grand Schtroumpf s’absente plusieurs jours pour que ce soit le désordre, l’anarchie. C’est pourquoi un Schtroumpf plutôt futé invente les élections et les promesses qui vont avec. Une fois élu, il devient le Schtroumpfissime et choisit ses partisans à coups de promotions pompeuses afin d’assurer son pouvoir (le Schtroumpf Musicien nommé porte-parole, le Schtroumpf Costaud chargé du maintien de l’ordre etc.). Hélas, c’est l’engrenage propre à l’Histoire humaine qui mène à la dictature (garde personnelle, culte de la personnalité avec la construction d’un Palais…), la résistance et la révolution. Tout pouvoir autoritaire a son martyr (ici le Schtroumpf Farceur) et son peuple révolté. La libération du Schtroumpf Farceur de prison sous les chants révolutionnaires fait penser à la prise de la Bastille. Les insurgés cachés dans la forêt rappellent Robin des Bois et ses compagnons. L’échec de l’expédition militaire pour trouver le camp des rebelles et les désertions de plus en plus nombreuses sapent le moral du pouvoir en place. La fortification du village et l’assaut final à coups de tomates marquent la fin du régime. On a même droit « au dernier carré » autour du Schtroumpfissime. A son retour, le Grand Schtroumpf découvre un village en ruine. Heureusement, l’ensemble des Schtroumpfs avec le Schtroumpfissime en tête sont solidaires pour tout reconstruire. Nous sommes chez les Schtroumpfs. Même pendant cette période trouble, l’humour est omniprésent. Personnellement, l’opportunisme du Schtroumpf à Lunettes qui change de camp sans vergogne m’a beaucoup fait rire. Bref, quitte à ne lire qu’un seul album de la série, autant choisir celui-ci.
Ma note : 10/10